INTERVIEW CAPA 2018 - LAURENT GARCIA  (Lu 138 fois)

Emilie

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Pourrais-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ?

Bonjour à tous, je suis Laurent, 45 ans, j’habite à Carrières-sur-Seine dans les Yvelines, et je suis un ancien informaticien qui a fait une reconversion passion puisque mon job, aujourd’hui, c’est l’aquascaping. Je pratique par ailleurs le karting, le volley…


Peux-tu nous décrire ton parcours en aquariophilie-aquascaping ?

J’ai débuté tard l’aquariophilie. Rejoignant rapidement des communautés sur des forums (aqua-lorca, aqua-idf) pour apprendre et éviter tant que possible les erreurs du début, j’ai rapidement découvert qu’il existait une véritable discipline artistique et des concours. J’ai définitivement basculé vers l’aquascaping à l’occasion du scaper’s tank contest fin 2014. Ca a bien marché et voulant aller plus loin, j’ai monté Aquarilis en 2016 (mon activité professionnelle) puis lancé la chaine youtube du même nom avec des vidéos au format tuto ou je réalise des décors tout en expliquant ce que je fais dans un but de partage et de promotion de notre discipline préférée.


Peux-tu nous parler du processus créatif qui sous-tend la conception de tes bacs en aquascaping ?

J’ai deux façons très distinctes de travailler mes bacs. Soit je m’inspire de visuels (photos de paysages, décors de films, peintures, croquis…) et choisi les éléments qui m’amèneront au plus près de l’objectif prédéfini, soit je trouve des éléments qui m’inspirent (racines, lots de roches…) et vais improviser un décor autour de ces éléments.
Ce qui est sûr, c’est que si j’aime regarder le travail des autres aquascapeurs, j’aime surtout chercher des originalités, des concepts qui n’ont pas encore été essayés à ma connaissance. L’avantage de pratiquer une discipline relativement récente, c’est qu’il reste beaucoup de choses à tester et à découvrir !
Il y a deux ans par exemple, je mariais deux styles distincts sur « Frontera » avec une partie forêt et une partie montagne. Certains juges ont contesté ce choix mais cela a finalement bien marché sur des concours comme l’iaplc ou l’eaplc, cette fois ci, c’était des noix de cocos positionnées en hauteur pour rechercher un visuel précis mais j’en reparlerai plus tard dans la question sur la partie technique.


Je reviens sur tes sources d’inspiration. Y a-t-il des domaines artistiques qui sont en articulation avec ta pratique de l’aquascaping ?

Mes sources d’inspirations proviennent de multiples domaines. Cela passe par la photo bien sûr (nature, paysages terrestres…), mais également les paysages issus de l’art numérique (réalité virtuelle, films, jeux vidéos…).
Enfin pour l’anecdote, ma sœur étant artiste peintre, nous nous étions amusé à faire chacun notre réalisation (sa peinture, mon aquarium) à partir d’un même croquis influencé par les photos d’un parc naturel en Islande.


Peux-tu nous en dire plus sur la partie technique de ton bac ?

Quand je parlais de deux processus créatifs différents deux questions plus haut, ma participation au CAPA cette année en est le parfait exemple puisque j’ai présenté deux bacs : mon traditionnel 50 litres et le 300 litres de « concours ». Le premier a été réalisé à partir de photos prises lors d’un séjour à la montagne. Pour être honnête, j’ai décidé de le faire pour le présenter au capa… deux mois avant la date butoire. J’ai choisi des plantes faciles, en bonne quantité, puis cela a finalement bien marché avec cette 3ème place. Pour l’autre aquarium, je suis parti avec une idée précise, celle de monter une ligne d’horizon en surface et j’ai mis des noix de cocos, siliconées entre des racines positionnées à l’envers, pour y mettre le substrat et planter une gazonnante en hauteur.
Très franchement, ce bac n’a pas été une réussite malgré sa 3ème place au concours vidéo car je me suis trop focalisé sur mon originalité pour en oublier l’aspect global de mon layout final. Mais j’ai pris du plaisir, testé quelques originalités et appris des choses, c’est le principal à mon sens.


Le CAPA et l’aquascaping s’inscrit dans une tradition de concours. Qu’en penses-tu ?

Le Capa est le concours Français référence à mes yeux. Il se doit d’exister et c’est vraiment formidable qu’une équipe de personnes motivées le fasse vivre et trouve des nouveautés pour plus d’émulation chaque année. Le niveau de l’aquascaping en France, sans oublier nos amis francophones, et la qualité des juges, font du capa un concours incontournable.
Plus que le classement, les retours de ces juges en font une raison qui devrait être suffisante pour y participer et progresser. Enfin, je fais régulièrement un retour sur l’historique des précédentes éditions pour retrouver un descriptif, le nom d’une plante que j’avais en tête, un choix de population précis…


Le CAPA est donc un concours français. J’entends parfois parler d’école française. Quel est ton point de vue à ce sujet ?

Je ne sais pas si l’on peut parler d’école francaise d’autant plus que, comme le faisait remarquer un camarade aquascapeur sur une précédente interview, il n’y a pas de style particulier en France. Ceci n’est pas aidé par le fait qu’avec l’aide des réseaux sociaux aujourd’hui, on trouve facilement des exemples de réalisations de n’importe quelle origine.


Quel regard portes-tu sur l’aquascaping aujourd’hui ?

L’aquascaping a beaucoup évolué ces dernières années, avec des hardscapes toujours plus dingues de complexité notamment. Les styles évoluent, mais je regrette parfois de voir qu’une tendance a pris le pas à savoir que les ¾ des bacs classés en concours tirent vers le « jungle ». Il est vrai que mon style tend vers le diorama, ce qui ne plait pas forcement à tout le monde d’ailleurs, mais je ne suis pas prêt à travailler un bac uniquement pour rentrer dans les critères au détriment de mon plaisir.


Des projets pour 2019 ?

Ayant une quinzaine d’aquariums décorés en permanence dans mon atelier, j’en refais régulièrement, ne serait-ce que pour alimenter ma chaine en contenu. Toutefois j’apporte une attention particulière à deux bacs d’environs 300 litres chacun que je travaille depuis environs 2 mois. On pourra les retrouver en photo parmi, je l’espère, beaucoup d’autres sur le CAPA 2019.





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