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La F.A.Q. AquAgora : comment bien démarrer un aquarium  (Lu 624 fois)

Lio

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FAQ:

Bienvenue dans le monde merveilleux des aquariums.
Cette Foire Aux Questions (FAQ) constitue un guide et fournit des conseils pour réussir votre nouvelle passion.
Elle est destinée aux débutants qui font leurs premiers pas dans l’aquariophilie.

Introduction,pour bien débuter
Le materiel
Les magasins, bien acheter
Préparation de l’eau
Le cycle de l’azote
Chimie de l’eau
Changer l’eau
Les tests
Les poissons
Le stress
Le long terme


Lio

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Introduction
 

Réussir, c’est aussi avoir un aquarium joli sans avoir besoin de trop s’en occuper (par exemple, devoir se battre sans cesse contre les algues).

Comment s’assurer du succès de votre premier aquarium
Obtenir un aquarium qui se porte bien n’est pas difficile, et ne demande pas forcément beaucoup de travail, il suffit que vous écoutiez un tant soit peu votre bon sens. Les conseils qui suivent sont basés sur des données scientifiques mais surtout sur l’expérience glanée auprès d’aquariophiles ayant plusieurs années de pratique à leur actif. La liste ci-dessous résume les règles les plus importantes à respecter pour réussir. Chacune d’entre elle est développée plus en détail dans une partie qui lui est consacrée.

Il faut être patient.
Acheter un aquarium, le mettre en place, le remplir et ajouter les poissons dans la même journée est la meilleure méthode pour obtenir un désastre. En fait, franchir toutes les étapes précédemment citées peut vous prendre jusqu’à 2 mois !

Il vaut mieux prévenir que guérir.
Fournir un environnement qui réduit au maximum le stress des poissons est la clef du succès. Lorsqu’un poisson est stressé, son système immunitaire est affaibli et il devient plus sensible aux maladies. Des traitements existent pour les maladies, mais bien peu d’entre nous sont des vétérinaires, nos diagnostiques sont forcément empiriques et nos erreurs irrémédiables...

Pour limiter le stress, il suffit :

d’effectuer des changements d’eau partiels réguliers (au moins 10% par semaine),
d’éviter la suralimentation,
d’éviter la surpopulation,
de vérifier que la filtration fonctionne correctement,
de donner suffisamment d’espace à vos pensionnaires,
de leur donner des compagnons compatibles,
de leur fournir des plantes naturelles et/ou des cachettes.

Comprendre et respecter le cycle de l’azote.
Les poissons produisent des déchets toxiques qui doivent être éliminés ou dénaturés. Ce rôle est dévolu à des bactéries dans la partie "biologique" de votre système de filtration. La plupart du temps la mortalité des poissons dans un nouveau bac s’explique par la non-compréhension ou la non-prise en compte du cycle de l’azote par son propriétaire.

S’occuper régulièrement de votre filtre en le gardant propre.
Les filtres sales (colmatés) voient leur efficacité réduite. Dans le cas d’une filtration biologique, un filtre colmaté sera incapable d’éliminer les nitrites ce qui conduira, presque à coup sûr, à la mort des poissons. Les filtres biologiques sont nettoyés en rinçant une partie des mousses et des masses filtrantes dans de l’eau de l’aquarium préalablement siphonnée dans un récipient, ou au moins dans une eau à même température.

Les filtres sous gravier appartiennent à la préhistoire de l’aquariophilie : ce ne sont, d’ailleurs, pas des filtres et ils doivent être bannis, à moins que vous ne sachiez vraiment ce que vous faites (la question des filtres est discutée plus en détail dans la partie filtration).

Traiter correctement l’eau de conduite avant de l’introduire dans un bac.
L’eau de conduite peut contenir des substances chimiques comme le chlore, utilisé pour garantir l’innocuité de l’eau pour l’homme. Ces substances sont toxiques pour les poissons : elles peuvent les affaiblir, voire les tuer (voir la partie Préparation de l’eau pour plus de détails).

Prendre le temps d’apprendre les principes fondamentaux de la chimie de l’eau.
Les caractéristiques principales de l’eau sont le pH, la dureté et le pouvoir tampon. Vous n’avez pas besoin de prendre des cours de chimie, mais vous devez en connaître suffisamment sur ces paramètres pour que vos poissons puissent être heureux. Chaque eau est différente, et tous les poissons ne peuvent pas vivre dans n’importe laquelle. Pour avoir des informations sur votre eau, vous pouvez dans un premier temps consulter votre mairie qui devra vous en fournir les caractéristiques essentielles, mais cela n’est pas toujours suffisant.

Il vous faudra tester régulièrement l’eau de votre bac, soit en utilisant un kit de test, soit au sein de votre club, soit en consultant votre détaillant aquariophile

Garder le pH de l’eau de votre aquarium stable.
Un brutal changement de pH stresse les poissons et peut les tuer.

L’eau d’un aquarium a une tendance naturelle à devenir acide en raison de la production d’acide carbonique (CO2) et d’acide nitrique (HNO3).

Pour conserver le pH stable, il faut un "tampon". Cette notion de tampon est sans doute la plus délicate à bien comprendre. On peut essayer de schématiser ce phénomène d’équilibre ainsi :

Imaginez un premier Monsieur que l’on appellera "M. Acide" qui tire sur une corde dont l’autre bout de la corde est tenue par "M. Basique". M. Acide est plus fort que M. Basique, mais au milieu de la corde, il y a, posée dessus, une grosse pierre que l’on appellera "tampon". La pierre est lourde et M. Acide bien que le plus fort est en échec : l’aquarium est en équilibre. Insidieusement, les amis de Mr Acide dont Mr A-Nitrique et M. A-Carbonique émiettent peu a peu la pierre "tampon". Si son poids diminue trop, M. Acide va gagner et votre pH va chuter dramatiquement.

C’est pour cela qu’il vous faudra surveiller le pouvoir tampon de votre eau, quitte à rajouter ce qu’il faut, si votre eau est trop douce. C’est pour cela aussi qu’il ne sert pratiquement à rien de mettre de l’acide ou du gaz carbonique dans une eau dont le KH est très élevé ( > à 10 KH ).

Eviter d’ajouter des produits chimiques qui diminuent le pH.
De tels produits ont fréquemment des effets indésirables.

Ils peuvent augmenter par exemple la croissance des algues. De plus, dans la plupart des cas, et malgré ce que peuvent vous dire certains détaillants et livres, le pH de l’eau n’a pas besoin d’être ajusté à une valeur parfaite pour une espèce de poisson donnée. Si le pH de votre eau de conduite est compris entre 6,5 et 7,5 (c’est à dire autour de la neutralité), c’est convenable pour la plupart des poissons.

Choisir les poissons adaptés à votre eau.
Choisissez des poissons qui sont originaires d’une eau similaire à celle dont vous disposez (eau de conduite). Si vous avez de l’eau dure, prenez des poissons d’eau dure. Si votre eau est douce, prenez des poissons d’eau douce. Ceci est particulièrement important si votre eau a un pH en dehors de l’intervalle 6,5-7,5. Modifier la dureté naturelle ou le pH de votre eau de conduite peut se révéler être compliqué, voire périlleux et toujours contraignant. Le plus grave serait de vous dégoûter de l’aquariophilie. De plus, des tentatives, plus ou moins maladroites, d’ajustement sont souvent pires pour les poissons que la qualité originelle de votre eau. Un des bons moyens pour apprendre quels poissons peuvent vivre heureux dans votre eau est de vous renseigner auprès d’un club ou d’un magasin sérieux. Ceci étant dit, il n’est hélas pas toujours possible d’utiliser l’eau de conduite, car trop polluée, vous devrez alors vous résoudre à utiliser de l’eau osmosée.

Choisir les poissons adaptés à la taille de votre aquarium.
Prenez des poissons qui sont compatibles entre eux et pensez au long terme. Un petit poisson de 3 centimètres vous paraît mignon dans le magasin, mais que ferez-vous quand il atteindra 15 centimètres de long et qu’il considérera ses compagnons comme de la nourriture ? Les poissons ont un besoin d’espace minimal qui est spécifique à chaque espèce. Cet espace dépend de leur taille et de leur tempérament. Choisissez donc vos poissons en fonction de leur besoin adulte, si certains sont plus timides que les autres, prévoyez pour eux des zones de repli dans votre bac (amas de pierres, souche, plantation dense,...). On achète toujours des jeunes poissons, en oubliant qu’ils vont grandir mais que l’espace du bac, lui, ne se modifiera pas. Une population mal réfléchie peut survivre quelques mois, mais petit à petit, en grandissant et devenant adultes, les conflits arrivent et les poissons ne se supportent plus.

Acclimater correctement les poissons avant de les placer dans votre bac.
Pour introduire de nouveaux animaux dans votre bac, vous devez les préparer : il faut ouvrir le sac de transport et le faire tremper dans le bac pour équilibrer les températures, et introduire peu à peu l’eau de votre bac dans le sac pour habituer les nouveaux venus à leur nouvelle eau. Une bonne acclimatation prend environ une heure... En tout cas, il faut savoir qu’il ne faut JAMAIS ajouter l’eau du magasin dans votre aquarium (elle pourrait contenir des maladies et des parasites). Enfin, lorsque c’est possible, faites subir une quarantaine de 2 à 3 semaines aux nouveaux venus avant de les placer dans votre bac. Tout ceci est développé dans le chapitre "Ajouter les poissons".

Effectuer des changements d’eau partiels réguliers.
Changer 10% à 15% de l’eau de votre bac toutes les semaines permet de :

diminuer le taux de nitrate le l’eau avant qu’il ne devienne dangereux,
renouveler le stock d’oligo-éléments utilisés par les bactéries, les plantes, etc.,
empêcher la dérive des caractéristiques de l’eau.
Le dernier point est tout particulièrement important pour la lutte envers les maladies ; les changements d’eau sont un des meilleurs moyens pour prévenir et éviter les maladies. Toutefois des changements d’eau trop importants peuvent être délicats, si la nouvelle eau est trop différente de l’ancienne.

N’achetez que dans des magasins "recommandables" ou chez les particuliers ou à l’occasion de Bourses.
Malheureusement, de nombreuses animaleries sont plus intéressées par votre argent que pour vous vendre des poissons de qualité. Pourtant, dépenser un peu plus pour avoir des poissons de qualité est souhaitable. Les nouveaux venus sont potentiellement porteurs de maladies (on parle alors de porteurs sains...), mais parfois aussi certains commerçants peu scrupuleux n’hésitent pas à vendre des animaux explicitement malades, avec toutes les conséquences désastreuses qui en découlent. Certains magasins ont un personnel peu compétent et pas formé, incapable de distinguer un poisson malade d’un individu sain. Ils vont alors essayer de vous vendre de l’équipement et des médicaments dont vous n’avez pas réellement besoin. Votre meilleure défense est de vous armer de connaissances pour vous permettre de pouvoir évaluer leurs conseils. Certains "trucs" pour détecter les magasins "recommandables" peuvent être trouvés dans la partie "Bien acheter".

Le résumé ci-dessus tient lieu d’aide mémoire des principes aquariophiles. Chacun de ces sujets (et beaucoup d’autres) sont développés dans d’autres parties de la FAQ.

