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Loricariidés : Hypancistrus zebra  (Lu 110 fois)

Véronique

  • Modosaurus
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Les bases principales de la maintenance de Hypancistrus zebra .
 Les bases citées ci-dessous sont celles observées et expérimentées par l’auteur entre octobre 2003 et octobre 2006 sur une population de 9 Hz. Ce cheptel s’est reproduit à de nombreuses reprises. D’autres expériences ont été menées depuis, toutes aussi efficaces en matière de maintenance et de repros.




ORIGINE ET BIOTOPE


Hypancistrus zebra fait partie de la grande famille des Loricariidae, du genre Hypancistrus. Il provient uniquement du Rio Xingu, qui coule au Brésil, dans la province de Pará, il est pêché dans la région d’Altamira, en eau vive, souvent jusqu’à plus de 10 m de profondeur.

Hypancistrus zebra est un poisson de rivière, et non pas de lac ou de mare … Il conviendra donc de lui fournir un bac spécifique pensé à son seul usage. Pour lui donner des bonnes conditions de vie, on lui installera un bac spécifique. La hauteur d’eau n’est pas très importante et il vaut mieux un aquarium large et long plutôt que haut ; il convient d’aménager un maximum de surface au sol. Un aquarium de 80 cm de long sur 40 de largeur paraît un minimum pour garder une petite communauté de zebra. On peut sans problème utiliser un bac d’une centaine de litres.


L’EAU, LE BAC, LE DECOR

Une eau douce et acide reproduit bien son biotope. Il semble qu’il ait une certaine tolérance quant à la dureté de l’eau et au pH à condition de rester dans cette fourchette de valeurs : pH entre 6 et 7,5, température entre 26 et 30°C. La propreté de l’eau doit être assurée par une filtration très efficace, l’Hypancistrus zebra est un gros pollueur : un filtre externe ou une décantation interne assurant un débit de 5 fois le volume du bac semble un minimum. À l’autre extrémité du bac, on ajoutera une puissante pompe de brassage (1000 l/h ne sont pas excessifs) en flux circulaire, pour recréer un maximum de courant et de remous.

Dans ce type de bac qui tente de reproduire un cours d’eau non planté, l’éclairage a relativement peu d’importance. Il faut toutefois éclairer, pour admirer les poissons et pour créer l’alternance jour nuit, avec des tubes standard de faible wattage, en visant 1 watt pour 3 ou 4 litres d’eau. Un éclairage trop puissant favoriserait les algues puisqu’il n’y a pas de plantes pour les concurrencer.

Un sol composé de sable fin et de petits galets de ruisseau suffit à créer une couche de fond, par-dessus laquelle on rajoutera différentes pierres plus grandes et quelques racines. Il convient de constituer dans cet assemblage, des failles et des trous dans lesquelles l’Hypancistrus aime à se cacher.

On peut par exemple scinder l’aquarium en plusieurs territoires, en utilisant une grosse pierre ou une grosse racine qui « coupe » le bac en 2 parties, où les poissons trouveront plusieurs caches. On peut également intégrer des tubes en terre cuite à une seule issue, dont le poisson raffole, tant pour s’y réfugier que pour pondre. Il faut compter au moins autant de caches que de poissons, afin que les dominés puissent également trouver refuge. Plus il y aura de cachettes et de refuges disponibles et plus les poissons seront rassurés, et donc visibles.

MAINTENANCE

La maintenance d’un tel aquarium nécessite une bonne discipline : Il faut changer environ 30% de l’eau chaque semaine, en évitant les écarts de température ou de qualité d’eau et en utilisant par exemple une pompe de petit débit pour amener l’eau neuve. Selon les paramètres de l’eau de conduite, un dosage moitié-moitié d’eau osmosée et d’eau du robinet peut convenir. On profite du changement d’eau pour bien siphonner le sol et surtout les nombreuses anfractuosités du décor, où les déchets de nourriture ont tendance à s’accumuler.

