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Loricariidés : Pseudacanthicus spp et repro  (Lu 170 fois)

Véronique

  • Modosaurus
  • Messages: 6160
Famille : LORICARIIDAE
Genre : Pseudacanthicus

Pseudacanthicus leopard


Noms communs

Ce genre possède une infinité d’espèces aux patrons de coloration très diversifiés. La seule constante est le vocable vernaculaire "Cactus Pleco".

Si vous vous posez la question du pourquoi, je vous laisse tenter de prendre un Pseuda adulte à main nue, comme je l’ai bêtement fait la première fois où j’ai eu à faire à ces bestioles Même pô mal...

Red Fin Cactus Pleco L24, du Rio Tocantin

Scarlet Cactus Pleco L25, du Rio Xingu

Blizzard Cactus Pleco L65, du Rio Tocantin

Spiny monster Pleco L160 Pseudacanthicus spinosus (Amazone, présent également dans l’Orénoque)

white spot Cactus pleco L97, Pseudacanthicus sp du Rio Tapajos

Leopardus Cactus pleco L114, Pseudacanthicus sp aff leopardus des eaux noires de Guyane

Black Scarlet Cactus pleco L186

Titanic Cactus pleco L273, Pseudacanthicus titanic du Rio Tapajos

Taille :

toutes les espèces du genre passent facilement les 30 cms, avec une mention spéciale pour le Pseudacanthicus sp Scarlet L25, du Rio Xingu, qui peut atteindre 45 cms


Ou encore le Pseudacanthicus hystrix qui dépasse allégrément les 70 cms dans la nature..


Répartition géographique :

Selon la variété, présent dans :

L’Amazone (L160),

le Rio Xingu (L25),

le Rio Tapajos (L97, L273),

le Rio Rupununi, et le Rio Demini (L114),

le Rio Tocantin (L24, L63, L64, L65, L79).

Comportement social :

Poisson extrêmement territorial et bagarreur avec tout poisson pouvant lui contester son territoire ou sa nourriture. Il s’agit incontestablement d’un "foutu caractère" En matière de concurrence, il ne craint personne et il peut sévèrement blesser tout concurrent.
15 ans...

Pseudacanthicus serratus


Les blessures à craindre sont celles faites par les odontodes présentes sur tout le corps, mais également par les dents. Les individus, même juvéniles, se mordent littéralement en se contorsionnant et en s’écorchant avec leur odontodes. Ils se saisissent mutuellement par la ventouse à la base de la dorsale et peuvent générer de graves blessures.

Certaines espèces du genre sont d’ailleurs très brutales lors de parades de reproduction (voir chapitre repro)

L’unique solution est d’offrir un maximum de caches sur un très grand territoire... Il faut également noter que c’est avant tout un poisson nocturne, qui déploie sa pleine activité à l’abri des regards. Vous ne le verrez jamais "scotché" à une vitre. Il peut cependant être habitué à sortir de sa cache lors des distributions de nourriture.

Alimentation type :

Il s’agit là d’un carnivore pur, même s’il n’est pas un réel prédateur. Il mangera avec voracité tout ce que vous lui proposez, mais affiche une prédilection marquée pour les mets carnés.

Les crustacés (gammares, et même crevettes entières), les filets de poissons, les oeufs d’escargots, les molusques (planorbes, physes, ampullaires, même les gros mélanoïdes), les légumes (petits pois, pomme de terre et autres courgettes) les pastilles de fond de n’importe quel type.

Dimorphisme sexuel :

délicat à observer sur des juvéniles, tant ils sont déjà hérissés d’odontodes. Comme beaucoup d’autres genres et espèces, la présence d’odontodes interoperculaires et pectoraux est une bonne indication pour le mâle, même si la femelle est également largement pourvue en odontodes.

Pseudacanthicus sp aff leopardus Demini L114 femelle


On peut également se référer à la forme plus massive du corps et de la tête du mâle. De plus, les mâles ont généralement une coloration plus marquée et des nageoires plus grandes (particulièrement la dorsale et la caudale)

Pseudacanthicus sp aff leopardus Demini L114 mâle


Reproduction :

A l’exception du L114, dont quelques précurseurs ont obtenus des pontes, il semble que les autres espèces se montrent plus délicates. On a pu constater que les alevins sont assez délicats à nourrir et à élever.