Combien de temps faut-il pour s’occuper d’un aquarium ?
Pour un aquarium de 60 litres, une fois qu’il a été mis en route, il faut vous attendre à passer environ 30 minutes chaque semaine pour effectuer les changements d’eau partiels, nettoyage du bac, etc. Si cela vous paraît être trop de travail, NE COMMENCEZ PAS ! Vous devrez également passer quelques minutes une à deux fois par jour pour nourrir les poissons. Et bien sûr, vous perdrez beaucoup de temps à regarder votre bac, mais c’est le but, non ?
Soyez prêt à passer de nombreuses heures à vous documenter avant d’acheter quoi que ce soit. Plus vous passerez de temps AVANT d’acheter réellement l’aquarium, mieux se passeront les choses. Rendez vous dans plusieurs magasins d’animaux de compagnie pour en trouver un valable. Visitez les plusieurs fois. Procurez-vous des livres pour débutants, lisez cette FAQ plusieurs fois et les sites et forums aquariophiles.

La plupart des gens qui se sentent frustrés par leur aquarium, ont trop souvent fait des erreurs évitables et ils ne s’en sortent pas... La meilleure façon pour que cela ne vous arrive pas, est de lire et relire AVANT de mettre votre premier poisson dans votre bac. Si votre bac est déjà démarré, eh bien lisez et relisez quand même ! Une des choses beaucoup plus désespérante que de lire la FAQ, est de voir vos poissons mourir en étant totalement impuissant.

Souvenez-vous que la plupart des problèmes qui surviennent dans un aquarium peuvent facilement être évités, mais sont difficiles à résoudre après coup.

Pour plagier un scientifique de renom : "Dans un aquarium les choses bien arrivent lentement, pas les catastrophes"

Lio

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Le matériel

Où acheter le matériel
De nombreux magasins aquariophiles et grandes surfaces vendent des aquariums en kit contenant "tout ce qu’il faut". Cependant, un acheteur attentif regardera ce que le kit contient... Les offres varient d’un magasin à l’autre et certaines sont mieux adaptées que d’autres. Soyez très prudent en ce qui concerne le matériel proposé, souvent obsolète et sous dimensionné (pompes bruyantes, chauffe-eau bon marché, etc.).

Les brocantes et ventes d’occasion permettent souvent de débuter à bas prix. Attention cependant : vérifiez l’aquarium afin de détecter d’éventuelles fêlures ou des rayures. Bien qu’une vitre cassée puisse être changée, ça n’en vaut pas la peine pour un débutant, le travail étant assez délicat. N’achetez pas de cuve rayée ; les algues poussent dans les rayures ce qui rend le bac disgracieux. Evitez le matériel trop ancien, qui risque de ne plus fonctionner correctement.

Avant de mettre en place l’aquarium (et tout particulièrement dans le cas d’une cuve d’occasion), vérifiez qu’il ne présente pas de fuites. Remplissez-le dehors et laissez-le ainsi pendant une semaine. Une fuite dans votre garage est toujours moins préjudiciable que dans votre séjour.

Pour nettoyer la cuve, N’UTILISEZ AUCUN savon, ni détergent. Utilisez seulement de l’eau. Si vous voulez stériliser la cuve, le gravier, ou tout autre chose, nettoyez le tout avec une solution diluée d’eau de javel ou d’eau oxygénée (utilisez de l’eau de javel pure, et non de l’eau de javel contenant des additifs). Rincez le tout avec de l’eau propre, et laissez sécher. Le gravier peut également être stérilisé par ébullition.

Pour enlever les traces de calcaire, utilisez du vinaigre blanc.

Matériel  : ce qui est indispensable, ce qui ne l’est pas
Quantité d’articles pour aquarium sont disponibles dans les magasins spécialisés. Certains sont essentiels, d’autres sont utiles dans certains cas particuliers, et certains sont complètements inutiles (bien que certains vendeurs prétendent le contraire). La liste ci-dessous propose ce qui semble être incontournable.

La cuve
Les cuves d’aquarium existent sous diverses formes et tailles, mais il n’en existe que 2 types dans le commerce : le verre et l’acrylique. Vous vous tournerez probablement vers un bac en verre, plus classique et pas cher.

La taille et la forme de la cuve sont laissées à votre libre appréciation. Il faut tout de même avoir à l’esprit les points suivants :

Contrairement à ce qu’on peut imaginer, les aquariums de grande taille ne demandent pas plus de travail ni d’entretien que les plus petits. En particulier, il est plus facile de maintenir une chimie de l’eau stable dans un grand bac que dans un petit (moins il y a d’eau, plus une modification d’un paramètre se fait ressentir en concentration). En dessous de 100 litres, on considère qu’il s’agit d’un petit bac !

Le travail de maintenance ne demande pas deux fois plus de travail pour un bac deux fois plus grand. Par exemple, un changement d’eau partiel régulier pour un grand bac va demander un seau d’eau de plus que pour un plus petit bac, ce qui ne signifie pas deux fois plus de travail, puisque vous avez déjà le seau et le siphon prêts, vos mains sont mouillées, etc...

Il est très probable que vous apprécierez vos poissons et que vous désirerez en avoir plus. Un aquarium plus grand pourra accueillir plus de poissons sans risque. En effet, un "petit" aquarium de 54 litres ne doit pas accueillir plus d’une douzaine de poissons de petite taille.

Il faut cependant noter que le nombre de poissons que peut accueillir un aquarium ne dépend pas seulement de son volume, mais aussi de sa forme. Par exemple, certains poissons passent toute leur vie au fond de l’eau, sur le sol. Doubler la contenance de votre aquarium ne permettra pas d’héberger deux fois plus de poissons de fond. La surface est un facteur très important et parfois même plus fiable pour déterminer la quantité de poissons qu’il pourra recevoir.

Lorsque cela est possible, commencez avec une cuve de 80 litres plutôt que de 40. Un bac de 96 litres (80 cm de long) constitue un excellent bac de démarrage. Évitez les bacs de moins de 40 litres. Ils sont tout simplement trop petits pour assurer un équilibre biologique. Bien que beaucoup de magasins en vendent, la boule pour poisson rouge de 5-10 litres est parfaitement inadaptée, même pour un seul poisson. En fait, la règle est assez simple : choisissez un bac aussi grand que votre budget et la place disponible vous le permet.

Axiome numéro 1 de l’aquariophile : Un aquarium est toujours trop petit ! ©Véronique

Le Chauffe-eau
Si vous voulez conserver des poissons tropicaux, vous aurez besoin d’un chauffe-eau. Celui-ci permet d’assurer une température minimale, et ce tout au long de la journée ainsi que la nuit. Pour la plupart des poissons tropicaux, une température de 26°C est idéale.

Il existe deux catégories principales de chauffe-eau. Les combinés chauffant submersibles sont entièrement immergés. Un autre type, plus ancien, possède une partie immergée qui contient la résistance et une partie dont la tête doit rester émergée, laissant la molette de réglage hors de l’eau. Les modèles entièrement immergeables sont à préférer ; ils peuvent être placés horizontalement au fond d’un aquarium. Cette position aide à maintenir la température uniforme et empêche le chauffe-eau d’être exposé à l’air lors des changements d’eau. Avec le modèle classique, il faut penser à débrancher le chauffage lors des changements d’eau, car si la résistance est placée hors de l’eau, sa température peut s’élever et lorsqu’elle est replacée dans l’eau, elle risque de casser (par choc thermique).

Généralement un seul chauffe-eau d’environ 1 watt par litre suffit, pour des bacs jusqu’à 300 litres. Souvenez-vous, le chauffe-eau doit pouvoir maintenir la température de l’eau à une valeur identique, et ce quelle que soit la température de la pièce.

Les chauffe-eau (en particulier ceux qui sont bon marché) tombent en panne. La plupart du temps, le contacteur bilame qui commande la résistance reste collé. S’il reste collé en position marche, votre bac peut atteindre des températures très élevées. Pour minimiser les risques, éviter donc les chauffe-eau de puissance surdimensionnée. Et pour limiter les risques de désastre en hiver, utilisez plutôt deux petits chauffe-eau à la place d’un modèle plus puissant. De cette manière, si l’un d’entre eux tombe en panne, les conséquences seront moins désastreuses.

Le Thermomètre
Vous aurez besoin d’un thermomètre pour vérifier que votre bac reste à la bonne température. Il en existe plusieurs types. Le premier est le modèle immergé traditionnel en verre. Le second est tout plat et se colle à l’extérieur du bac contre une vitre. Les cristaux liquides qui le composent rendent compte de la température, la lecture est aisée.

Les thermomètres pour aquariums sont souvent peu fiables (regardez ceux qui sont présentés dans les magasins, ils devraient tous indiquer la même température, ce qui est loin d’être le cas). Aussi, lorsque vous achetez un thermomètre, prenez-en un qui indique une température moyenne par rapport à ses voisins.

Il existe enfin des thermomètres électroniques, munis d’une sonde placée dans l’aquarium. Leur lecture est très aisée et leur précision supérieure à celle des autres modèles. Seule ombre au tableau, ils coûtent beaucoup plus cher que les deux modèles précédemment cités.

Les Filtres
Il existe trois grands types de principe de filtration : biologique, mécanique et chimique.

- La filtration biologique décompose l’ammoniaque toxique que produisent les poissons. Tous les aquariums DOIVENT posséder une filtration biologique ; c’est la filtration la plus économique, la plus efficace et le meilleur moyen d’éviter l’accumulation de produits azotés dangereux.

- La filtration mécanique collecte les particules telles que les débris de feuilles, la nourriture non consommée, etc. ce qui permet de les supprimer du bac avant qu’ils ne se décomposent.

- La filtration chimique (charbon actif, zéolite, etc.) peut aider à éliminer (dans une certaine limite) des substances azotées, les métaux lourds, les composés organiques dissous, etc. par action chimique ("absorption" ou "résines échangeuses d’ions").

La filtration chimique est surtout utilisée pour traiter des problèmes ponctuels, tels que l’élimination de médicaments après traitement ou la purification de l’eau de conduite. Un bac en bonne santé N’A PAS BESOIN de filtration chimique, donc pas besoin de charbon !

Le point essentiel : tout bac contenant des poissons doit posséder une filtration biologique. La filtration chimique n’est pas une solution.

La plupart des filtres classiques combinent ces différents modes d’action en série suivant le sens de passage de l’eau. La filtration mécanique vient en premier, capturant les particules qui risqueraient de boucher le système de filtration. La filtration biologique vient généralement après, suivie parfois d’une filtration chimique.

Il n’existe pas de filtres sans entretien. Si les débris s’accumulent dans la partie mécanique, ils vont se décomposer, annulant l’effet bénéfique initial. De la même manière, l’efficacité d’un filtre biologique diminue en se bouchant. La filtration biologique nécessite que l’eau traverse une grande surface sur laquelle les bactéries se développent (les "nouilles" en céramique, ou la pouzzolane, par exemple). Plus la surface diminue, plus l’efficacité baisse. Les filtres extérieurs sont nettoyés en rinçant les masses filtrantes dans un seau d’eau provenant de l’aquarium ( l’eau de conduite risquant de tuer les bonnes bactéries si elle contient trop de chlore).

Il n’y a pas de formule magique pour calculer la taille que doit avoir un filtre. Lisez les notices des fabricants et prévoyez large. Vous ne risquez pas de trop filtrer (vous aurez seulement trop de mouvement d’eau) ; filtrez trop plutôt que pas assez. Pensez aussi que la puissance du filtre est toujours indiquée pour un filtre vide : une fois rempli de mousses ou de granulés, son débit diminue de moitié environ !

La filtration biologique n’est pas toujours obligatoire, dans des bacs avec des changement d’eau très importants, une filtration mécanique peut suffire. Dans des petits bacs, on a pas toujours la place pour installer une filtration biologique.