DIMORPHISME

• un mâle


Le dimorphisme sexuel est délicat à observer en bac de vente sur des poissons souvent immatures et généralement stressés. Cependant, sur un poisson mature et acclimaté, on peut se référer aux points suivants : En observant attentivement des individus de 5 à 7 cm au moins, on remarque que les mâles présentent des odontodes inter operculaires et des odontodes pectorales (brosses) très développées, ainsi que des odontodes plaquettaires sur le tiers inférieur du corps particulièrement visibles en lumière rasante. On peut aussi comparer la forme de la tête des mâles qui est plus massive et plus carénée que chez les femelles, qui ont une tête plus arrondie. Parfois aussi la coloration des mâles est plus marquée, le noir est plus sombre et le blanc plus flash : En schématisant, le mâle a l’air plus noir, la femelle a l’air plus blanche. On peut y rajouter l’observation de la forme de la queue, les lobes supérieur et inférieur sont plus effilés chez les mâles.

• une femelle


Une femelle présentera des odontodes courtes, voire inexistantes, une tête plus ronde. Un corps plus rond vu du dessus ou de l’arrière, peut indiquer une femelle gravide. Elles sont généralement plus petites que les mâles et leur queue est effilée uniquement sur la partie inférieure

COMPORTEMENT SOCIAL


Il s’agit de poissons vivant en colonie territoriale. Plusieurs territoires mâles se juxtaposent, créant l’ensemble de la colonie. Les femelles se déplacent librement dans des territoires juxtaposés et choisissent le meilleur mâle. Une intrusion d’un mâle sur un autre territoire sera immédiatement sanctionnée par un combat très bref, mais très violent.

Plusieurs types de combat ont été observés :

• Combat côte à côte :

La confrontation est directe. Elle se fait à l’aide des odontodes inter operculaires qui se déploient à l’équerre par rapport à la tête. Les 2 individus tentent de s’accrocher par les « brosses » et ondulent ensuite de tout le corps en de grands mouvements amples, afin d’écorcher leur rival.

Ces combats sont de très courte durée, de 2 à 5 secondes, le vainqueur garde le territoire et reste en position déployées durant quelques minutes. On dirait qu’il renforce sa position de dominant… le vaincu se replie immédiatement et « rentre la voilure ».

• Position tête bêche :
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Le combat est moins violent. L’approche est plus nuancée. Les protagonistes se font face, puis glissent le long du corps l’un de l’autre. Ils semblent plus s’intimider que se combattre, même si une fois en position operculaire, ils ondulent de tout le corps. La vigueur des ces ondulations est néanmoins plus faible… Ce comportement a été constaté à plusieurs reprises peu avant une ponte.

Comportement « naturel » et comportement « domestique »

En fonction du bac et de l’environnement mis à disposition, le zebra évolue différemment. Dans les bacs spécifiques, où il est maintenu en colonie, avec un fort courant et très peu d’intervention humaine, il reste sauvage. On constate par exemple de très nombreux déplacements, vifs et courts, toujours à l’affût. On assiste également à plusieurs rixes par jour. On peut aussi observer des comportements de chasse et d’une manière générale, un comportement de poisson « sauvage » : fuite devant une ombre, territorialité bien marquée.

Il semble qu’un zebra maintenu seul de son espèce en bac communautaire, perde ce comportement naturel et se laisse domestiquer, jusqu’à venir manger dans les doigts du nourrisseur et sortir sitôt le couvercle du bac levé, comme n’importe quel poisson d’ornement.

à chacun de voir quel type de comportement il veut avoir...

ALIMENTATION

Contrairement à d’autres Loricariidae et aux idées préc##çues, ce n’est pas un mangeur d’algues ! Une analyse du contenu stomacal de L46 a révélé que ce poisson est omnivore, à prédominance carnée. On a retrouvé différents insectes et crustacés, mais également des fibres végétales (fruits) et des graines. En aquarium, on veillera à fournir à nos poissons une alimentation aussi variée que possible. Il faut privilégier le plus possible les distributions de nourritures vivantes : On doit leur donner des larves de moustiques rouges, des larves de moustiques noires, des gammares de petite taille, des daphnies, des petits vers de terre rouges. On peut aussi les donner sous forme congelée, mais dans la plupart des cas, les paillettes ou flocons ne les intéressent pas, sauf les comprimés contenant de la spiruline.