La difficulté majeure reste sans doute l’aménagement d’un territoire suffisamment important pour que deux individus matures (et de sexes opposés) se tolèrent.

J’ai maintenu durant quelques mois 3 Pseudacanthicus sp aff leopardus Demini (L114) adultes (env. 32 cms) dans un bac de 320x70x70 avec autant de caches qu’il en est possible. Le 3ème larron (qui s’est avéré être une femelle) s’est fait rosser durant plusieurs semaines, au point où j’ai dû m’en séparer, avant qu’elle ne meure... Les deux individus mâles restants se tolèrent, chacun dans un secteur du bac, mais cela n’empêche pas quelques bagarres de temps à autres.

On suppose qu’il est un pondeur sur substrat caché et qu’il peut être stimulé comme beaucoup d’autres loricaridés présents dans les mêmes écosystèmes. à tester...

Eau et température :

Selon les espèces et les écosystèmes. Mais l’on peut retenir quelques constantes propres au genre :

- une eau très oxygénée et très brassée
- une température comprises entre 23° (Titanic) et 28° (Scarlet)
- un pH qui tire vers l’acide

Pseudacanthicus spinosus L160


Comme beaucoup de Loricarridae, ils n’apprécient pas vraiment une eau polluée en nitrates ou autres éléments non désirables. La conséquence sur des Loris en est plus rapidement visible, du fait qu’ils sont en permanence en contact avec le sol du bac. La moindre mycose peut s’infiltrer dans une micro blessure ou simplement profiter d’un terrain favorable à son développement.

La notion la plus importante sera de garder une eau très propre (surdimensionnement de la filtration biologique) et très brassée (pompe supplémentaire). Il ne faut pas oublier que ces poissons sont d’énormes pollueurs, en fonction de leur mode alimentaire.

Bac typique :

Au vu de la taille adulte qu’atteignent ces poissons, et également de leur caractère de chien, un bac de 200 cms de façade avec une très grande surface au sol paraît nécessaire pour accueillir convenablement 1 seul de ces poissons en bac communautaire.

Toutefois, il demeure possible de maintenir en bac spécifique un couple ou un trio de Pseudacanthicus spp... Cela nécessite bien sûr quelques aménagements particuliers.

IMPORTANT

Vu son caractère, il est improbable de réussir une maintenance à long terme avec d’autres gros Loricaridés dans un volume trop petit.

Il est également primordial de tenir compte de sa forte charge polluante, en tant que carnivore de grande taille. Il serait préférable d’oublier, même si c’est très tentant, la maintenance commune avec de gros cichlidés type Astronotus ou Crenicichla. A moins bien sûr d’avoir une double filtration surdimensionnée et un entretien plus que rigoureux.

Un sol constitué de rochers et de galets de rivière (non calcaires), le tout agrémenté d’une bonne couche de sable de Loire par dessus et d’une ou deux racines (ou amoncellement rocheux stables) en guise de caches fera parfaitement l’affaire.

Il est également primordial de pouvoir proposer au Pseudacanthicus une, voire deux caches où il puisse se retirer dans la journée. Personnellement, j’ai camouflé un tube de drainage en terre cuite sous une racine et derrière des pierres. Dans la journée, le mâle dominant ne la quitte guère que pour manger ou se battre.

Espèces fréquemment commercialisées :

Le plus souvent, on trouve dans le commerce des juvéniles de L114, Pseudacanthicus sp aff leopardus Demini.

Pour connaître la différence entre Pseudacanthicus leopardus et P. cf leo Demini, voir ce topic :

http://forum.aquagora.fr/12/pseudacanthicus-leopardus-et-demini-quelles-diffrences/15/

Pourtant, il existe un grand nombre d’espèces disponibles à l’importation (voir noms communs) qui, hormis la place et les soins qu’elles demandent, ne posent pas de problème particuliers.

Attention toutefois aux formes juvéniles qui peuvent fortement varier par rapport à la forme adulte. Ci-dessous un juvénile L273

Pseudacanthicus Titanic juvénile


et le même, mais adulte : Pensons-y avant de se précipiter sur le beau bestiau...



2007 © elTofi
Véronique.
www.ivanov.ch

ElTofi

  • Animateur
  • Messages: 8127
en complément à cet article, et sur demande du Modosaurus, je vous copie un article paru à début 2010, faisant état d'une reproduction de Pseudacanticus pirarara L25 s'appelait encore "Pseudacanthicus sp Scarlet".

