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Corydoras: genre, caractéristiques, patrons de colorations  (Lu 302 fois)

Véronique

  • Modosaurus
  • Messages: 6165
Un article pour présenter brièvement quelques espèces de Corydoras.
Objectif : permettre à l’internaute de faire son choix le plus judicieusement possible.


Cet article a pour but de présenter brièvement quelques espèces de Corydoras afin de nous orienter vers un choix le plus adapté possible dans le peuplement des couches inférieures de nos aquariums communautaires et, pourquoi pas, de s’essayer à la reproduction des plus délicats en bac spécifique.

Il va de soit que les informations présentées ici ont été glanées par plusieurs personnes, un peu partout, sur le Web, dans la littérature et surtout dans leurs propres expériences de maintenance. Ce document n’est qu’une brève synthèse de toutes ces sources, souvent dans des langues étrangères, celle-ci se veut la plus objective possible.

PRESENTATION DU GENRE

1 - La répartition géographique :


Les différentes espèces sont très largement réparties en Amérique du Sud équatoriale et subtropicale au sud, jusqu’au Panama au nord.


Cette large répartition est la principale raison pour laquelle il est impossible de dire que tous les Corydoras doivent bénéficier des mêmes conditions de maintenance. C’est pour cette raison qu’il est important de connaître l’origine géographique (lieu de pêche) de notre Corydoras.

2 - L’habitat naturel

- Relations entre climat et relief :

C’est cette relation qui va définir les conditions de maintenance et de reproduction des Corydoras et permettre ainsi de les “classer” par familles. Tout d’abord, ceci va permettre d’avoir une notion des températures de maintenance, de reproduction, et des conditions de courant. Amérique du Sud ne signifie pas forcément climat équatorial. C’est d’autant plus vrai que la zone de répartition géographique des Corydoras est très importante.

Ils sont présents dans les 3 principaux systèmes fluviaux sud Américains.

Le Bassin de l’Orénoque, le bassin de l’Amazone (relié à l’Orénoque par le Rio Negro et le canal du Casiquaire) et le bassin du Rio Parana

Dans cette région du monde, les saisons ne sont pas réellement marquées, c’est plutôt la pluviométrie qui rythme la nature. Les précipitations ont un impact direct sur la qualité de l’eau. Dans un climat purement équatorial là ou les précipitations sont toujours présentes ,avec juste une augmentation ponctuelle de celles-ci, on pourrait se dire que que la qualité de l’eau ne varie pas beaucoup.

Par opposition, si on se place dans un climat avec une saison sèche, il est évident que la qualité de l’eau va s’en ressentir. En règle générale, les pluies sont plus abondantes de fin août à début novembre si on se situe dans une zone de climat chaud et humide. Dans les zones plus tempérées, la saison chaude et humide se situe entre le mois de novembre et le mois d’avril.

- Les familles de Corydoras
:

Les saisonniers :

Ceux qui vont pondre beaucoup d’oeufs sur une courte période. Ceux-la seront souvent soumis à des conditions particulières (voire extrêmes) qui vont provoquer la ponte, ce seront dans nos aquariums des Corydoras qui nécessiteront un conditionnement si on veut obtenir une ponte. Par exemple, le Corydoras sterbai


Les non-saisonniers :

Ils pondent peu d’oeufs mais sur une longue période. A priori, pas de grandes variations climatiques puisque pas de conditionnement nécessaire pour provoquer la ponte. Par exemple, le Corydoras panda
[

Les Corydoras potentiellement migrateurs :

Ceux qui vont vivre au rythme de la montée et de la descente des eaux, suivant l’apport de nourriture accessible grâce à la montée des eaux, et regagnant peu à peu le cours principal de la rivière au fur et a mesure que le niveau d’eau descend.

Les Corydoras non migrateurs :

Ceux qui vivent assez haut sur le cours d’eau, là où le phénomène d’inondation n’existe pas mais ou l’apport d’eau est constant. Mais aussi ceux qui vivent dans les zones humides telles que le Pantanal.

- Quelques exemples de biotopes pour nos Corydoras :

les Llanos :

De loin le plus connu. Les Llanos sont des plaines offrant une très importante densité de cours d’eaux permanents ou temporaires. Cette zone se comporte comme un marécage. A la saison des pluies, la plaine est inondée, offrant ainsi un nouvel espace riche en nourriture. A la saison sèche, l’eau se retire dans les canaux, ou stagne dans des trous d’eau. Les précipitations ne sont pas forcement absentes, elles sont juste fortement diminuées. La qualité de l’eau dans les Llanos est assez bonne, le courant est peu important , compte tenu du relief.