En donnant des petites proies vivantes on assiste à un comportement de chasse : Les Hypancistrus zebra utilisent le courant pour rabattre leur proie. Ils se tapissent derrière un caillou du décor, orienté vers l’amont, et surgissent pour plaquer la proie de tout leur corps au sol. Ils reculent ensuite et ingurgitent la proie. Ils peuvent ainsi se nourrir en plein courant. Ce comportement a été observé un peu différemment chez Yann Fulliquet avec des L66 et des L260. Ils protègent leur proie sous leur corps et redescendent jusqu’à hauteur de ventouse, sans réellement « attaquer » une proie. Ils se contentent de l’immobiliser, puis de l’ingurgiter. Les Hypancistrus sont des chasseurs habiles, mais des mangeurs lents, il ne faut donc pas les mettre en concurrence alimentaire avec d’autres poissons plus grands ou plus rapides. Ils sont tout à fait capables de défendre un site de nourriture envers leurs congénères, quitte à ne pas pouvoir manger…


CONSEILS D’ACHAT :

Sur un poisson acclimaté, les signes suivants sont très révélateurs… en bac de vente, c’est malheureusement plus difficile à cause du stress créé par le voyage et les différents transbordements. Il faut donc bien observer les poissons avant de les acheter :

Signes positifs :

Le noir est profond et uni, les limites bien nettes. Les nageoires légèrement irisées de bleu sont un signe d’excellente santé. Les nageoires doivent être saines, déployées. Pas de déchirure, attention au 1er rayon dur des nageoires. Le poisson doit être vif, réagir en fuite devant l’épuisette. Il se déplace par petits bonds successifs, rapides. Un poisson léthargique n’est pas en bon état. L’œil doit être mobile, réactif à la lumière. Le poisson le plus sain est celui qui sera le plus difficile à attraper. (Attention à ne pas le casser, à ne pas le plaquer contre la vitre du bac).

Signes négatifs à observer :

Si le poisson a une tache rosâtre ou rouge sur le flanc, elle indique une fracture et une hémorragie, qui a court terme, sacrifieront le poisson Un blanc rosé indique de mauvaises conditions d’eau (nitrates ou acidose) Le ventre ne doit pas être creux, signe de malnutrition L’œil doit être sain et pas creusé. La ligne osseuse du poisson doit être régulière, pas de cassures ou de queue tordue. Souvent, les conditions de pêche, de manipulation ou de transport fragilisent les poissons, car ils ont littéralement été cassés. N’oublions pas qu’il s’agit là d’un poisson à plaques osseuses…


L’historique et la conception de mon bac de reproduction destiné aux Hypancistrus zebra. L’installation du bac et les bons paramètres. ( en 2007 )

Après avoir passé bien des possibilités en revue, je me suis dit que ce pourrait être intéressant de faire du spécifique, et tant qu’à faire, pourquoi ne pas partir sur un truc pas courant… je me suis donc mis à la recherche d’un poisson qui pourrait cadrer à la grandeur de ce bac, et qui n’était pas réputé pour sa facilité… j’ai entendu parler du projet de barrage sur le Xingu et là… évidence… hypancistrus zebra…

La conception :

J’ai cherché des infos sur tous les sites que je connaissais, et sur des autres découverts au hasard des voyages sur le net… j’ai bouquiné, j’ai discuté, enfin, toute la partie intéressante qui consiste à se renseigner… en synthèse, il ressort des ces recherches les quelques points suivants, sur lesquels tout le monde est assez d’accord :

- eau très chaude (28 à 30 °C)
- eau blanche, fortement oxygénée à courant rapide
- eau douce et légèrement acide
- substrat sableux fin, avec roches volcaniques et déchets végétaux constituant de nombreuses caches très étroites et à une seule issue.
- Pas de plantes

Ça nous cadre déjà pas mal le problème… En somme, c’est assez proche, à part la température et la dureté, d’un ruisseau européen. J’ai donc tablé sur l’observation du biotope d’un autre poisson chat de taille similaire, mais européen, le chabot… ce petit poisson de nos eaux a un comportement étrangement similaire à notre L46…

Je suis parti en repérage sur différents ruisseaux et ruisselets autour de chez moi et j’ai découvert les bases de l’hydrodynamique… le problème qui se posait était le suivant. Dans un ruisseau, le courant est unidirectionnel, sur une faible hauteur d’eau. Le courant se brise et se divise sur le lit du ruisseau en créant différentes zones de remous, qui sont également brassées, mais de manière circulaire… Il n’y a pas de zones mortes du fait de la faible hauteur d’eau et le courant façonne le relief du fond…

Dans un bac, le courant est bien moindre, même avec de grosses pompes, du fait du volume d’eau important (hauteur et profondeur du bac). De plus, il est difficile de recréer ce flux unidirectionnel… en observant attentivement une gouille du ruisseau, j’ai constaté qu’on retrouvait un flux correspondant mieux à la géométrie de mon bac.