Pour mémoire, il s'agissait à l'époque d'une reproduction exceptionnelle. Depuis, plusieurs aquariophiles tant privés qu'industriels, ont décrypté les méthodes qui déclenchent la reproduction de plusieurs espèces de Pseudacanthicus, qui reste toutefois un genre pas si facile que ça.

Article paru dans Aquarium à la Maison en 2010 :

Pseudacanthicus sp « Scarlet » L25 – une repro par hasard…

Introduction :

Le Pseudacanthicus sp « Scarlet » L25 est, à mon avis, une des plus belles espèces dans la grande famille des Loricariidae. Cela faisait plusieurs années que j’en rêvais, mais je souhaitais acquérir des individus adultes, afin de pouvoir les sexer. Les Pseudacanthicus sont réputés extrêmement territoriaux, et même dans mon grand bac, j’avais peur de ne pas arriver à maintenir plusieurs individus sans passer par la case « conflits et blessures ».

C’est comme ça qu’en août 2008, à force de chercher à droite et à gauche, une connaissance aquariophile m’appelle sur mon portable pour me dire : « Christophe, je suis en Allemagne et j’ai devant moi une dizaine de Pseudacanthicus sp Scarlet adultes… je t’en prends combien ? ». Sachant qu’il rentrait le jour même, la décision ne devait pas tarder. Après quelques coups de téléphone, une vérification quant au prix demandé (200 € le poisson quand même), j’ai donné mon aval pour 3 adultes, de préférence 2 femelles et un mâle. Délicate transaction que d’acheter des poissons sans les avoir choisis, ni même vu en direct. Quelques heures plus tard, je retrouvais l’ami sur une aire d’autoroute où nous procédions à l’échange, sous les regards curieux des passants…

C’est donc en août 2008 que ces 3 individus ont rejoint le 1600 litres dédié au Rio Xingu dans ma fish-room… L’acclimatation s’est déroulée sans problème, et après quelques semaines, ils ont commencé à établir leur territoire respectif, s’intégrant à la population existante…

Hiver 2008-2009, des stimulations hasardeuses :

Il faut savoir que dans ce bac, j’ai également quelques autres habitants. Par exemple, des Retroculus xinguensis qui arrivent à maturité et qui montrent des activités de parades, voire de préparation de nid.

C’est pourquoi, j’ai décidé à fin décembre 2008, de rajouter quelque 30 litres de gravier de rivière afin que les Retroculus puissent faire leur nid, s’ils en éprouvaient le besoin. La nuit suivante, les Retroculus ont beaucoup creusé, s’appropriant le nouveau substrat.

Vous ai-je précisé, inconscient que je suis, que j’avais intégré les graviers et galets depuis la rivière où je les avais « pêchés » directement dans mon bac ? Conséquence dès le lendemain, grosse montée de nitrates et film bactérien en surface. L'eau sent très fort. Inquiet, je recherche un poisson mort, sans penser aux bactéries libérées depuis le sable et ces nouveaux galets. 

Changement d'eau drastique de 400 litres à l'eau de conduite tempérée, préparée dans un fût depuis plusieurs jours. Au détour d’un coup de lampe de poche, je trouve tous mes gros poissons, y compris le mâle Pseudacanthicus L25 et un autre individu non sexé dans le même tube. Leur comportement me fait penser à une ponte... ou à une bagarre entre deux mâles pour un tube… J’hésite entre espoir et crainte…

Le lendemain encore, l'eau sent toujours le vieux marais… Je change à nouveau 400 litres, la température baisse à 24 °C dans le bac, mais la situation bactérienne se rétablit doucement. Les deux individus sont toujours dans le même tube au soir. Je décide de les y laisser jusqu'au soir suivant. J'aviserai ensuite...