Le sol, sable ou gravier
Le gravier a trois grandes fonctions. Premièrement, il décore, rendant votre bac plus attrayant. Deuxièmement, il joue un rôle essentiel de support de filtration (les bactéries s’y fixent). Troisièmement, dans les bacs plantés, il sert de substrat aux racines des plantes.

Le sable est aussi trés important pour certaines espèces de poissons fouisseurs, terrassiers (pour la reproduction par exemple), ou ayant certaines habitudes alimentaires (Geophagus par exemple). 2-4 mm est peut être une bonne granulométrie pour les plantes, mais pour les poissons elle doit s’adapter à ce que l’on maintient.

La couleur et la granulométrie sont laissées à votre libre choix. Il faut savoir que les sols de couleur foncée mettent en valeur les couleurs des poissons mais qu’ils absorbent beaucoup la lumière et que certains poissons présentent des teintes plus sombres, les Discus par exemple.

Le gravier pour aquarium est généralement conditionné en sac plastique. Il coûte souvent assez cher. Il peut également être acheté à des prix beaucoup plus intéressants dans des magasins de matériaux de construction. Cependant, il est alors généralement de granulométrie trop importante et de couleur claire. Le sable pour filtration de piscine peut également être utilisé. La granulométrie idéale est de 2-4 mm.

Il faut savoir que tous les graviers ne sont pas inertes. Les sables de coraux et de coquillages relâcheront par dissolution des carbonates dans l’aquarium, augmentant du même coup le pouvoir tampon. Lorsqu’on désire garder des Cichlidés des grands lacs africains, cela peut-être souhaitable. Mais dans la plupart des autre cas, il vaut mieux éviter que le gravier modifie la chimie de l’eau. Attention donc de ne pas choisir un sable calcaire pour mettre dans un aquarium d’eau douce et acide, type biotope amazonien.

Pour effectuer un test rapide, déposez une goutte d’acide (par exemple du vinaigre) sur le gravier en question. S’il se met à produire de la mousse ou des bulles, le gravier contient du calcaire. Pour être absolument sûr, remplissez un seau de gravier avec de l’eau et mesurez le pH et la dureté après une période d’une semaine. S’ils sont restés stables, le gravier est sans danger pour votre usage.

Lorsque le gravier est utilisé pour la première fois, il doit être lavé à fond. Il suffit pour cela de le rincer abondamment à l’eau courante jusqu’à ce que celle-ci devienne claire (l’eau du robinet convient parfaitement). Par exemple, placez le gravier dans un seau, remplissez-le avec de l’eau, et brassez le gravier dans le seau. Égouttez l’eau et répéter l’opération jusqu’à ce que l’eau reste claire. Avant d’utiliser un gravier d’origine inconnue, mieux vaut (par précaution) le faire bouillir pendant 15 minutes pour tuer les bactéries indésirables.

Racines et autres décorations
Vous pouvez tout mettre dans un aquarium pour peu que les éléments concernés soient inertes, c’est-à-dire qu’ils ne libèrent aucun produit chimique dans l’eau. La plupart des matières plastiques sont inertes, ainsi que le verre et la céramique.

Le bois peut relâcher des substances dans l’eau, modifiant du même coup le pH de manière dangereuse. Les racines relâchent souvent des tannins et autres acides humiques, adoucissant l’eau et abaissant le pH. L’eau peut également se colorer en une teinte jaune thé. La coloration est sans danger et peut être estompée en filtrant sur charbon actif.

Si vous utilisez du bois que vous avez trouvé, faites le bouillir longuement pour tuer tout agent pathogène éventuel. Si vous le faite bouillir, il sera également plus facile de le faire couler.

Pour empêcher la racine de flotter, vous pouvez accrocher cette dernière avec une pierre (ou une plaque de verre) en employant du fil de pêche.La pierre (ou la plaque de verre) sera enterrée dans le gravier.

La galerie et l’éclairage
Vous voudrez équiper votre bac d’un éclairage et peut-être d’un couvercle. Un couvercle empêche les poissons de sauter hors du bac et diminue l’évaporation ainsi que les variations de température du bac. Un bon couvercle ferme efficacement le bac (excepté une ouverture pour laisser passer les fils du chauffe-eau et du filtre). Vous devez veiller à minimiser l’évaporation. Elle peut en effet accroître de façon significative l’humidité de la pièce et il vous faudra compenser l’évaporation une ou deux fois par semaine, par un ajout d’eau osmosée.

Il y a deux styles de galeries. Les galeries complètes combinent la lumière et le couvercle en un seul ensemble et comprennent 1 ou 2 tubes fluorescents, qui suffisent pour les poissons, mais qui sont presque toujours insuffisants pour la croissance des plantes. Le couvercle composé de deux bandes de verre est très simple, mais il ne constitue pas un éclairage. Une source lumineuse est alors placée par dessus. Ceci permet de changer la puissance d’éclairement sans avoir à changer le couvercle tout entier (surcoût qui serait inutile) lorsque le besoin s’en fait sentir.

L’éclairage a deux fonctions  : il met en valeur les couleurs des poissons et fournit l’énergie pour les plantes. Malheureusement, les deux types de lumière nécessaires sont peu compatibles. Si vous voulez conserver des plantes, il vous faudra plus de lumière, et un bon spectre lumineux des tubes fluorescents devient alors indispensable.

Pour faire grandir des plantes, les tubes fluorescents sont un bon choix. Les lampes à incandescence produisent beaucoup de chaleur et surchauffent l’aquarium en été. Les tubes fluorescents sont plus froids et sont plus économiques pour la même production de lumière. En été, ils peuvent néanmoins conduire à une surchauffe du bac, si votre maison est déjà chaude.

Malheureusement, la lumière fait pousser autant les algues que les plantes. Si un aquarium sans plantes est bien éclairé, il est vite envahi d’algues. C’est pour cela qu’un bac sans plantes ne doit pas être éclairé de la même manière qu’un bac qui doit en accueillir. Deux composantes de la lumière sont à considérer. La puissance et le spectre. Les plantes nécessitent une lumière intense et certaines parties du spectre lumineux entraînent une croissance plus forte que d’autres.

Il existe différents types de tubes qui émettent des lumières de qualité spectrales différentes. Les tubes nommés tubes de spectres solaires (daylight) essayent de reproduire le rayonnement du soleil. Ils sont intéressants à la fois pour la croissance des plantes et pour faire ressortir les couleurs naturelles des poissons. Les tubes c##çus spécialement pour les plantes (par exemple GroLux, etc.) produisent tout particulièrement une lumière composée de longueurs d’ondes qui stimulent la croissance des plantes. mais aussi celle des algues !!

De tels éclairages permettent une bonne croissance des plantes (et des algues) mais les poissons ne sont pas bien mis en valeur car la lumière n’a pas un spectre normal, proche de celui du soleil. La lumière produite par les néons blancs standards a été c##çue pour les êtres humains (dans les bureaux sans fenêtres). Elle ne permet ni la croissance des plantes, ni de faire ressortir les couleurs naturelles des poissons. Pour énoncer une règle rapide, il faut de 1 à 2 watts par litre d’éclairage adapté pour les plantes ; pour les aquariums ne contenant que des poissons, utilisez moins d’un 1 watt par litre et évitez l’utilisation de néons spéciaux pour les plantes.

Pour un petit bac de moins de 20 litres (destiné au Betta ou aux crevettes par exemple), une simple lampe de bureau est suffisante

Pour un bac sans plantes, un bon éclairage n’est pas vraiment nécessaire :ON peut très bine ne mettre qu’un ou deux néons, juste pour bien voir les poissons et n’avoir qu’1W pour 5 ou 10 litre. On peut même ne pas éclairer du tout certains bacs de repro par exemple.

Les pompes à air
La pompe à air envoie des bulles d’air dans l’aquarium. Elle remplit trois fonctions.

- Premièrement, certains considèrent qu’elle sert de décoration avec ses bulles.

- Deuxièmement, grâce au brassage, elle contribue au brassage donc à l’aération et la bonne oxygénation de l’aquarium. Elle n’est pas indispensable pour remplir cette fonction tant qu’un mouvement d’eau suffisant est assuré en surface. C’est généralement le cas si vous orientez la sortie du filtre vers la surface de l’eau pour créer un remous. Attention la pompe n’envoie pas d’oxygène dans le bac mais seulement de l’air... ( qui ne contient que 20% environ d’oxygène..)

- Troisièmement, la pompe à air peut être utilisée pour alimenter un exhausteur, afin d’extraire l’eau d’un système de filtration. C’est le cas de certains anciens filtres sous sable et des petits filtres à mousse, qu’on emploie souvent dans des petits bacs d’élevage.

En conclusion, la pompe à air n’est pas utile pour peu que votre aquarium possède une bonne circulation d’eau et un bon brassage en surface.

Le support
Vous aurez besoin d’un support adapté pour accueillir votre bac. Celui-ci peut ne pas avoir été spécialement c##çu pour recevoir un aquarium (exemple d’un meuble). Par contre, il doit pouvoir supporter le poids du bac. Quand celui est rempli d’eau, il pèse très lourd.

Si votre appartement est vieux ou pas très robuste, prenez soin de placer l’aquarium près d’un mur porteur. Plus le piètement de votre support est d’une surface élevée, moins la force exercée au sol par unité de surface est élevée. Évitez d’avoir des piètements qui transpercent le sol ! Si vous projetez d’acquérir un grand bac (500 litres ou plus), soyez sûr que le sol lui-même peut supporter un tel poids. Pour les grands aquariums, essayez de placer le bac perpendiculairement aux poutres porteuses (afin que le poids soit distribué sur plusieurs poutres porteuses). Placez votre bac près d’un mur, c’est moins risqué que de le mettre au centre d’une pièce.

L’emplacement doit bien entendu être très horizontal. Ceci permet de mieux distribuer les charges et diminue les risques de casse. Pour permettre une parfaite distribution de la charge, il est nécessaire de placer entre le bac et son support une plaque de polystyrène expansé, sagex, d’une épaisseur d’au moins un centimètre, qui uniformise la portance et empêche les catastrophes engendrées par un simple grain de sable qui se serait glissé sous la vitre porteuse d’un bac.

Les plantes
Il existe deux "types" de plantes : les plantes naturelles et les plantes en plastique. Ces deux catégories contribuent à la décoration et constituent des cachettes pour les poissons. Les plantes en plastique sont faciles à garder (et pour cause !), mais elles se recouvrent rapidement d’algues. Cependant, il est tout à fait possible de faire pousser de vraies plantes dans un aquarium, bien que ce ne soit pas toujours facile (les plantes ont des besoins spécifiques en ce qui concerne la lumière et le sol). Si vous souhaitez placer de vraies plantes dans votre aquarium, consultez le GDBP (Guide du Débutant en Bacs Plantés) avant d’acheter l’aquarium et surtout sa galerie.

Matériel d’entretien divers
Le siphonnage est la meilleure solution pour enlever ou ajouter de l’eau dans un aquarium. Pour les grands bacs, l’utilisation d’un tuyau d’arrosage peut permettre de se passer d’un récipient, en siphonnant directement l’eau dans un évier ou dans le jardin. Lorsque l’on siphonne de l’eau, il est souhaitable d’en profiter pour nettoyer (par aspiration) le gravier. De nombreux tuyaux pour changement d’eau sont disponibles dans les magasins spécialisés et ils comportent un dispositif permettant de nettoyer le gravier. Il vaut mieux éviter de remuer le sable, et faire attention de n’aspirer que les déchets posés sur la surface, pour éviter de remettre des matières à demi-décomposées en suspension. Remarque : l’eau sale que vous enlevez contient des nitrates et constitue donc un excellent engrais pour les plantes d’intérieur.

