Corydoras: reproduction des Panda  (Lu 474 fois)

Véronique

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Descriptif d’un aquarium spécifique destiné à la reproduction des Corydoras : décors et paramètres de l’eau , maintenance...

Les Corydoras panda sont maintenus dans un bac de 96l, surface de 80cm x 30cm. Il ne sont plus que 8, après achat d’une bonne quinzaine de spécimens. Pas mal de morts inexpliquées que se soit dans les 3 semaines suivant leur introduction dans le bac, ou dans les mois qui ont suivi.


évolution du bac des Cory


le décor

Pierres plates (basalte), des galets, une racine…
Les plantes : : Cryptocoryne balansae en arrière plan et Cryptocoryne parva en avant plan


2 Anubia nana montées sur la racine et les indispensables algues de toutes les couleurs. En surface, Ceratophyllum demersum

Ici on peut voir (presque tous) les colocataires des C. panda à savoir :
  6 Corydoras aeneus sp”black”
  8 Melanotaenia boesemani
  5 Hemiancistrus guahiborum
Tous ces poissons sont en “grandissage” dans ce bac.


Le sol est consitué d’une couche de substrat nutritif “maison” recouvert de sable de Loire. Profitons-en pour rapeller que les barbillons de nos Corydoras ne supportent pas un sol abrasif. Souvent les barbillons sont abimés en bac de vente. Pas de panique, dans de bonnes conditions de maintenance ceux-ci repoussent tout comme les nageoires.

Le matériel :

  Un filtre extérieur “Eheim ECCO 2234” (500l/h), avec rampe de rejet coupée en 2 parties. Une dirigée vers la surface pour une meilleure oxygénation de l’eau et l’autre dirigée vers la vitre opposée pour la circulation de l’eau.
  Une petite pompe de brassage “Aquarium systeme” de 500l/h montée avec un venturi et mousse bleue de pré-fitration. Cette dernière est plus présente pour faire office de filtration mécanique rapide que pour brasser.
  Une résistance de 100W.

Les paramètres du bac : mesures effectuées le soir avant extinction des lumières

  pH : 6.8
  KH : 3
  GH : 6
  Température du bac : 25 °C
  Conductivité : 190 µS
  NO3 : inférieur à 10mg/l

Changement d’eau 15% par semaine, eau de source + eau osmosée à température de la pièce.


Corydoras panda :
Si répandu et pourtant si méconnu… Au premier coup d’œil on le trouve marrant à cause de son patron de coloration. Il est plus que cela en y regardant de plus près. Maintenez le dans de bonnes conditions, il vous le rendra au centuple !



Originaire du Pérou, département de l’Huanuco, province de Puerto Inca.


Difficile d’avoir des informations précises quant à la réelle provenance de ce Corydoras. Rio Aguas , Rio Amarillas , Rio Aquas Amarillas, Rio Llullapichis qui serait en fait le Rio Yuyapichis… Vous l’aurez compris, pas facile d’être très précis. Mais tout le monde s’accorde sur un point : le Corydoras panda est originaire des affluents du Rio Pachieta, lui même un des affluents majeurs du Rio Ucayali.

A titre indicatif, la ville de Yuyapichis est située à 250m d’altitude, et celle de Yanayacu à 149m.

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Ne perdons pas de vue que bien souvent se ne sont pas les lieux de pêche qui sont mentionnés, mais plutôt les emplacements de départ pour les exportations. C’est sans doute pour cela que contre toutes les apparences, le Corydoras panda est un poisson d’eau plutot “fraiche”. N’oublions pas que les eaux qui constituent le bassin versant du Rio Pachitea proviennent directement de la Cordillère des Andes.



A l’achat, les Corydoras panda ont un patron très tranché, ils sont quasiment noirs et blancs ce qui compte beaucoup dans leur popularité. Nous avons constaté que les jeunes issus de notre groupe ne présentaient pas cette coloration sauf en situation de stress. Ils deviennent plutôt beiges avec des reflets bleutés particulièrement sur le pédoncule caudal (voir photo haut de page), ou alors roses, comme cette femelle mature (et gravide). C’est un petit gabarit, 5cm maximum pour une femelle adulte



Comme tous les Corydoras, c’est un poisson grégaire que pour ma part je ne maintiendrais pas en groupe inférieur à 6 spécimens.

La Reproduction

Elever des Corydoras : reconnaître un couple, identifier les sexes, bien nourrir les géniteurs et enfin parade et ponte



Il y a un an maintenant que ce groupe occupe ce bac. A la fin de l’hiver dernier, nous avions noté quelques timides pontes. Cette année c’est autre chose : le groupe a commencé à pondre des le mois de novembre et ce jusqu’a mi-janvier. Courte pause en février et à ce jour (fin mars) toujours des pontes régulières. Les femelles laissent à peu près une douzaine d’œufs fertilisés à chaque ponte. C’est une particularité du Corydoras panda : Les pontes sont petites mais fréquentes.

Le Dimorphisme sexuel :
la femelle est à gauche

Les femelles sont plus trapues, plus grandes que les males et chez les C. panda, j’ai remarqué que la forme de la tête était assez différente : plus ronde chez le male. Après, bien sûr tous les autres critères appliqués aux Corydoras sont valables, comme la forme de la nageoire pelvienne (arrondie chez la femelle, légèrement pointue chez le mâle).