Les zones inondables :

Le Pantanal par exemple. Une des plus grande zone humide du monde qui ne reçoit que très peu de précipitations. Cette vaste zone, ponctuée de quelques collines , est située sous le niveau de la mer. Elle reçoit l’eau au gré des crues des fleuves qui la traversent. Le remplissage se fait lentement, le retrait des eaux et l’évaporation marque le début d’une période difficile à passer pour tout ce qui y vit. Les poissons qui restent prisonniers des trous d’eau sont soumis à des conditions extrêmes, températures extrêmes avec de gros différentiels jour / nuit, qualité d’eau très mauvaise.



Les plaines bordant les grands cours d’eau

Ces cours d’eau se situent en plaine. Faciles a reconnaître, leur cours est constitué de méandres successifs, serpentant péniblement au milieu de la forêt. Pour ceux qui sont situés en zone, subtropicale (ou tropicale), leur débit est directement lié aux saisons. Ici l’eau peu monter plus rapidement, les poissons colonisent alors les berges. Ils y trouvent abri et nourriture. A la baisse des eaux, soit les poissons suivent le flux et regagnent le cours principal, soit ils restent prisonniers dans d’immenses lagunes. Qualité d’eau plutôt bonne, et assez constante, le courant est directement lié a la pluviométrie.



Les rivières :


Ainsi en est -il de tous les Corydoras qui vivent dans des zones peu concernées par la montée et la descente des eaux. La qualité d’eau est bonne et plutôt constante, le courant est souvent assez important. Les cours d’eau des zones purement tropicales peuvent être classées ici puisque la pluviométrie est quasiment constante.

3 - Comportement social dans la nature :

C’est LE poisson grégaire par excellence. On trouve les Corydoras par groupes de plusieurs centaines d’individus, souvent plusieurs espèces évoluent ensemble. Ceci est un élément très important à prendre en considération lors de l’acquisition d’un groupe de Corydoras. Le minimum commence à partir de 6 individus d’une même espèce. Il faut donc songer à adapter notre choix en fonction du bac qui accueillera le groupe de Corydoras. La taille du poisson et son prix doivent être pris en compte.


Plus le groupe sera important, plus les Corydoras se sentiront en sécurité.

4 - Le régime alimentaire :


Les Corydoras passent leurs heures actives à la recherche de leur nourriture, fouillant inlassablement le substrat à l’aide de leurs barbillons. Leur alimentation est plutôt basée sur de petites proies (vers, crustacés...). Parfois, on peut observer certaines espèces en train de grignoter un morceau de concombre en état de décomposition avancée. Dans nos bacs, l’apport régulier de nourriture vivante est un plus, au minimum de la nourriture congelée, mais il faut bien penser à adapter la taille de cette nourriture à la taille de la bouche de nos Corydoras. Au quotidien, toujours choisir une nourriture variée et de qualité, plutôt carnée.

Ces 2 la ne mangent assurément pas la même chose :


Un Corydoras hastatus adulte (à gauche) en compagnie d’un groupe de Corydoras narcissus.

L’activité des Corydoras augmente des que la lumière s’éteint. Aussi, il vaut mieux les nourrir plus spécifiquement une fois le bac plongé dans la pénombre si ils sont hébergés avec d’autres poissons plus voraces.

1 - Morphologie générale


Le corps du Corydoras est “blindé” de 2 rangées de plaques imbriquées.
La bouche est orientée vers le bas (bouche infère). Elle est pourvue de trois paires de barbillons dont au moins une est particulièrement visible.



barbillons infères
Le rayon dur des nageoires dorsale et pectorales est très épais, comparable à une épine. Il faut être prudent lors des manipulations avec ces poissons, les rayons durs des pectorales ayant une fâcheuse tendance à se coincer dans les mailles des épuisettes. Par ailleurs, si on doit manipuler le poisson à la main ( ce qui est peu recommandé) les piqûres infligées pas ces épines sont assez douloureuses.

La femelle est généralement plus massive, vue du dessus, souvent plus grande que le mâle.


à gauche le mâle

Suivant les espèces, on peut également se référer à la forme des pelviennes, de la dorsale ou du corps en général.





Ce poisson est doté d’un système de respiration (respiration dite “intestinale”) pouvant lui permettre de rester brièvement hors de l’eau, et même de se déplacer à terre sur de faibles distances , mais destiné surtout à palier aux manques d’oxygène récurrents dans leur milieu d’origine. On peut observer nos Corydoras remonter de temps en temps à la surface pour aller chercher une “bulle” d’air. Si les Corydoras remontent trop souvent c’est un signal d’alarme important, cela signifie que le taux d’oxygène est critique. Si ce genre est doté de la respiration intestinale, il n’en va pas de même pour tous les occupants de nos bacs communautaires.