Au 3ème  soir, 3ème changement d'eau de 400 litres. La situation semble rétablie. Le mâle Pseudacanthicus est désormais seul dans le tube ! Il semble qu’il ventile ! Je pense d’abord que j’ai halluciné… puis, je jette un coup d'oeil dans le tube à la lueur d’une lampe de poche : il y a quelques œufs ? non ? si ? c’est difficile à voir, le tube de ponte faisant plus de 50 cm de profondeur... je jubile, mais je reste prudent… sur la base de la reproduction du Pseudacanthicus sp L320, je devrais trouver beaucoup plus d’oeufs...  bizarre… On verra bien…

Au 4ème soir, je constate que le mâle a éjecté les quelques oeufs. Il ne reste plus que quelques chorions, unique preuve que la ponte a bien eu lieu. Le point positif : je peux bien observer la femelle depuis l'arrière du bac. Elle ne semble pas blessée gravement, à part quelques morsures à la base de la dorsale... Par contre, je vois très bien son oviducte qui pulse et elle semble encore bien pleine... je dois les avoir dérangés... entraînant l’interruption de la ponte... Grosse déception, mais ils ont pondu… il n’y a pas de raison que cela ne se reproduise pas… le plus dur, c’est de ne pas le claironner sur tous les toits… d’autant que je n’ai aucune photo.




Une semaine plus tard… la « vraie » ponte

. Comme tous les soirs, en rentrant du travail, je passe à la fish-room. Je cherche bien sûr mes 3 Pseuda préférés. Coup d'oeil dans le tube et surprise, les 2 mêmes individus y sont à nouveau. On ne touche à rien et on se tait en espérant... Ne pas les déranger, surtout, ne pas les déranger…

Nous sommes le 12 janvier 2009, les deux poissons sont toujours dans le tube, le poisson du fond (la femelle) semble immobile... ça commence à me stresser... le mâle l'a-t-il blessée ? tuée ? 

2ème jour de ponte…

Pas de changement, à part mon envie irrépressible d’en faire part sur mon site préféré... mais c’est bien impossible. Pas de photos, et surtout, vous connaissez la malédiction de l’aquariophile trop empressé : il suffit d’annoncer une ponte pour qu’elle tourne au désastre…

3ème jour de ponte… 

Le matin, je constate que la femelle bouge. Visiblement, elle essaie de se libérer de l'emprise du mâle... je suis rassuré... Le mâle ne l’a pas tuée.

Le soir, coup d'oeil à la lampe de poche... le mâle est seul et cette fois-ci, il ventile une grappe énorme !!! Visiblement, il fait bien son travail, il la couve littéralement, tout au fond du tube. Le flux sortant d'eau est impressionnant... une dépression s'est creusée à la l'entrée du tube.

1er jour de garde…

Le mâle est toujours à la tâche. Il est très difficile d’obtenir autre chose que des images floues ou sombres. A ma décharge, il faut préciser que les poissons font près de 35-40 cm, les tubes doivent donc être à leur mesure, afin qu'ils puissent y entrer à deux. Cela nous donne des tubes de dimensions fort appréciables, soit environ 50 cm de long par 15 de large pour 10 de haut.

Le mâle protégeant sa future progéniture en la plaquant tout au fond du tube, même à l'aide d’un petit spot à ampoule halogène, il devient fort difficile d'éclairer le fond de la cavité... Il est illusoire d’espérer obtenir de bonnes images. Sans compter qu'il s'agit de se faire le plus discret possible... afin de ne pas créer un stress qui pourrait être fatal à la portée...

4ème jour de garde…

Je commence à penser que le seul moyen de laisser des parents s'occuper de leur ponte est d'avoir un bac spécifique... Hier soir, le mâle luttait contre une femelle Crenicichla qui a compris qu'il y avait de la pitance dans ce tube... Il était presque entièrement sorti du tube pour la chasser... Ce soir, c’est le même combat... et j'ai vu quelques oeufs voler, ainsi que la grappe se séparer en 3 morceaux distincts... je n'ose plus laisser la grappe aux soins du père... Je ne sais pas si c'est une bonne décision... mais je prélève la grappe.


2ème jour d’élevage artificiel…


Il semble que ma mesure d’urgence (prélever la grappe) n’était pas vraiment adaptée. D'une part, je n'avais rien de prêt pour l'accueillir et elle a passé 48 heures dans un pondoir qui sédimentait toutes les matières en suspension du bac des adultes, et d'autre part, je l'ai manipulé 2 fois en 48 heures, abîmant beaucoup d'oeufs ce faisant... J’ai dû préparer dans l’urgence une nursery avec du sable colonisé et un filtre ensemencé.

Les différentes manipulations et les 2 transferts ont conduit à des débuts d’éclosion. Nous en sommes à ponte + 6 jours, ce qui est bien trop vite pour un développement normal et sain. Je m’attends à des pertes, malgré le bleu de méthylène et les renouvellements d’eau quotidiens.