Pour éliminer les algues, qui s’incrustent sur les vitres vous pouvez utiliser une carte téléphonique usagée. Il suffit de gratter la vitre avec cette carte. Si votre cuve est en acrylique, évitez les tampons abrasifs trop durs, qui risqueraient de rayer le plastique.

Certaines algues à croissance lente ne peuvent être enlevées par ces moyens, à moins d’être très patient. Dans ce cas, une lame de rasoir est plus efficace. Vous pouvez acheter dans votre magasin préféré une lame de rasoir placée sur un manche, et dont l’autre extrémité sert de plantoir. Attention, la lame de rasoir aussi peut rayer !

Les aimants de nettoyage peuvent également être utiles pour éliminer les algues des vitres. Une partie abrasive est maintenue en place dans l’aquarium par son vis-à-vis aimanté à l’extérieur du bac. En déplaçant le bloc extérieur, on gratte l’intérieur. Vous n’aurez même plus besoin de vous mouiller ! Les meilleurs aimants ont une force magnétique très importante (ils sont plus gros) et fonctionnent mieux dans les petits bacs, dont les vitres sont moins épaisses. Attention de ne pas attraper des grains de sable qui rayeront les vitres.

Une brosse à dents usagée est très pratique pour éliminer les algues sur le décor, à l’intérieur d’un tube ou pour éliminer les algues filamenteuses.

Un récipient pour les changements d’eau
Vous aurez besoin au minimum d’un seau pour ajouter de l’eau à l’aquarium et en enlever. Utilisez le modèle le plus grand que vous pouvez manipuler (20 litres pour les plus costauds) pour limiter le nombre d’aller-retour du point d’eau à l’aquarium. N’utilisez ce seau que pour l’aquarium et n’y mettez jamais aucun produit chimique. Pour la même raison, il est préférable d’en acheter un neuf à cet effet et de marquer dessus que c’est celui réservé aux poissons.

Une épuisette
Vous aurez besoin au minimum d’une épuisette ou de plusieurs de tailles différentes. Il est plus facile d’attraper un poisson en utilisant une épuisette pour pousser le poisson dans une autre épuisette. Les épuisettes à mailles fines sont plus difficiles à utiliser car elles offrent une grande résistance dans l’eau. La taille idéale dépend de la taille de vos poissons.

Note : la pêche à l’épuisette est stressante pour les poissons. De plus, l’épuisette gratte la fine couche protectrice de mucus que possèdent les poissons. Dans la mesure du possible, essayez d’attraper le poisson en le capturant dans un récipient placé dans l’aquarium, comme un pot à confiture (propre !).

Les kits de test
Vous voudrez probablement acheter un de ces kits de test pour l’eau afin de pouvoir mesurer certains paramètres comme les nitrites. Les kits proposés sont très nombreux, les conseils sont donc rassemblés dans une partie spécifique Les tests

Lio

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Bons magasins

Comme tous les commerces, les animaleries sont là pour gagner de l’argent. Malheureusement, certaines sont plus intéressées par les bénéfices qu’à vous vendre ce dont vous avez réellement besoin. En conséquence, un consommateur avisé se doit d’être prudent. Il vaut souvent mieux suivre les conseils gratuits donnés sur un forum sérieux, qu’écouter un marchand qui est d’abord là pour vendre...

Bien sûr, aucun magasin n’est parfait à 100% mais la différence entre une bonne et une mauvaise animalerie peut être surprenante une fois que vous en aurez visité plusieurs. Visitez un magasin à plusieurs reprises, et ne vous basez pas sur une seule première impression. Si les mauvaises expériences se reproduisent plusieurs fois (poissons morts, bacs en traitement, algues variées...), alors trouvez une autre boutique.

Essayez d’y aller en semaine, les vendeurs sont en général plus disponibles que le week-end.

Les points suivants distinguent un magasin de bonne réputation d’un autre que vous devrez éviter.

Si les poissons n’ont pas l’air vigoureux dans le magasin, il y a de bonnes chances qu’ils ne survivent pas longtemps une fois chez vous. Ils peuvent déjà avoir été stressés au delà de toute récupération.

Les aquariums d’un magasin doivent être propres et les poissons doivent avoir l’air en bonne santé et non stressés (nageoires déployées, belles couleurs, poissons actifs, etc.).
Le bac ne doit pas être trop surpeuplé et adapté à la taille de ses hôtes. Les poissons morts sont-ils enlevés rapidement ? Toutes les animaleries auront des décès dans leurs bacs ; les bonnes les enlèveront rapidement (les poissons couverts de moisissures ou à demi dévorés sont probablement morts depuis un bon bout de temps).
Les poissons montrent-ils des signes de maladies telles que des points blancs ? Une bonne animalerie ne vous vendra AUCUN poisson d’un bac où il y a des points blancs, même si le poisson que vous voulez acheter semblent être en bonne santé.
Des poissons incompatibles (eau dure/eau très douce, Black molly avec des Ramirezi...) sont-ils gardés dans le même bac ? Si oui, comment pouvez-vous avoir confiance dans les conseils qu’ils pourront vous donner concernant la cohabitation dans votre aquarium ?
Vérifiez la politique de retour du magasin. Un bon magasin vous remboursera entièrement un poisson mort en quelques jours, à condition que vous leur apportiez un échantillon d’eau pour qu’ils puissent vérifier les paramètres.
Les vendeurs savent-ils de quoi ils parlent ? Un bon vendeur vous posera des questions sur votre aquarium (taille, population, etc.) de façon à vérifier que le poisson que vous voulez acheter sera adapté à votre bac. Un mauvais vendeur vous vendra tout ce que vous voulez, il sera bien trop heureux de vous vendre d’autres poissons plus tard, après que des espèces incompatibles se seront entre-tuées.
Pour les aquariophiles débutants, une bonne animalerie prendra le temps de vous expliquer le cycle de l’azote, et vous avertira de surseoir à l’achat de vos poissons jusqu’à ce que votre bac soit stabilisé. Une mauvaise ne vous mentionnera pas le cycle de l’azote, jusqu’à ce que vous y retourniez quelques jours plus tard en vous demandant pourquoi vos poissons sont morts ! Alors ils pourront vous vendre d’autres poissons, et peut-être même des "bactéries dénitrifiantes" pour aller avec ! Et des médicaments pour soigner les malades...

Posez beaucoup de questions. Méfiez-vous des réponses vagues ; elles sont le signe que le vendeur ne connaît pas la réponse (ou ne veut pas la chercher), ou pire...

Vous aimez ce mignon petit Oscar ? Un bon magasin vous avertira que l’Oscar devient très gros, et vérifiera la taille de votre aquarium et qu’aucun de ses habitants ne sera mangé par l’Oscar. Un mauvais vendeur restera muet.

Soyez prudent quant à l’ajout de médicaments dans votre bac ; la plupart du temps ils sont inutiles et souvent même toxiques ! Un bon magasin vous demandera d’abord les paramètres de votre eau, vérifiera que le cycle de l’azote est stabilisé et suggérera des changements d’eau. Ils ne vous recommanderont des médicaments seulement s’ils peuvent identifier la maladie. Le mauvais magasin vous encouragera à acheter des médicaments sans savoir si ceux-ci seront utiles pour combattre votre problème spécifique. Un bon magasin vous demandera quels poissons vous avez dans votre bac car certains médicaments sont toxiques pour certaines espèces (les poissons sans écailles = Corydoras, Botias... sont hyper-sensibles aux produits chimiques). Le mauvais vous laissera le découvrir à vos dépens.
En règle (très) générale, les magasins qui se spécialisent dans l’aquariophilie sont meilleurs que les jardineries qui ne vendent des poissons que comme activité complémentaire. Dans le premier cas, le "mauvais" magasin ne fera pas d’argent à long terme (ils ne peuvent tromper le client qu’une fois ou deux) et feront éventuellement faillite. Dans l’autre cas, le département des poissons pourra coûter beaucoup d’argent, mais rester ouvert car le reste du magasin (c’est-à-dire la vente animale en général) est profitable. Bien sûr il y a des exceptions.
Finalement acheter un poisson au plus bas prix n’est pas forcément une bonne affaire. Ça vaut la peine de payer un peu plus pour un poisson en bonne santé. Un poisson malade peut infecter toute la population de votre aquarium ou mourir rapidement après son achat.
Cela vous semble t-il plus clair ? Un bon magasin connaît bien les produits qu’il vend et prendra le temps d’être sûr que le client fait un achat qui le satisfera à long terme. Il désire vous avoir comme client régulier. Un mauvais magasin vous encouragera (ou ne vous découragera pas) à acheter quelque chose dont vous n’avez pas besoin.

Lio

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Préparation de l’eau

L’eau de conduite
La plupart des gens utilisent l’eau du robinet dans leurs bacs, c’est économique et facile. Malheureusement (pour les aquariophiles), les différentes compagnies des eaux locales ajoutent des agents chimiques afin de rendre celle-ci propre à la consommation (ex. : du chlore ou de la Javel pour éliminer les bactéries). Plus récemment, la présence de certaines substances dans les canalisations les plus anciennes a entraîné l’adjonction d’agents chimiques afin d’augmenter le pH de l’eau (en effet, ces substances se dissolvent moins rapidement dans une eau alcaline). Par conséquent, l’eau de ville doit être spécifiquement traitée avant son utilisation dans un aquarium.

L’autre problème concerne la variation des propriétés chimiques de nos eaux au fil des saisons. Certaines localités n’ont pas assez d’eau, ce qui les oblige à utiliser celle des régions voisines durant les périodes de sécheresse. Si cette eau a des propriétés chimiques différentes comme la dureté, l’eau de votre robinet se trouvera alors modifiée de façon plus ou moins importante. Pour prendre un autre exemple, la concentration de bactéries est un problème plus important durant l’été, surtout dans les régions chaudes. De ce fait, il n’est pas rare de voir les compagnies des eaux utiliser plus de chlore durant les mois d’été. Les facteurs locaux tels que le climat peuvent aussi avoir leurs rôles ; d’importantes précipitations peuvent diminuer la dureté de l’eau, tout en remplissant les réserves locales.

En général, ce sont le chlore et la Javel qui posent le plus de problèmes. Il est important de noter que ces deux substances sont très différentes l’une de l’autre. Il convient de connaître "son eau du robinet" et de traiter celle-ci de façon appropriée.

Le chlore
En France, les recommandations sont telles que l’eau de tous les robinets doit avoir une certaine concentration en chlore, ce qui limite la concentration des bactéries. Etant donné que la concentration de chlore diminue avec le temps, celle-ci sera plus basse chez vous qu’à la sortie de l’usine de traitement des eaux. De ce fait, la concentration au niveau de votre robinet dépend de la quantité initialement ajoutée, de la longueur du trajet dans les canalisations et du temps passé à l’intérieur de celles-ci.

Des concentrations élevées en chlore sont mortelles pour les poissons ; à des concentrations plus basses, cela peut les stresser et endommager leurs branchies. Des concentrations aussi faibles que 0,2 à 0,3 ppm peuvent entraîner la mort de nombreux poissons. Heureusement, le chlore est facilement éliminé de l’eau par un simple brassage à l’aide d’une pompe à air. Beaucoup de produits dits "traitement de l’eau" sont vendus pour "rendre l’eau du robinet saine". Lisez les étiquettes avec attention.