Dans ce genre, on trouvera des poissons de toutes tailles (de 30 mm pour un C. hastatus à 80 mm pour C.pantanalensis)


Corydoras hastatus (mâle) adulte à gauche (25 mm SL) , Corydoras narcissus (60 mm SL)

NOTA BENE : on trouve souvent les lettres SL ou TL associées à la taille d’un poisson.

SL : Standard Lenght : Taille du bout du nez au pédoncule caudal

TL : Total Lenght : taille nageoires comprises

2 - Les grandes familles morphologiques :

Quatre grandes familles de formes sont rencontrées pour ce genre. C’est la forme de la tête au niveau du “museau” (snout) qui va primer pour trois d’entre elles. C’est la forme du corps qui va caractériser la quatrième famille.

Les 3 grandes familles de formes de “museau” sont :

les “snouted” Corydoras (présence d’un museau)

Dans cette famille de forme, nous allons retrouver des Corydoras tels que C. aeneus, C. arcuatus ....

les “rounded” Corydoras (absence de museau)



Dans cette famille de forme, nous allons retrouver des Corydoras tels que C. similis, C. habrosus...

les “long snouted” Corydoras (museau particulièrement développé).




Dans cette famille, nous allons retrouver plusieurs forme de nez (convexe, droit, concave). Les plus caractéristiques sont les nez concaves tels que C. blochis, C vittatus

La quatrième famille a une forme générale plus fuselée
[:img]https://image.ibb.co/irwWgT/elegans_2_520cc.jpg[/img]

C. elegans
Dans cette famille, nous allons retrouver des Corydoras tels que C. elegans, C. guapore ... La forme de ces Corydoras rappelle un autre poisson, appartenant au même sous-ordre (celui des Callichthyinae), les Dianema sp.

3 - Les zones de vie et l’aménagement du bac :

Toute règle a ses exceptions. Ainsi en est-il des Corydoras. Tous sont des poissons de fond sauf ceux appartenant à la quatrième famille. Leurs conditions de maintenance ne seront donc pas les mêmes. Dans le cas d’un bac spécifique, se reporter aux fiches par espèces. Dans le cas d’un bac communautaire, il y a quelques règles à observer pour que nos Corydoras se sentent bien.

Le type de sol est souvent abordé lors des discussions sur les bacs accueillant des Corydoras. Pour ma part, l’hygiène de celui-ci est sans doute plus importante que sa nature. Toutefois, je privilégierais un sol de type “sable de Loire” en règle générale, quel que soit le bac communautaire.

Les Corydoras ont beau fouiller le fond, ils n’endommagent pas les plantes, mais il faut quand même veiller à ce qu’elles soient bien enracinées. Pour les Corydoras nageurs, les plantes sont un plus, même si elles ne sont jamais indispensables. Ils aiment bien se percher sur les feuilles.

C. guapore
Corydoras guapore “perchés” dans les plantes

Ceci-dit, même les autres espèces apprécient les bacs plantés, les feuilles offriront un support de ponte apprécié par certains, d’autres passeront de longs moments à les nettoyer, comme ce Corydoras habrosus. Pour les Corydoras plus“classiques”, il suffit de leur offrir un abri, de faible hauteur, sous lequel ils passeront leurs moments d’inactivité.


4 - Les autres occupants du bac :

Ce sont de parfaits hôtes, pas d’agressivité ni intra-spécifique, ni extra-spécifique. Nous ne le répéterons jamais assez, les Corydoras ne sont pas des “femmes de ménage” ! S’ils ont un rôle dans un bac communautaire il consiste tout au plus à remettre en suspension les déchets présents dans le bac.

Le partage du bac sera décrit par espèce présentée. En effet, le genre est doté d’une telle variété qu’il est impossible de dire d’une façon générale que les Corydoras peuvent vivre avec tel Cichlidae ou tel Loricaridae.




Pour définir les grandes familles de patron, nous allons observer la présence, (ou l’absence) et le type de motif répartis sur la totalité du poisson. En règle générale la zone ventrale est unie, de couleur claire.

1 - Les différents types de motifs et leurs emplacements :


Ci-après une tentative très personnelle et plus que caricaturale pour délimiter les différentes parties de l’anatomie d’un Corydoras.

Amis Ichtyologues, ne vous fâchez pas....


En rouge : le dos
En jaune : le corps
En bleu : la tête

Les zones de recouvrement correspondent souvent à des zones susceptibles de présenter des taches caractéristiques.

Les motifs :
Les” taches”, de forme et de taille variables selon l’espèce, peuvent recouvrir une partie ou la totalité du corps. On dira de ce patron qu’il est ponctué.