3ème jour

J’ai passé 45 minutes ce matin à siphonner à la paille et au tuyau à air, oeuf par oeuf, les déchets... l'eau avait une odeur violente. Normal, environ 100 oeufs ou larves qui ont pourri sur ces dernières 15 heures dans un 54 litres…

Changement d'eau le plus délicatement possible, siphonage du sol et re-changement d'eau... à mon départ ce matin, il n'y avait plus d'alevin abîmé ou d'oeufs contaminé, ni la moindre trace de blanc ou de moisissure sur les survivants... mais dans un tel bouillon de culture, il y a une infinité de micro lésions que je n'ai sans doute pas vues et qui d'ici ce soir se seront assurément dégradées... c'est à pleurer... J'estime à environ 50 le nombre d'oeufs et d'alevins éclos qui restent.  A chaque fois que je rentre dans le local, j'appréhende l'odeur et les dégâts que je vais trouver.

4ème jour

Pas moyen d’enrayer le processus, malgré tous les soins et les changements d’eau 2 fois par jour. Chaque fois que je rentre dans le local, c'est le même spectacle désolant qui s'offre à moi. C'était vraiment une très mauvaise idée de prélever la grappe à ce moment-là. J'aurais sans doute eu de meilleurs résultats en laissant faire la nature et le papa. Même avec les risques de prédation par les Crenicichla. Qui a dit qu'on était toujours plus intelligent par après ?


Pour revenir à l'hécatombe, il s'agit sans doute de 3 facteurs aggravants :



1. trop de manipulations dans des milieux différents (quoique j'ai déjà pris des grappes en main pour les passer sous l'eau et reposé le tout dans un pondoir sans aucune perte)


2. une éclosion 2-3 jours trop vite, car j'ai sans doute abimé les chorions


3. une probable charge bactérienne trop importante au sol de la nursery qui fragilise le chorion et qui permet au vitelin de s'écouler, tel le jaune d'oeuf cassé dans une poêle à frire...

5ème jour

Au décompte de ce matin, mon moral va légèrement mieux il semble qu'il y ait moins d'oeufs blancs que d'habitude... Il en reste tellement peu que j'ai pu les compter... et ce jour, ce ne sont pas moins de 77 alevins éclos qui semblent aller pas mal du tout... et 8 oeufs qui n'ont pas encore éclos...

Mes estimations étaient visiblement erronées... basées sur un départ à 200 oeufs, j'ai fait les soustractions à coups de 20-40 par demi-journée... Finalement, la ponte de départ devait être énorme.

Normalement, les premières éclosions auraient dû avoir lieu cette nuit (ponte + 8-9 jours à 26-27 °). Malheureusement, au vu de mes erreurs et des manipulations, les premières éclosions ont eu lieu dès le 2ème jour d’élevage artificiel (donc à ponte + 6 jours). Les larves n’étaient pas entièrement développées.

Actuellement, elles ont une toute jolie forme, un semblant d'oeil, un système vasculaire bien visible, des petites queues qui frétillent vers le haut en diagonale...  





6ème jour

Je crois bien que cette portée n'est pas représentative en matière de croissance. En effet, plusieurs oeufs ont éclos avant l'heure et la totalité des éclosions s'est déroulée sur 3 jours. Les premiers alevins ont même éclos 1-2 jours avant une date d'éclosion "normale" (soit 7 jours à 28°C selon mes observations sur L320).

Il me reste une 50aine d'alevins qui se sont répartis dans le bac, mais qui ont principalement choisi le dessous du filtre, d'où ils sont relativement peu "photographiables". J'ai donc prélevé à la pipette géante 4 alevins, que j'ai remis en nursery, histoire de mieux pouvoir suivre leur évolution.

Selon le décompte réel, nous en sommes à éclosion + 6 jours... mais le stade de développement, basé sur l’expérience des L320, me fait plutôt penser à éclosion + 3 jours 


10ème jour



Les sacs s'affinent de plus en plus en pointe sur l'arrière... je suis plus confiant qu'il y a quelques jours... J'en profite pour observer plus attentivement les 3 adultes. Je suis de plus en plus persuadé d'avoir 2 mâles pour une femelle. (voir encadré dimorphisme)


Les odontodes sur le mâle de la ponte et sur le 3ème individu sont hallucinants. On dirait aussi que la "perte" de la ponte a causé un effet sur le mâle "dominant"... celui-ci s'est retiré à l'arrière du bac, dans un tube où il ventile... rien. Il est caché et ne sort guère plus que pour se nourrir... du coup, c'est le second mâle qui en profite pour parader dans tout le bac, qui fait sa loi avec tous les autres poissons du bac... Seule la femelle L25 lui donne une bonne résistance.