Le chlore est relativement instable dans l’eau, puisqu’il s’évapore spontanément dans l’atmosphère. De l’eau laissée dans un bac avec une circulation suffisante (filtre ou aérateur) sera débarrassée de son chlore en moins de 24 heures.

Certains disent qu’ils changent partiellement l’eau de leurs bacs de façon régulière sans jamais utiliser de traitement préventif. Gardez à l’esprit que même si les poissons ne semblent pas affectés, cela ne veut pas dire qu’ils ne subissent aucun stress. Ce dernier dépend de la quantité de chlore apportée dans le bac, de nombreux facteurs ayant alors leur importance (notamment le pourcentage d’eau neuve ajoutée). Le coût des produits neutralisateurs de chlore (peu chers à l’usage) doit nous entraîner à les utiliser de façon systématique.

La Javel
L’utilisation du chlore dans le traitement de l’eau pose un problème, il s’évapore relativement vite. Beaucoup d’usines de traitement ont remplacé le chlore par l’eau de Javel. La Javel contient du chlore et de l’ammoniaque, ce qui rend l’ensemble beaucoup plus stable.

La Javel pose deux problèmes à l’aquariophile : Le premier est que les agents neutralisants tels que le thiosulfate de sodium ne s’attaquent qu’à la molécule de chlore et négligent l’ammoniaque. Les conséquences peuvent être dévastatrices pour les poissons. Bien qu’un filtre biologique efficace puisse convertir l’ammoniaque en nitrates, le temps nécessaire sera supérieur à ce que peuvent supporter les poissons.

Le deuxième problème est relatif aux changements d’eau. En effet, ceux-ci sont effectués dans le but de diminuer la concentration en nitrates, ce qui sera alors dénuée de sens si l’eau de renouvellement contient de l’ammoniaque. Heureusement, la concentration est relativement basse dans l’eau du robinet (1 ou 2 ppm) ; vous avez sûrement des concentrations en nitrates plus élevées dans votre bac.

La Javel peut être facilement neutralisée par des produits du commerce comme l’Aquasafe...

Une autre méthode pour neutraliser la Javel est d’utiliser une eau ayant déjà subi une filtration biologique. Vous pouvez par exemple vous procurer un jerricane que vous remplirez d’eau de conduite déchlorée et auquel vous brancherez un filtre biologique. Comme dans votre bac, l’ammoniaque sera transformé en nitrates, et vous pourrez alors utiliser cette eau.

L’ammoniaque peut aussi être éliminé en filtrant l’eau à travers de la zéolite ou du charbon actif, avant de l’utiliser pour votre bac.

Autres impuretés
En plus des agents décrits ci-dessus (chlore et Javel), l’eau de conduite peut contenir d’autres éléments que les aquariophiles doivent identifier. Dans certaines régions agricoles, l’eau contient des nitrates. Dans d’autres, la concentration en phosphates est élevée. Les problèmes d’algues sont souvent lié à une teneur trop élevée en phosphates, et toute stratégie contre ces dernières ne peut être mise en place qu’après en avoir diminué les concentrations. Consultez le chapitre algues de cette FAQ pour de plus amples détails.

Connaître les caractéristiques de votre eau de conduite.
La question posée est "qui le sait" ? Le magasin spécialisé en aquariophilie résidant dans le même coin devrait être capable de vous renseigner. Vous pouvez aussi contacter le service des eaux de votre localité. Précisez leur que vous êtes un aquariophile et que vous désirez connaître le pH, le GH et le KH de votre eau. Demandez si ces caractéristiques sont susceptibles de varier d’un mois à l’autre. Les mairies répondent volontiers (en France, l’affichage des mesures régulières de la qualité de l’eau est obligatoire, et ce, sur les panneaux d’informations situés à l’extérieur de la mairie afin d’être consultable à tout moment par chacun).

L’eau adaptée
Vous pouvez aussi utiliser de l’eau de source. Un des avantages est que vous n’avez pas à vous préoccuper du chlore et de la Javel. D’un autre côté, ces eaux sont souvent plus dures. La seule façon de connaître sa composition est de réaliser les tests vous même.

Un autre problème lié à l’utilisation de ces eaux est qu’elles contiennent souvent de hautes concentrations de gaz dissous. Les eaux ayant un pH bas sont souvent sursaturée en CO2. Au fur et à mesure que celui-ci va s’éliminer, le pH va augmenter. Les poissons sont sensibles à ces fluctuations. Pour éviter cela, il convient d’aérer l’eau plusieurs heures avant de l’utiliser.

Lio

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Le cycle de l’azote
 

Qu’est-ce que le cycle de l’azote ?
Comme toutes les créatures vivantes, les poissons rejettent des déchets. Ces produits azotés sont décomposés en ammoniaque (NH3), qui est très toxique pour la plupart des poissons. Dans la nature, le volume d’eau par poisson est très élevé, et les déchets sont dilués à des concentrations très faibles. Dans les aquariums, quelques heures peuvent suffire pour que leurs concentrations atteignent des doses toxiques.

Qu’est-ce qu’une concentration trop élevée ? Une réponse rapide est que si un test est capable de mesurer des nitrites, c’est qu’il y en a trop ! Envisagez alors une action d’urgence (changements d’eau) pour diminuer les risques (des informations supplémentaires sur la toxicité des nitrites se trouvent plus loin dans ce document).

En langage aquariophile, le "cycle de l’azote" (plus précisément, le cycle de la nitrification) est le nom donné au processus biologique qui convertit les nitrites en d’autres composés azotés, relativement moins dangereux. Heureusement, plusieurs espèces de bactéries font cette conversion pour nous. En particulier, les espèces du genre Nitrosomonas convertissent l’ammoniaque (NH3) en nitrite (N02-), tandis que les espèces du genre Nitrobacter convertissent les nitrites en nitrates (NO3-). Aussi, la mise en place du cycle de l’azote se réfère à l’établissement des colonies de bactéries dans le filtre qui convertiront l’ammoniaque en nitrites, puis en nitrates.

Les espèces de bactéries nécessaires sont présentes partout (dans l’air par exemple). Aussi, dès lors que vous avez une source d’ammoniaque dans votre bac, ce n’est qu’une question de temps pour que les bactéries voulues se développent dans le filtre. Le moyen le plus simple pour provoquer cela est de de mettre dans le bac une pincée de nourriture en paillette ou quelques granulés 1 à 2 fois par semaine.

Lors de l’établissement du cycle, le taux d’ammoniaque va monter puis chuter lorsque les bactéries nitrifiantes vont se développer. Le taux de nitrites va alors très vite atteindre un maximum car les bactéries dénitrifiantes ne se développent pas, tant que le taux de nitrites est faible. Le taux de nitrites continue donc à augmenter, résultat de la dégradation de l’ammoniaque continuellement produit. C’est seulement lorsque les bactéries qui dégradent les nitrites en nitrates se seront développées que le taux diminue, voyant celui des nitrates augmenter. Le cycle est alors établi.

Le cycle est réellement mis en place lorsque les nitrates sont produits et que les taux d’ammoniaque et de nitrites sont à zéro. Pour déterminer si le cycle est établit, procurez-vous le test approprié et mesurez vous mêmes régulièrement les taux. Vous pouvez également emporter un échantillon d’eau de l’aquarium dans un magasin qui fera le test pour vous. La mise en place du cycle prend généralement entre 3 et 6 semaines. Si la température est basse (moins de 20°C), cela peut prendre encore plus de temps. Les bactéries nitrifiantes, contrairement à de nombreuses autres espèces, croissent lentement. A titre d’exemple, et dans des conditions optimales, il leur faut 15 bonnes heures pour doubler leur population.

Il est parfois possible d’accélérer la mise en place du cycle. Certaines méthodes classiques sont expliquées plus loin.

Attention : RESISTEZ A LA TENTATION D’AJOUTER DES POISSONS AVANT QUE LE CYCLE SOIT PLEINEMENT ETABLI ! Plus de poissons, c’est plus d’ammoniaque produit qui va à court terme entraîner le stress et la mort probable de tous les poissons.

Une fois que le taux d’ammoniaque dépasse la concentration stressante voire toxique, le bac subit ce qu’on appelle le "syndrome du nouveau bac" ; l’aquarium n’a pas achevé la mise en place de son cycle et l’ammoniaque accumulé est devenu mortel pour les poissons.

Toxicité de l’ammoniaque ?
Dans un bac déjà équilibré, l’ammoniaque n’est pas un problème, il est indétectable au moyen des tests vendus dans le commerce. Si ce n’est pas le cas, cela signifie que le filtre ne fonctionne pas correctement, soit parce que le cycle n’est pas encore établi, soit parce que le filtre ne fonctionne pas de la manière souhaitée (trop petit pour la quantité de poissons, bouché, mal situé, etc.).

La concentration exacte à partir de laquelle elle devient toxique dépend de l’espèce de poisson ; certains étant plus tolérants que d’autres. De plus, d’autres facteurs tels la température et la chimie de l’eau jouent également un rôle. Par exemple, l’ammoniaque (NH3) est en équilibre avec l’ion ammonium (NH4+), et leurs concentrations relatives varient selon la température et le pH. L’ammoniaque est extrêmement toxique ; l’ion ammonium est presque sans danger. A haute température et avec pH supérieur à 7,5, la plupart de l’azote est sous forme d’ammoniaque, qui est toxique.

 

Limiter le stress des poissons lors de l’établissement du cycle
Puisque le taux de nitrites va être élevé durant la mise en place du cycle, il ne faut pas introduire rapidement les poissons, et si tel est malheureusement le cas, il faut très vite prendre des mesures pour éviter la mort des poissons. La méthode la plus simple est d’effectuer de gros changements d’eau, ce qui a pour effet de diluer l’ammoniaque à des concentrations supportables. Mais le plus simple est de ne pas introduire trop rapidement des poissons dans un bac récent. 3 à 4 semaines d’attente sont raisonnables.

Il est éventeullement possible d’utiliser certains produits commerciaux tel "aqua-safe" qui neutralisent la toxicité de l’ammoniaque. Ils ne suppriment pas l’ammoniaque mais neutralisent sa toxicité. La filtration biologique reste indispensable pour convertir l’ammoniaque neutralisé en nitrite et nitrate. L’ajout d’un tel produit neutralise instantanément l’ammoniaque produit par les poissons, mais permet au cycle de se mettre en place normalement. Il y a tout de même un effet secondaire non négligeable  : ces produits rendent les résultats des tests chimiques faux, rendant difficile la détection de la mise en place effective du cycle

 

Accélérer la mise en place du cycle
(Pour les impatients ou par nécessité)


La mise en place du cycle peut être accélérée par de nombreux moyens. Cependant, il faut avoir accès à un aquarium qui fonctionne déjà depuis longtemps. L’idée est de récupérer des bactéries dans un bac dont le cycle est déjà établi et de les déplacer dans le nouveau bac.

La plupart des filtres possèdent un bloc de mousse ou de la ouate sur lesquelles les bactéries se fixent et se développent. Récupérez une partie de celle-ci et placez-la sans la rincer ni la laisser sécher dans le filtre du nouvel aquarium. Les choses iront plus vite. Récupérez aussi une bonne quantité de sable, des plantes et des éléments de décor d’un bac sain qui fonctionne depuis longtemps.

Si vous avez un filtre interne, placez-le et faites-le fonctionner dans l’aquarium déjà établi pendant une semaine, le temps qu’il soit colonisé. Placez ensuite le filtre ainsi ensemencé dans le nouveau bac.