Les “taches” les plus grosses de forme irrégulière peuvent se rejoindre et former une sorte de structure qui ressemble a un “nid d’abeille”. On dira de ce patron qu’il est réticulé.

Des lignes, de différentes épaisseurs peuvent s’enrouler pour former des arabesques. On dira de ce patron qu’il est vermiculé.

Des points peuvent se rejoindre pour former des lignes droites, particulièrement autour de la ligne latérale et parallèlement à celle ci, on parlera d’un patron ligné.

Des lignes fines ornent souvent les nageoires des Corydoras, plus particulièrement la nageoire caudale.

Les taches :

Des taches de plus grande taille peuvent orner le pédoncule caudal, la nageoire dorsale, ou même le corps du poisson. La présence d’une coloration à la base de la nageoire dorsale, du rayon dur et des premiers rayons mous de celle ci est aussi un critère important.

Les bandes :

Chez beaucoup d’espèces, une bande “barre” l’oeil du poisson, donnant l’impression que le poisson porte un masque.

Certaines espèces ont une seule bande, qui généralement part de la base de la dorsale et va jusqu’au pédoncule caudal.

Chez les espèces à 2 bandes, celles-ci peuvent être transversales barrant le poisson de la base de la dorsale jusqu’au pédoncule caudal formant un “V”.

Les 2 bandes peuvent aussi inclure le masque, et ne jamais se toucher. Cette liste est non exhaustive et très largement simplifiée. Il est très difficile de décrire précisément le patron d’un Corydoras.

Ci-après, quelques exemples très brièvement commentés :

Premier qui vient à l’esprit, le Corydoras sans motif particulier. Dans cette famille de patrons, il n’y a pas de motifs sur les nageoires ni sur le corps. Ce qui n’empêche pas une grande variété de couleur, de reflets et de nuances.


Le ton est donné par la couleur au niveau de la ligne latérale. Dégradés et reflets font le charme de ces Corydoras.

3 caractéristiques principales pour ce Corydoras trilineatus.


- la tête et le dos sont vermiculés,
- 3 lignes nettes : une qui recouvre la ligne latérale du poisson délimitée en haut et en bas par 2 lignes unies .
- un gros point noir orne la nageoire dorsale.

2 caractéristiques principales pour ce Corydoras agassizi

- le corps et le dos sont ponctués,
- la base de la nageoire dorsale ainsi que les premiers rayons mous de celle ci sont noirs.

3 caractéristiques principales chez Corydoras schwartzi :

- le corps et le dos sont ponctués, les points ont tendance à former des lignes vers la ligne latérale.
- les yeux sont “masqués” par une bande sombre
- la base de la dorsale et les premiers rayons mous de celle-ci sont noirs.

2 caractéristiques principales chez Corydoras guapore :


- le corps et le dos et la tête sont ponctués.
- le pédoncule caudale est recouvert d’une tache

3 caractéristiques principales chez Corydoras similis :


- les nageoires sont dépourvues de motifs,
- la partie avant du corps et la tête du poisson sont ponctuées
- la partie arrière du corps et le pédoncule caudal sont dépourvus de motifs

2 caractéristiques principales chez Corydoras arcuatus :


- Les nageoires, le corps et la tête sont dépourvus de motifs
- Une bande noire part de l’oeil, traverse le dos et le pédoncule caudal du poisson

3 caractéristiques pricipales chez Corydoras panda :

- les nageoires, le corps et la tête sont dépourvus de motifs
- les yeux sont “masqués”
- le pédoncule caudal ainsi que la nageoire dorsale sont décorés d’un gros point noir.

4 caractéristiques principales chez Corydoras melini :

- le poisson est dépourvu de motif
- les yeux sont masqués
- une bande noire part de la base de la dorsale et traverse le pédoncule caudal
- présence d’une tache noire qui occupe une partie de la nageoire dorsale

La caractéristique principale pour le patron de Corydoras pygmeus :


Ce ne sont là que quelques exemples très brièvement commentés qui permettent d’identifier correctement la plupart des espèces communes.

© Catherine Magnier
Véronique.
www.ivanov.ch

Martial

  • Messages: 79
Bravo pour ces explication.
Y a t il une liste quelque part par biotope des CORYDORAS ?
Plus clairement,les variétés qui est conseiller que mettre ensemble par rapport à leur besoin?

Guy49

  • Messages: 397
Ah, j'avoue que de délaisse comme pas mal de gens les forums, mais quand je retourne dessus, cela me fait plaisir de voir des gens qui aime ce moustachu, et ton article me fait plaisir à lire..

Merci à toi