Le bac :

J’ai donc pris l’option de créer un courant circulaire, m’aidant pour cela de la géométrie particulière (angles cassés) du Juwel panorama 80. J’ai disposé deux pompes de 1000 l/h à chaque extrémité du bac qui brassent et filtrent en rond autour du décor.

La technique :

Une des pompes alimente une décantation interne JUWEL, et rejette le long de la vitre arrière un courant assez fort qui crée un bon brassage de surface.

La deuxième n’alimente qu’un petit filtre mousse mécanique, et sert principalement à reprendre le courant en diagonale inverse, afin de faciliter le flux circulaire

Un chauffage de 100 W intégré à la décantation et la rampe à 2 tubes de 18 W suffisent à réguler la température à 30 °C… Les deux tubes sont vieux de deux ans, mais je ne compte pas les changer, vu l’absence de plantes dans le bac. Ils suffisent à me créer un léger duvet d’algues sur l’ensemble du décor et à alimenter en énergie les lentilles d’eau en surface qui ombragent le sol.

Le décor :

Il est constitué de ce que l’on peut trouver au fond d’un ruisseau, c’est à dire :

- un fond de gravier et de sable mélangés
- des galets de différentes tailles
- des morceaux de bois de différentes taille
- des rochers de différentes tailles

Afin de ne pas abîmer la vitre du fond, j’ai d’abord disposé une couche d’environ 8 cm de sable et gravier sur laquelle j’ai déposé quelques racines de mopani plates, mais extrêmement trouées, créant une première couche. La fonction première de cette couche est de protéger la vitre du fond, tout en créant quelques caches pour les tout petits poissons.

J’ai ensuite placé les gros éléments du décor, les 2 racines principales, en appui sur les petites mopani, et sur les galets disposés ça et là, créant encore des grottes et des caches supplémentaires.

Le tout est « calé » par deux gros blocs de bois pétrifié, issus de mon grand bac, où ils étaient dédaignés par les poissons de fond qui leur préfère la grande racine.

Sur la vitre arrière, j’ai posé debout deux racines mopani plates qui la protègent d’un éventuel éboulement du décor.

REPRODUCTION ET ELEVAGE

Comme tous les autres poissons que l’on tente de reproduire, il faut bien sûr lui mettre toutes les chances de son côté, particulièrement au niveau des conditions d’eau et de nourrissage, sur lesquelles je reviendrai plus tard.

En fait, il semble que la première condition à remplir, et peut-être la seule vraie contrainte dans la repro, est d’avoir suffisamment d’individus pour constituer une colonie, et de plus, le bon sex-ratio... Avec le moratoire brésilien interdisant la pêche de ce poisson et les prix ahurissant qu’atteint le poisson sur le marché, cette première condition est souvent un obstacle de taille.

En effet, Hypancistrus zebra est un pondeur en colonie, et ceci à toute son importance. Vous devez avoir au moins 2 mâles pour une femelle, afin qu’une hiérarchie puisse s’établir. Une femelle gravide choisira toujours le mâle dominant pour déposer ses oeufs.

J’ai pu constater dans ma population que même si une ponte est déjà surveillée par le mâle alpha et que le mâle beta est visiblement prêt à accueillir une femelle sur son propre territoire juxtaposé, les femelles lui préfèrent toujours, le mâle alpha...



Mais revenons aux conditions idéales favorisant la ponte. Les déclencheurs sont similaires à de nombreuses espèces du bassin amazonien. En plus du nombre d’individus et de la hierarchie, on peut mettre en avant au moins 4 autres points capitaux :

1. la nourriture On l’a déjà vu, Hypancistrus zebra est carnivore. Il lui faut une nourriture variée et riche en protéines pour pouvoir produire des gamètes mâle ou femelle. Cet élément peut être conjugué avec d’autres pour déclencher une ponte.