Des produits contenant des colonies de bactéries nitrifiantes sont également disponibles dans les magasins spécialisés (par exemple : "Nitrobacter" pour citer le plus célèbre). En théorie, l’ajout de bactéries accélère la colonisation. A en croire les aquariophiles les expériences sont mitigées ; certains disent que ça fonctionne, d’autres que c’est absolument sans effet. Les bactéries dans une bouteille, ne peuvent vivre longtemps sans oxygène et sans source d’énergie. Aussi, l’efficacité du produit dépendra de sa fraîcheur et s’il n’a pas été soumis à de mauvaises conditions de transport (chaleur). Malheureusement, aucune date, ni de fabrication, ni de péremption ne figure sur ces produits.

Certains magasins d’aquariophilie fournissent parfois aux acheteurs d’aquarium du gravier issu d’un bac qui "tourne" depuis longtemps. Il faut être très prudent ! Les bacs des magasins peuvent contenir des agents pathogènes indésirables (bactéries, parasites, etc.). On ne veut pas les introduire dans un bac qui fonctionne bien. Dans le cas d’un aquarium nouvellement installé, les poissons seront probablement issus du même magasin, et le danger est par conséquent limité, pour peu que les nouveaux venus aient été exposés aux mêmes agents. Si possible, il vaut mieux amorcer un filtre avec des bactéries qui ne proviennent pas d’un magasin.

Bien sûr, il y a de nombreuses autres façons de faire qui fonctionnent parfaitement. Il est pourtant difficile de garantir leur efficacité. Il est préférable de rester le plus prudent possible et de ne pas ajouter les poissons trop tôt. Tester l’eau pour être sûr que celle-ci est prête à accueillir les pensionnaires, en s’assurant que les nitrates sont là. Ensuite peupler lentement et avec modération : 3 poissons, 4 jours d’attente . Puis à nouveau 3 ou 4 poissons, etc...

Lio

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La chimie de l’eau


Ce que vous devez savoir sur la chimie de l’eau et pourquoi
L’eau dans la nature n’est pas une eau pure comme de l’eau distillée. Elle contient des sels dissous, des matières organiques, des oligo-éléments, etc., dont les concentrations dépendent des conditions locales. Les poissons (et les plantes) ont évolué sur des millions d’années et se sont adaptés aux conditions spécifiques que leur offre leur habitat et ne peuvent généralement pas vivre dans des environnements très différents.

Les eaux douces continentales peuvent avoir des compositions assez variées.

La pluie est composée d’eau presque pure, mais comme elle traverse des sols de compositions très différentes, suivant l’endroit où l’on se trouve, suivant les saisons, la qualité des eaux varie à cause des pluies, de la sécheresse, des traitements chimiques employés en agriculture, des polluants rejetés par les usines… Elle se charge en minéraux, en ruisselant sur les roches, elle s’acidifie et se minéralise plus ou moins selon la qualité du sol.
L’eau de pluie est pure, mais en tombant du ciel elle peut s’acidifier au contact du CO2 atmosphérique. En ruisselant, elle peut traverser des terres acides, comme la terre de bruyère, ou les feuilles mortes des forêts et elle va s’acidifier en se chargeant de tanins et d’acides humides. Au contraire dans les régions calcaires, l’eau va lessiver les roches et sera plus dure et plus alcaline.

Les débutants feront mieux de choisir des poissons qui accepteront les qualités chimiques de leur eau de conduite. Il est également possible pour les aquariophiles plus courageux d’essayer de modifier les caractéristiques de l’eau de leur aquarium pour accueillir certaines espèces, mais c’est toujours plus difficile et plus contraignant qu’il n’y paraît. Dans tous les cas, vous devez en connaître assez sur la chimie de l’eau pour savoir ce que vous faites et pouvoir contrôler l’eau de votre bac. Il est bien plus simple d’adapter le choix des poissons à l’eau qui sort du robinet que de tenter de modifier les paramètres de cette eau, semaine après semaine.

L’eau possède des propriétés mesurables qui sont généralement utilisées pour la caractériser. En eau douce, on s’occupe du pH, du pouvoir tampon, de la dureté totale. De plus, l’eau contient des matières carbonées et des oligo-éléments.

le pH
Le pH renseigne sur l’acidité de l’eau. Un pH de 7 est dit "neutre", un pH inférieur à 7 est "acide" et un pH supérieur à 7 est dit "basique" ou "alcalin". L’échelle du pH est logarithmique. Une eau de pH 5,5 est 10 fois plus acide qu’une eau de pH 6,5. Aussi, une faible modification de la valeur du pH correspond à une grande variation chimique de l’eau, et est donc plus dangereuse qu’il n’y paraît pour les poissons.

Pour un aquariophile, deux aspects du pH sont importants. Premièrement, les changements rapides de pH sont très mauvais pour bien des poissons et doivent donc être évités. Modifier le pH de plus de 0,3 unité par jour les stressera et peut les tuer... Il est donc souhaitable que le pH ne varie pas rapidement. Deuxièmement, les poissons peuvent s’adapter à des variations de pH dans des limites plus ou moins larges. Vous devez vous assurer que le pH de votre aquarium correspond aux besoins spécifiques de ses pensionnaires, sinon ils y mourront en quelques semaines après avoir attrapés plusieurs maladies.

Pouvoir tampon (KH, Alcalinité)
Le pouvoir tampon d’une eau rend compte de sa capacité à conserver une valeur stable de pH lorsque des acides ou des bases sont ajoutés. Le pH et le pouvoir tampon sont intimement interdépendants. Bien que l’on puisse penser qu’en mélangeant des volumes égaux d’eau neutre et d’eau acide, on obtiendra une eau avec un pH dont la valeur se situe entre les deux, ce n’est généralement pas ce que l’on observe. Si l’eau a un pouvoir tampon suffisant, celui-ci absorbera et neutralisera l’acide ajouté sans qu’on observe une modification significative du pH. En fait, le pouvoir tampon agit comme une grosse éponge : plus vous ajoutez d’acide, plus l’éponge absorbe l’acide ajouté, sans que le pH ne soit modifié. La capacité de l’éponge est cependant limitée, une fois que tout le pouvoir tampon est utilisé, le pH est à nouveau sensible aux ajouts d’acide.

Le pouvoir tampon a des conséquences positives et négatives. Du côté des points positifs, le cycle de l’azote produisant des nitrates (acide), qui sans un pouvoir tampon de l’eau, feraient chuter le pH, ce qui n’est pas bon. Si le pouvoir tampon est suffisant, le pH va rester stable (ce qui est bon). Du côté négatif, les eaux de conduite dures ont généralement un pouvoir tampon élevé. Si le pH de l’eau est trop élevé pour les poissons que vous voulez héberger, le pouvoir tampon de votre eau rendra difficile la modification de la valeur de son pH à une valeur plus adaptée. Les tentatives naïves de modification de pH échouent généralement parce qu’on oublie de tenir compte des effets du pouvoir tampon d’une eau.

Dans les aquariums d’eau douce, la plus grande part du pouvoir tampon est à imputer aux carbonates et bicarbonates. Ainsi, les termes "dureté carbonatée" (KH), "alcalinité" et "pouvoir tampon" sont interchangeables. Bien qu’il ne s’agisse pas des mêmes choses, ils sont équivalents tant que l’on reste dans le contexte de l’aquariophilie. Note : le terme "alcalinité" ne doit pas être confondu avec "alcalin". L’alcalinité se réfère au pouvoir tampon, tandis que alcalin se réfère à une solution basique (dont le pH est supérieur à 7).

Quelle est la valeur du pouvoir tampon souhaitable dans un aquarium ? La plupart des tests mesurent en fait le KH. Plus le KH est grand, plus la valeur du pH sera résistante aux variations. Un aquarium doit avoir un KH suffisamment élevé pour que le pH ne change pas trop dans le temps. Si votre KH est inférieur à 4°, vous devez surveiller régulièrement le pH de votre bac (le tester chaque semaine par exemple), jusqu’à avoir une idée de sa stabilité. Ceci est tout particulièrement important si vous négligez d’effectuer des changements d’eau réguliers. Le cycle de l’azote a tendance à faire baisser le pH d’un bac. La variation de pH induite dépend de la quantité de nitrates produits et du KH. Si le pH varie de plus de 0,2 unité par mois, vous devriez envisager d’augmenter le KH ou d’effectuer des changements d’eau plus réguliers. Le KH n’affecte pas directement les poissons, il n’y a donc aucune raison de vouloir modifier le KH pour une espèce de poisson donnée.

Note sur l’utilisation d’eau distillée ou d’eau osmosée : Par définition, l’eau distillée n’a pas de KH. Ceci signifie que lorsqu’on y ajoute un acide, le pH varie beaucoup, ce qui affaiblit les poissons. L’eau distillée (ou n’importe quelle eau pure) n’est jamais utilisée seule et directement à cause de son instabilité. L’eau du robinet ou des sels spécifiques doivent lui être ajouté pour augmenter ses GH et KH.

Dureté totale (GH ou TH en français)
La dureté totale ou titre hydrotimétrique (TH) ou GH (General Hardness ou Gesamthärte) fait référence à la concentration des ions magnésium et calcium. Lorsque l’on parle de poissons préférant une eau douce ou dure, il s’agit de la valeur de la dureté totale (TH).

Note : les GH (TH), KH (THCa) et pH forment un "triangle" dans la chimie de l’eau. Bien que les trois propriétés soient distinctes, elles interagissent les unes sur les autres à différents niveaux, rendant difficile d’en modifier une sans influencer les deux autres. C’est une des raisons pour lesquelles il est conseillé aux aquariophiles débutants de ne PAS jouer avec ces paramètres sans absolue nécessité. A titre d’exemple l’eau dure provient généralement de nappes d’eau calcaire. Le calcaire contient des carbonates de calcium, qui, lorsqu’il se dissout, libère à la fois le TH (par le calcium) et le KH (par les carbonates). L’augmentation du KH augmente généralement le pH. Le KH agit comme une éponge (pouvoir tampon), absorbant les acides présents dans l’eau, ce qui a pour effet d’augmenter le pH.

La dureté est mesurée en unité dH qui signifie "degree hardness", tandis que "ppm" veut dire "parties par million", ce qui est à peu près égal aux mg/l dans l’eau. 1 unité dH équivaut à 17,8 ppm de CaCO3 (carbonate de calcium). La plupart des tests donnent la dureté en unité de CaCO3 ; c’est-à-dire qu’il y a autant d’équivalent de CaCO3 dans l’eau, ce qui ne veut pas dire qu’il y ait cette quantité de CaCO3 dans l’eau.

Dureté totale
0 - 4 dH   0 - 70 ppm   très douce
4 - 8 dH   70 - 140 ppm   douce
8 - 12 dH   140 - 210 ppm   moyennement dure
12 - 18 dH   210 - 320 ppm   assez dure
18 - 30 dH   320 - 530 ppm   dure
plus haute   trop dure


Salinité
La salinité mesure la quantité totale de substances dissoutes. Elle tient compte à la fois du TH et de KH mais aussi d’autres substances comme le sodium. Connaître la salinité d’une eau est très important en eau de mer. Dans les bacs d’eau douce, le pH, TH et KH suffisent.

La salinité est généralement exprimée en densité, rapport du poids d’une solution sur celui du volume équivalent d’eau distillée. Puisque l’eau se dilate lorsque sa température augmente (modifiant ainsi sa densité), une température de référence de 20°C (59°F) est généralement utilisée. La salinité est mesurée à l’aide d’un densimètre calibré pour une température donnée (par ex. 25°C
- 75°F).