Côté nourriture, ils ne sont pas difficiles, ils acceptant tout du moment que se soit de bonne qualité. Ils sont particulièrement friands de spiruline et la nourriture vivante les rend fous.

Compte tenu de la population actuelle du bac les nourritures distribuées sont variées : pas mal de verdure au menu (pour les H. guahiborum), du vivant ou du congelé au moins 2 fois par semaine. Ce petit Corydoras n’a pas besoin de conditionnement particulier pour pondre : une bonne maintenance suffit (quoique la distribution d’artémias vivantes semble les motiver particulièrement).

Ce groupe est composé de 5 femelles et 3 mâles. L’inverse serait préférable mais le hasard en a décidé autrement.

La parade nuptiale : Agitée, peut difficilement passer inaperçue.

Le couple sillonne le bac en tout sens.

La traditionnelle position en « T » S’en suit une période durant laquelle seuls les intéressés savent ce qui se passe exactement.


Et les voila partis à la recherche d’un support sur lequel coller leurs œufs. Cette opération peut prendre une bonne dizaine de minutes. Les œufs sont collés 2 par 2 la plupart du temps.

Tout support potentiel est inspecté, y compris le thermomètre




La femelle choisira un site avec du courant, souvent vers le rejet du filtre et près de la surface.


Après quelques kilomètres parcourus dans le bac, et des œufs parfois déposés dans des endroits incongrus (sur un escargot qui passait par là…) voici ce qu’on peut observer : Une douzaine d’œufs



Des oeufs à l’éclosion, puis a l’évolution des alevins et des jeunes Corydoras



Donc une petite douzaine d’œufs collés sur la vitre frontale du bac. Ce groupe ne mange pas ces œufs, par contre, il dévore les jeunes dés leur éclosion. Donc, pour espérer avoir quelques rejetons, 3 solutions :

  Le bac « hyper-planté » dans lequel les plus malins trouveront refuge et nourriture (ça marche très bien).
  Placer les géniteurs en bac spécifique et les retirer une fois la ponte effectuée. Sur les Corydoras panda cela me semble inutile compte tenu du très faible nombre d’œufs déposés à chaque ponte
  Le prélèvement des œufs.

J’ai donc opté pour le prélèvement. Je décolle délicatement les œufs et pour ma part je les place dans un tamis à artémias. Pour les décoller soit je les fais rouler sur la vitre, soit je les pince avec les ongles. C’est solide, mais il y a des limites quand même ☺



Vue d’ensemble sur le bac et l’installation destinée à démarrer les jeunes.

Ca donne tout de suite un bac très encombré dans lequel mettre les mains devient difficile. Ici, quelques jeunes justes éclos et des œufs à différents stades de maturation.


Plus les œufs sont foncés, plus l’éclosion est proche. Les œufs blancs sont des œufs non fécondés ou morts. Après 2 jours en moyenne passés dans ce tamis, on peut considérer que les larves ont « consommé » leur sac vitellin. Il est alors temps de commencer à nourrir, l’heure est venue pour le premier déménagement.


La pouponnière se résume à une nurserie du commerce dont les cotés ont été sciés et remplacés par un filet. Les jeunes corys sont très petits et ils arrivent à passer par les fentes d’une nurserie non équipée.

Ils sont alors nourris aux nauplies d’artémias (comment ça, ça se voit ☺) .


Pour ma part, je leur installe toujours un petit toit pour se mettre a l’abri de la lumière, et quelques escargots (planorbes) qui font un peu de ménage. Il n’empêche que cette nurserie doit être nettoyée soigneusement tous les jours.

Apres 3 semaines, ils ne risquent plus rien de la part des adultes, ils peuvent donc regagner le bac d’ensemble


Seulement, au bout de quelques mois, la surpopulation nous guette. Alors c’est l’heure du second déménagement, dans un bac d’élevage (donc fatalement surpeuplé).

Le bac d’élevage :

Ce petit bac de 60l brut trône dans le séjour. Je garde les petits cory encore une semaine dans une nurserie dans ce bac, histoire de les habituer gentiment à un autre type de nourriture, à savoir tout ce que la taille de leur bouche leur permet de manger.

Rien d’extraordinaire en termes d’équipement :
  Un filtre intérieur RENA iv3 + un micro filtre de secours.
  Une résistance 50W
  2 racines dont une portant une Anubia nana
  Une noix de coco à poils longs

Une touffe de mousse de java (sous les algues filamenteuses) qui fait la joie des plus jeunes cory.
  Une fine couche de sable
A ce jour, une petite trentaine de Corydoras panda sont partis en bourse, il doit rester autour de 80 poissons « en route ».

Il y a évidement des pertes, surtout dans la première semaine. Sur 10 œufs fertilisés prélevés, 7 arrivent à une taille de 2.5 / 3cm (sl)

Conclusion : je ne prétends pas avoir fait le tour du Corydoras panda ni tout savoir à son sujet. Mais avouez que de voir des cory heureux, c’est quand même chouette, non ☺

© Catherine Magnier pour AquAgora 2007
Véronique.
www.ivanov.ch