19ème jour

Aujourd’hui, je me suis contenté de prendre l'alevin qui correspond à ce stade de développement. J'ai commencé à mettre à disposition de la nourriture hier... pas de preuve qu'ils mangent, mais le vitellin arrivant vraiment en phase finale, je soupçonne que ça ne devrait pas trop tarder...

21ème jour

3 semaines jour pour jour... je pense que 25-26° ce n'est définitivement pas assez chaud pour un développement plus rapide (ou même normal)... c'est une question d'emplacement de la nursery... elle est dans ma fishroom, sur une table provisoire, dans le flux d'aération de la pièce... du coup, je peine à dépasser 26° même avec le chauffage sur 28°... je vais trouver une solution.

23ème jour

J’ai finalement pu augmenter la température à 28° par couverture du bac avec une plaque de verre. Les alevins commencent à se promener dans le bac et se placent dans le flux de la pompe à air. Amusant et très pratique pour prendre des bonnes photos

30ème jour

J’ai finalement vidé la nursery flottante dans le petit bac d’élevage. Du coup, c’est bien moins pratique pour prendre des photos. Mais avant de les transvaser, j’ai isolé 8 petits dans une soucoupe à fond blanc, pour prendre quelques images du développement.

Au dernier décompte, il m’en reste 32. 32 alevins sur une ponte initiale de plus de 250 œufs. C’est peu, trop peu ! Mais je pense avoir saisi les erreurs principales. Je vais donc me concentrer sur l’élevage des ces survivants et recommencer une stimulation au printemps.

J’espère vivement faire mieux sur les prochaines pontes.

(Encadré)
 
Sol nu ou sol sablé ?

Les opinions sont très partagées à ce sujet... certains prétendent qu'un sol nu est plus facile d'entretien et sans risque alors que d'autres pensent qu'un film bactérien nocif s'y développe plus facilement que sur une micro couche de sable...

Pour ma part, je viens de subir de lourdes pertes durant 2 pontes à suivre avec les Pseudacanthicus sp Rio Jari L320 à cause d'un problème de bactéries au sol ou dans le décor (racine)... je me réfère donc à un modèle qui a fait ses preuves : sol nu, avec une micro couche de sable qui casse le reflet et absorbe une partie des bactéries... 


J'ai constaté qu'une couche trop importante de sable (> 1cm) a le désavantage de retenir d'importante particules de nourriture, que les larves ne peuvent pas consommer et qui chargent l'eau inutilement...

Dimorphisme sexuel chez mes 3 individus

Les deux individus dont je sois sûr en matière de sexage sont bien entendu les deux parents. Actuellement, et uniquement sur la base de mes individus, je focalise sur 3 critères :

la forme générale du corps

chez le mâle, le corps est clairement plus élancé, plus long, avec une section "tête" plus longue que chez la femelle


chez le mâle toujours, il y a beaucoup plus de rouge, il apparaît plus rouge que noir. La femelle est plus sombre, avec moins de surface rouge

les lobes de la caudale et la hauteur de la dorsale

chez la femelle, il n'y a pratiquement pas de lobes sur la nageoire caudale, alors que chez le mâle, les deux lobes sont très étirés et graciles (> 5 cm)


chez le mâle, la nageoire dorsale est indéniablement plus haute, mais aussi plus courte en longueur. Je constate que le mâle a très souvent la dorsale largement déployée. Mais est-ce un critère ou juste une humeur passagère ?

les odontodes pectoraux et les autres

Chez les Loricaridae, les critères sexués secondaires sont souvent fiables pour sexer un individu. Pour autant qu’il soit mature, en bonne santé et pas dominé. Dans le cas de mes 3 individus, les odontodes pectoraux sont assez peu développé chez la femelle, est surtout moins fournis que chez le mâle.

De même pour les inter operculaires. La "touffe" d'odontodes est bien plus massive chez le mâle. Je pense qu'il s'agit là d'un critère assez fiable. L'importance et l'implantation des odontodes pectoraux semble vraiment être une différence marquante sur mes 3 individus pour le moment.

Le topic
10'000 litres pour des Potamotrygon

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