Un des composants de la salinité qui n’est pas compris ni dans le TH, ni dans le KH est le Sodium. Certains poissons d’eau douce tolèrent (voire même préfèrent) une eau légèrement salée (celle-ci stimule le développement du mucus protecteur). De plus, certains parasites (ex. : points blancs) ne supportent pas du tout le sel. Aussi, des concentrations en sel jusqu’à une cuillerée à café de sel pour 20 litres d’eau peuvent prévenir et même parfois soigner les points blancs et d’autres infections parasitaires.

Attention certaines espèces ne tolèrent pas le sel. Les poissons sans écailles (en règle générale) et certains Corydoras, les Botia... sont beaucoup plus sensibles au sel que la plupart des autres poissons d’eau douce. N’ajoutez du sel que si vous êtes sûr que tous vos hôtes l’apprécient, ou du moins qu’ils le supporteront.

Matières organiques et oligo-éléments
En plus des TH, KH, pH et salinité, il vous faut connaître d’autres substances présentes dans l’eau. La plupart des eaux de conduite contiennent un échantillonnage de matières organiques et d’oligo-éléments à très faibles concentrations. La présence (ou l’absence) peut être importante dans certaines situations, tout particulièrement :

Les nitrates (NO3), très largement discuté dans cette FAQ au chapitre concernant le cycle de l’azote.
Les phosphates (PO4), le deuxième nutriment le plus important.
Les phosphates sont liés à la croissance des algues. Si vous avez des problèmes récurrents d’algues, un taux élevé de phosphate peut en être un facteur aggravant. Dans un bac planté, le niveau de phosphate idéal est de 0,1 à 0,2 mg/l au plus. Pour contrôler la croissance des algues, de fréquents changements partiels d’eau sont recommandés pour diminuer la quantité de nutriments. Si votre eau de conduite contient beaucoup de phosphates, les changements d’eau vont aggraver la situation. Il existe des résines à placer dans le filtre pour retirer ces PO4.

Fer (Fe), manganèse (Mn) et autres oligo-éléments. Les plantes ont besoin de fer pour croître. L’eau de conduite n’en contient parfois pas du tout. Consultez la partie plantes pour de plus amples informations.
 
Modifier les caractéristiques chimiques de votre eau
Durcir votre eau (Augmenter le TH et/ou le KH)
Pour augmenter à la fois le TH et KH, on peut employer une eau dure lors des changements d’eau, comme l’eau d’Evian. On peut aussi ajouter du carbonate de calcium (CaCO3). Une demie-cuillère à café pour 50 litres d’eau fera augmenter les TH et KH d’environ 3-4 dH. Vous pouvez également ajouter des coquillages, des coraux ou des pierres calcaires dans votre filtration. Plus simples à utiliser, il existe des produits du commerce pour reminéraliser l’eau.

Pour augmenter le KH sans changer le TH, ajouter du bicarbonate de soude (NaHCO3). Une cuillère à café pour 50 litres augmente le KH d’environ 4 dH. Le bicarbonate de soude conduit le pH vers une valeur d’équilibre autour de 8,2.

Attention il est souvent risqué de jouer au petit chimiste !

Faire augmenter et diminuer le pH
Il est possible d’augmenter et de diminuer le pH en ajoutant des produits chimiques. Mais l’emploi de ces produits pH+ ou pH- est risqué et nettement déconseillé. Le pouvoir tampon de l’eau rend cette tâche difficile. Faire augmenter et diminuer le pH de manière durable implique de modifier le KH. La méthode la plus simple est d’ajouter un tampon dont l’équilibre se situe à la valeur de pH voulue.

Les produits tels que "pH-minus" sont basés sur des tampons à l’acide phosphorique. L’acide phosphorique tend à maintenir un pH autour de 6,5, selon la quantité utilisée. Malheureusement, cet acide a un gros effet secondaire, il augmente la concentration des phosphates dans votre bac, stimulant du même coup la croissance des algues. Il est difficile de contrôler la croissance des algues dans un bac dont la concentration en phosphates est élevée.

Un moyen sûr de faire baisser le pH SANS modifier le KH est l’injection de CO2 (dioxyde de carbone, gaz carbonique). Le CO2 se dissout dans l’eau et une partie forme de l’acide carbonique. La formation de cet acide fait baisser le pH. Bien sûr, une source de CO2 doit alors être employée de manière permanente (par exemple : une bouteille de CO2), de manière à maintenir le pH à la valeur voulue. Dès que le CO2 disparaît, le pH revient à sa valeur initiale. Le coût d’un système d’injection de CO2 est assez élevé (voyez tout de même la section plantes pour des solutions alternatives à faire soi-même). Les systèmes d’injection de CO2 sont très populaires dans les bacs densément plantés, car l’adjonction de CO2 favorise la croissance des plantes.

Adoucir l’eau (faire baisser le TH)
Certains poissons (les Discus, les Cardinalis, etc.) préfèrent les eaux douces. Bien qu’ils puissent survivre momentanément dans des eaux légèrement dures, ils ne s’y reproduiront pas. Aussi, vous serez peut-être obligé d’adoucir votre eau.

Les adoucisseurs d’eau pour la maison sont généralement basés sur la technique d’échange d’ions. Les ions calcium et magnésium sont remplacés par des ions sodium. Les poissons qui préfèrent une eau douce n’aiment pas beaucoup le sodium, et de telles eaux adoucies ne servent à rien. Les adoucisseurs d’eau ménagers qui fonctionnent au sel ne sont donc pas adaptés pour l’usage aquariophile.

La tourbe adoucit l’eau. Le moyen le plus efficace pour adoucir de l’eau pendant 1 à 2 semaines. Procurez-vous un récipient de la taille adéquate, une grosse quantité de tourbe (4 litres) que vous faites bouillir pour qu’elle ne flotte plus. Utilisez une pompe à air pour l’aération. L’eau sera plus douce et plus acide. Utilisez ensuite cette eau vieillie pour effectuer les changements partiels d’eau.

La tourbe peut être obtenue dans les animaleries, mais elle y est chère. Il est beaucoup plus rentable d’en acheter un sac dans une jardinerie. Lisez les étiquettes avec attention ! Il ne faut pas utiliser de tourbe contenant des fertilisants ou d’autres additifs.

Bien que certaines personnes placent la tourbe dans leur filtre, la technique a quelques désavantages. Premièrement, la tourbe se colmate facilement. Deuxièmement, elle peut être sale et rendre votre eau floconneuse. Troisièmement, la quantité exacte nécessaire pour adoucir l’eau est difficile à déterminer. L’ajout d’une quantité inadaptée conduira à l’obtention d’une eau aux caractéristiques chimiques non souhaitées et peu stable... Enfin, lorsque vous effectuerez vos changements d’eau, la chimie de votre bac en sera bouleversée. La chimie sera à nouveau modifiée durant les quelques jours qui suivront, le temps que la tourbe agisse. L’utilisation d’une eau vieillie préalablement vous assurera d’avoir une eau dont la chimie ne variera pas lors des changements d’eau.

L’eau dure peut être également adoucie en la diluant avec de l’eau distillée ou de l’eau osmosée. L’eau osmosée (par osmose inverse) est de l’eau purifiée au moyen d’un osmoseur. Actuellement, les osmoseurs coûtent de moins en moins cher, cher (dès 50.- Euros pour 150L par jour ). L’eau osmosée peut également être achetée dans certains magasins aquariophiles, mais pour beaucoup la dépense et les désagréments du transport les découragent. L’emploi d’eau osmosée est pourtant le moyen le plus simple et le plus efficace pour diminuer la dureté de l’eau du bac.

Lio

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Le but des changements d’eau


En règle générale, on recommande de changer une partie de l’eau du bac chaque semaine ou 2 à 3 fois par mois. Cela permet de diluer, donc de diminuer la pollution. Les changements d’eau remplacent une partie de l’eau "sale" par un volume équivalent d’eau propre, abaissant, de ce fait, les concentrations en substances indésirables dans votre aquarium. Dans un bac établi, les nitrates sont les principaux polluants qui s’accumulent. Des changements d’eau réguliers sont le moyen le plus économique, le plus sûr et le plus efficace pour garder la concentration en nitrates et phosphates (réputés pour favoriser les algues) à un niveau raisonnable. De la même façon, quand des produits de traitement ont été ajoutés dans l’aquarium, ils doivent être éliminés après avoir rempli leur fonction.

L’efficacité des changements d’eau est déterminée par deux facteurs : la fréquence et le pourcentage d’eau qui est remplacée. Plus la fréquence et la quantité sont élevées, plus le changement d’eau est efficace.

Les bénéfices du changement d’eau sont toutefois contrebalancés par le stress induit lors d’un changement brutal de ses paramètres. Si l’eau de l’aquarium a les mêmes pH, GH et KH que l’eau de remplacement, un changement de 30% ou plus n’affectera pas les poissons. D’un autre côté, si le pH de votre aquarium est par exemple de 6,3 alors que l’eau de remplacement a un pH de 7,5, remplacer 30% de l’eau en une fois peut changer le pH de façon significative (peut-être plus de 50% selon l’effet tampon), ce qui va stresser les poissons et peut même les tuer. Donc on ne met pas n’importe quelle eau, et n’importe comment.

Puisque les changements d’eau sont la première ligne de défense en cas de maladies, il faudra pouvoir effectuer des changements d’eau importants et fréquents en période d’urgence. Donc, il faudra que l’eau de remplacement ait des paramètres proches de celle de l’eau de l’aquarium. De cette façon, des changements importants pourront être effectués en peu de temps. Noter que ceci se produit lors du démarrage d’un aquarium lorsque l’eau du bac vient directement du robinet. Avec le temps cependant, la chimie de l’eau peut "dériver" par rapport à l’eau du robinet, à cause de l’acidification engendrée par le cycle de l’azote, l’addition de produits (de la tourbe par exemple), l’utilisation de gravier non inerte (du corail broyé ou des coquillages), etc.

A quelle fréquence doit-on changer l’eau  ?
Plus les changements sont fréquents, moins la quantité d’eau requise est importante. Par ailleurs, plus le temps entre deux changements est long, plus le changement sera stressant car la quantité d’eau sera plus importante. Remplacer environ 20% à 25% de l’eau toutes les deux semaines est une bonne base de départ mais peut ne pas être suffisant. La bonne fréquence dépend en réalité de facteurs tels que la quantité de poissons dans l’aquarium. Néanmoins il faudrait effectuer autant de changements que nécessaires pour que :

Le niveau des nitrates reste en dessous de 50 mg/l, et préférablement BEAUCOUP moins (10 mg/l à 15 mg/l est une valeur optimale).
La modification dans la chimie de l’eau soit faible. En particulier, la variation de pH due à un changement ne doit pas excéder 0,2 unité (utilisez une trousse de mesures les premières fois afin d’avoir un ordre de grandeur). Si le pH varie trop, faites des changements plus fréquents et changez moins d’eau à la fois.
Idéalement, il est conseillé de changer au moins 10% à 15% du volume d’eau chaque semaine, par une eau tiédie et bien brassée pour que le chlore s’en échappe.

Les changements d’eau enlèvent une part de nitrates après leur formation. Les substances azotées sous forme de déchets de nourriture, de détritus, etc., doivent être enlevées avant qu’elles ne soient transformées en nitrates. Ceci se fait en nettoyant régulièrement les filtres biologiques et mécaniques ainsi qu’en aspirant les saletés déposées sur le gravier. le nettoyage de la surface du sol devrait être fait à chaque changement d’eau, c’est-à-dire toutes les deux semaines au moins, mais sans remuer ni retourner le sable.