2. le courant

Hz étant issu d’un milieu très oxygéné, il est nécessaire de reproduire ce fort courant dans le bac. Personnellement pour 100 litres utiles, je dispose d’un brassage total de 1900 l/h (voir détails dans article Hz maintenance).

Plus encore que le courant, il paraît important d’orienter les caches ou les tubes de ponte. Idéalement, l’entrée de cache doit être perpendiculaire au courant, ou légèrement de 3 quarts avant, de sorte que quelques remous puissent se créer dans la cache (oxygénation) sans emporter la ponte.

3. les caches de ponte La taille des caches de pontes, qu’elles soient constituées de failles rocheuses ou de tubes en terre cuite ou en pvc, est capitale. Il est primordial que le poisson s’y sente en sécurité. Pour ce faire, il lui faut des "grottes" à une seule issue, qu’il puisse barrer de son corps. J’ai constaté qu’une cache trop large était souvent boudée pour une cache plus étroite où le mâle puisse s’engouffrer et s’arrimer en écartant ses nageoires.



4. le changement de saison simulé Une simulation de changement de saison stimule véritablement Hz. Indépendamment de la saison réelle, on peut recréer ce changement de la manière suivant. Lors d’un changement d’eau, faites baisser la température de plusieurs degrés en 24 heures par un arrêt du chauffage. Par exemple, on peut laisser chuter la température de 28 ° température de maintenance, à 22 ° température ambiante dans un appartement. On laissera le bac tel quel durant 5 jours, en diminuant drastiquement les distributions et la variété de nourriture. Après ces 5 jours, on remontera la température par palier de 1° par jour jusqu’à atteindre 30°. La quantité et la variété de la nourriture augmenteront simultanément. Il va de soit que durant cette simulation, vous ne ferez plus de changement d’eau, soit un total d’environ 15 jours.

Si la première ponte peut être longue à venir, une femelle gravide, dans de bonnes conditions, posera une ponte toutes les 4-5 semaines. Cette information est cruciale dans le choix de votre population. Etant donné que seul le mâle dominant est sollicité, il ne faut pas qu’il ait plus de 2 femelles, sans quoi il pourrait se tuer à la tâche.

Mon mâle dominant est actuellement en cycle de ponte et d’élevage sans interruption depuis le mois d’avril, à raison d’une ponte toutes les 1 à 3 semaines. En effet, chacune des 3 femelles le harcèle sitôt la ponte précédente éclose. Il n’est plus rare que mon mâle ait une ponte éclose, une ponte en cours de ventilation dans le tube et une 2ème femelle gravide et prête à l’entrée du tube...

Ceci a plusieurs conséquences. D’une part, le mâle, ne pouvant plus sortir se nourrir, consomme régulièrement une partie de la ponte non éclose, d’autre part, il diminue la qualité des soins aux oeufs, ce qui provoque une plus grande mortalité des larves.


La repro, déroulement normal

Nous avons donc une petite colonie de Hypancistrus zebra, idéalement constituée de 2 mâles et d’une, maximum 2 femelles qui ont toutes les bonnes conditions pour assouvir leurs plus basiques instincts... Que va-t-il donc se passer ?

Le mâle va tout d’abord choisir un tube où il puisse se tenir dorsale déployée et dont il puisse boucher l’entrée par son corps. Lorsqu’une femelle gravide va être prête, le mâle choisira sa cavité et s’y introduira pour la nettoyer. Il videra le tube de tout substrat indésirable à l’aide de ses nageoires par reptation.

Une fois la cavité propre, le mâle simule la ventilation d’une pseudo ponte par ses nageoires. Les pectorales s’agitent verticalement, l’une après l’autre. Le mouvement est repris simultanément par les ventrales. Pectorale droite en même temps que ventrale gauche et inversement. De cette manière, il génère un léger courant constant qui entraîne toutes les matières en suspension à l’extérieur de la cavité. Certains pensent que des hormones sont également diffusées à ce moment, attirant la femelle à proximité du site de ponte. La femelle reste à l’entrée du tube, jusqu’à ce que le mâle l’accueil. Il laisse la femelle pénétrer dans le tube, la suit et la bloque ensuite par son corps. Il s’arrime dans le tube en déployant ses pectorales et sa dorsale.

Il stimule ensuite la femelle en produisant de légers tremblements avec l’ensemble de son corps, durant de très courtes séquences répétées. La femelle y répond au bout d’un moment en produisant le même tremblement. Ce comportement nuptial peut durer jusqu’à 4 jours, durant lesquels le couple ne sortira pas du tube.

En fonction de l’environnement, la femelle est plus ou moins prolifique. Elle dépose une grappe d’oeufs au fond de la cache. Dans d’excellentes conditions, elle pond plus d’oeufs, mais plus petits, jusqu’à 18 oeufs (plus grosse ponte obtenue chez moi). Dans de moins bonnes conditions, la grappe ne compte que quelques oeufs, mais plus robustes.

Une fois la ponte faite, le mâle chasse la femelle et reste seul dans la cavité. Il ventile les oeufs et les retournes à l’aide de sa bouche presque en permanence. Les oeufs, adhérents entre eux, mais pas au substrat, sont très résistants et le père n’hésite pas à les manipuler contre les parois de la cavité. Il couve la grappe de son corps, rendant toute observation très difficile. L’incubation dure entre 4 et 7 jours.

Même après l’éclosion, le mâle garde les larves, les ventile, les nettoie. Un jeune mâle manquant d’expérience, peut laisser échapper quelques larves dans le flux de sa ventilation. Ces dernières n’ont que peu de chances de survie. En effet, les larves, encombrées par leur énorme sac vitellin, ne peuvent absolument pas se déplacer sur le substrat irrégulier d’un bac durant leurs premiers jours, devenant des proies faciles pour tout prédateur, même aussi petit qu’un escargot.

3 options se présentent :

1. laisser faire...

Assumer le fait de perdre le 90 % de la ponte sur les premières pontes jusqu’à ce que le jeune mâle soit efficace. Quelques jeunes s’en sortent, mais la sélection naturelle est rude...

2. prélever les larves sitôt écloses, à l’aide d’une paille ou d’une pipette et les déposer dans un pondoir dans le même bac. Ou bien vider le tube directement dans le pondoir. Cette solution est brusque pour les larves, et même avec l’habitude, cela perturbe le mâle qui cherche durant quelques heures ses larves.

L’avantage est qu’une autre femelle peut rapidement venir remplacer la "perte" de cette ponte. Mais c’est brutal.

3. monter un bac "sol nu" et laisser faire la nature... c’est relativement efficace, mais le problème se pose ensuite de nourrir et de récupérer les juvéniles dès la résorption du vitellin...

Pas de solutions, que des expériences...

croissance et élevage

Les oeufs passent très rapidement au stade de larves, puis, d’alevins. Durant les 2 premières semaines, l’alevin prend chaque jour 1 mm. Vient ensuite une phase critique où il finit de résorber son vitellin et commence à se nourrir seul, dans le courant de la 3ème semaine. Aux alentours du 18 ème jour, le système digestif est fonctionnel et l’alevin commence à produire des excréments. Il va légèrement ralentir son développement jusqu’à mesure 20 mm après 3 semaines, puis 23 mm après un mois. Au 3ème mois, le juvénile ne mesure qu’une 30aine de mm, mais est désormais hors de danger. Sauf accident notoire, il parviendra à une taille de 40 à 45 mm à un an, en fonction de son alimentation, des conditions de maintenance et de la concurrence alimentaire. Il lui faudra un an de plus pour arriver à la taille de 6-8 cm, où il commencera à être sexable et il atteindra sa maturité sexuelle.

Je vous propose ci-dessous quelques images supplémentaires, prises au fil des ponte

2ème jour, dans le pondoir


Dès le 15ème jour, on peut commencer à tenter de nourrir. Personnellement, j’utilise un mélange de larves de moustiques rouges écrasées avec des comprimés SERA Viformo. On peut également apporter des micros vers, même si le danger de goinfrerie existe réellement...
Le cap du premier mois passé, les juvéniles sont presque sortis d’affaires..
 2 jours


3 jours


6 jours


 10 jours


12 jours


6 semaines



2007 © eltofi
Véronique.
www.ivanov.ch

ElTofi

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Dis donc, qu'est-ce que j'avais écrit pour AquAgora au début ?!? j'avais que ça à faire ou bien ???
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10'000 litres pour des Potamotrygon

Va jouer dans le mixer ! [Calvin, philosophe dictateur de 6 ans]