Note : si le chauffe-eau est partiellement exposé à l’air durant les changements d’eau, il faut s’assurer qu’il est bien débranché. Le chauffage peut se fendre si le niveau de l’eau tombe en dessous de l’élément chauffant ! Et ne pas omettre de le rebrancher à la fin des travaux d’entretien !

Bien équiper son filtre ?

Tout aquarium se doit d’être filtré, c’est la base d’un bon entretien. Ceci signifie qu’il faut prévoir un filtre bien dimensionné et bien équipé.

Ainsi, le choix des modèles est grand et l’on peut dégager 2 tendances : les filtres intérieurs et les filtres extérieur, chacun présentant encore des modèles différents. La différence majeure réside alors dans leur entretien, les seconds étant plus facilement amovibles et accessibles. Les 2 types sont alors bons à prendre et le choix devient donc personnel.

Reste alors tout de même à respecter diverses notions.

La première c’est le volume. Il doit permettre la mise en place de masses de filtration différentes et suffisamment grandes pour prendre en charge efficacement l’eau à traiter.

Ensuite vient le débit de la filtration et donc de la pompe qui alimente le filtre. Ici il faut prévoir de 2 à 4 fois le volume à filtrer par heure tout en gardant à l’esprit que la population et le type d’espèces vont influer grandement sur ce choix. En effet, plus la pollution inhérente sera importante plus il s’agira de filtrer. Donc gare aux pollueurs !

Le filtre doit ensuite contenir plusieurs types de masses de filtration :

Tout d’abord une filtration physique qui élimine les déchets volumineux en les retenant dans une ouate ou une mousse.

Celle-ci sera alors rincée au fur et à mesure des entretiens ou tout simplement jetée.

La filtration biologique passe par le traitement des déchets organiques dissout dans l’eau par une flore bactérienne.

Ces bactéries sont donc utiles à l’aquarium et à préserver en évitant toute utilisation inutile de produits chimiques.

Ce sont en réalité elles qui vont dégrader les polluants principaux en les transformant en substances moins dangereuses pour vos poissons. Ainsi, ces bactéries vont être hébergées dans des masses de filtration poreuses qu’il est impératif de prévoir dans son filtre : mousse à maille fine, billes poreuses, nouilles en céramique, boulles en plastique…

La filtration chimique.

Elle est à réserver à des usages spécifiques et fera l’objet d’un autre article. Sachez tout de même qu’elle peut mettre en action du charbon actif ou des résines fixatrices. Dans tous les cas, il vaut mieux éviter son usage courant pour lui préférer un entretien régulier.

Ainsi, la filtration, quelque soit sa forme, doit être adaptée au bac et à ses habitants et doit compter une bonne filtration mécanique associée au traitement biologique.

Les petits filtres incorporés et peu adaptables sont donc plutôt à bannir. Reste que l’on peut réduire cette filtration à son plus simple état en utilisant des filtres sous sable basés sur le principe de l’exhausteur ou en utilisant des filtres-boites similaires.

Lio

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Les tests. Lesquels sont utiles ?


Il existe un grand nombre de test permettant de mesurer toutes les caractéristiques d’une eau, de l’ammoniaque aux phosphates. Faut-il tous les acheter ? La première réponse est non ! Il est tout à fait possible d’avoir un aquarium parfaitement sain sans acheter aucun test. Cependant, ceux-ci sont très utiles pour confirmer une hypothèse lorsque quelque chose se passe mal (par exemple lorsque les poissons sont visiblement stressés ou qu’ils meurent).

Les tests nous permettent de connaître les principaux paramètres de l’eau : sa dureté, son pH, les taux de nitrites, nitrates, phosphate, fer qui sont dissous. En connaissant les qualités de l’eau dont on dispose on peut choisir la population des poissons à placer dans l’aquarium. Si nécessaire mais plus astreignant, on peut modifier ces paramètres pour les adapter aux exigences des poissons.

Les poissons ont certaines facultés d’adaptation qui leur permettent de vivre (ou survivre…) dans une eau dont le pH ou la dureté ne leur conviennent pas, mais ils sont alors fragilisés, tombent facilement malades et leur espérance de vie est nettement raccourcie.

Il est nettement plus facile d’adapter le choix des poissons à l’eau de son bac, que de vouloir modifier les paramètres de l’eau.

Test de l’Ammoniaque
N’est pas vraiment nécessaire mais il peut-être utile dans deux cas : Premièrement, pendant la mise en place du cycle de l’azote, des tests réguliers vous indiqueront que la première phase de la mise en place du cycle est achevée. Deuxièmement, lorsque vous avez des morts de poissons inexpliquées, ce test permet de déterminer si votre filtre fonctionne correctement ou non. Notez que même dans un bac qui tourne depuis longtemps, le filtre biologique peut avoir une défaillance. Les causes classiques sont :

le filtre n’est pas nettoyé régulièrement (l’eau ne traverse pas un filtre colmaté, où se trouvent les bactéries utiles),
ajout de médicaments (les antibiotiques tuent les mauvaises bactéries mais aussi les bonnes),
avoir un filtre sous-dimensionné pour la quantité de poissons hébergés.
Si vous avez des morts, vous voudrez demander conseil sur internet (ou dans un magasin) et la première question que l’on vous posera sera : "Quelles sont les paramètres votre bac ?".

Même à des concentrations de l’ordre de 0,01 à 0,02 ppm, les poissons seront stressés. Les tests classiques ne permettent pas de détecter d’aussi basses concentrations. Aussi, les tests classiques ne devraient jamais détecter la moindre trace d’ammoniaque dans un bac qui tourne. Si vous en détectez, il y en a trop, ce qui stresse les poissons. Faites rapidement quelque chose en changeant une partie de l’eau et identifiez l’origine du problème.

Test des Nitrites
Ils sont peu onéreux et utiles lors des premiers mois. La seule information supplémentaire obtenue par un tel test est qu’il permet de détecter la mise en place de la seconde partie du cycle de l’azote. Comme pour l’ammoniaque, si votre test détecte des nitrites, c’est que le filtre ne fonctionne pas correctement. Une fois qu’un aquarium est établi, le test des nitrites est plutôt inutile. Mais si le filtre venait à mal fonctionner, les taux de nitrites et d’ammoniaque augmentent tous les deux. Les nitrites sont toxiques à partir de 0,2 mg/l !

Test des Nitrates
Achetez ce test ! Le taux de nitrates augmente avec le temps, car il est le résultat du cycle de l’azote. Sauf dans les bacs densément plantés et certains bacs récifaux qui sont parfois capables de consommer l’azote plus vite qu’il n’est produit. Les nitrates devenant toxiques à haute dose, ils doivent être enlevés périodiquement (en effectuant des changements d’eau réguliers). L’utilisation d’un test des nitrates vous permet de savoir si vos changements d’eau suffisent.

Les nitrates deviennent toxiques pour les poissons (et les plantes) entre 40 et 300 mg/l, selon les espèces. Les alevins sont par contre beaucoup moins tolérants.

Il faut noter qu’un test des nitrates n’est pas idéal pour déterminer si le cycle de l’azote est mis en place. La plupart de ces tests transforment d’abord les nitrates en nitrites, puis mesurent la concentration en nitrites. Ils mesurent donc les concentrations combinées des nitrites et des nitrates. Dans un aquarium qui tourne et dont le cycle est établi, le niveau des nitrites est nul, et le test mesure bel et bien la concentration en nitrates. Dans un bac qui met en place son cycle, il est impossible de savoir quelle part de la mesure est due aux nitrates ou aux nitrites.

Test du pH
Procurez-vous en un ! Vous devrez connaître le pH de votre eau afin de sélectionner des poissons qui s’y plairont. De plus, il est souhaitable de tester périodiquement le pH d’un aquarium pour être sûr que celui-ci reste stable, sans augmenter ou diminuer au fil du temps.

Dans certains cas, le décor (racines) ou le gravier (coraux, coquillages ou roches calcaires) modifient le pH de votre eau. Ils relâchent peu à peu des ions dans l’eau, ce qui accroît TH, KH et pH. Les racines relâchent quant à elles des tannins qui font diminuer le pH.

Test de la dureté totale (GH)
Vous pouvez en acheter un, mais ce n’est pas indispensable. Il n’est pas nécessaire de connaître précisément la dureté d’une eau. Savoir si elle est "douce", "très douce", etc. est suffisant. Votre magasin préféré doit être capable de vous renseigner.

Test de la dureté carbonaté (KH)
Ce test est utile, il permet de déterminer le pouvoir tampon de l’eau et de s’assurer de sa stabilité. Si vous testez régulièrement le pH, vous devez savoir si votre KH est "suffisamment haut". En fait, celui-ci doit être assez élevé (supérieur à 5°KH) pour que le pH reste stable dans le temps. Si vous avez des problèmes pour conserver un pH stable, vous devez augmenter le pouvoir tampon de votre bac. Votre magasin préféré doit être capable de vous donner les informations essentielles sur la valeur de votre KH. Vous pouvez aussi lire la partie l’eau.

Le test de mesure du KH est indispensable pour les amateurs de bacs bien plantés, qui utilisent des systèmes d’injections de CO2. Il est également hautement recommandé à ceux qui désirent modifier la valeur du pH d’un bac, car il est un outil de diagnostic précieux si vous avez des difficultés de stabilité de pH.

Lio

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Ajouter les poissons et les nourrir

Ça y est, votre bac est en eau, le filtre fonctionne. Vous avez quelques tests pour l’eau et vous êtes prêt à vous lancer. Armé de votre savoir, vous vous rendez chez votre fournisseur préféré pour acheter votre premier poisson.

Une petite remarque : le nom scientifique de tout être vivant (animal ou végétal) est composé par le nom du genre (qui commence toujours par une majuscule) suivi du nom de l’espèce (qui commence toujours par une minuscule). Ce nom est invariable et s’écrit en caractères italiques. Cependant, nombre de poissons ont des noms communs pour lesquels ces directives ne s’appliquent pas. Les règles d’usage ont été appliquées ici...

Choisir de "bons" poissons
Si nous prenons pour définition qu’un poisson pour débuter est facile à nourrir et à maintenir, qu’il est robuste et peut vivre dans une grande diversité de conditions d’eau, et qu’il est joli, alors le nombre de prétendants reste encore très élevé. Beaucoup de poissons sont vendus comme poissons pour débutants. Mais faites attention, certains d’entre eux n’en sont pas.

La plupart des poissons qui vivent en bancs sont de bons poissons pour le débutant. Ceci inclut les Tanichthys, les différentes espèces de Danio et de Rasbora, la plupart des espèces de Barbus, ainsi que les Xiphophorus (Platys) et de nombreux vivipares. Pour ceux qui possèdent un bac un peu plus grand, le poisson "arc-en-ciel" est un très bon choix. Les Corydoras sont aussi des poissons très populaires.

Attention : la majorité des débutants préfèrent varier et acheter un seul poisson de plusieurs espèces alors qu’il faut souvent faire le contraire. Les poissons qui vivent en banc se portent mieux quand ils sont maintenus en compagnie d’autres individus de leur espèce avec lesquels ils établissent des relations "sociales".

Un minimum de six individus est recommandé, pour les Corydoras par exemple comme pour la plupart des petits Tétras, les néons, etc. À long terme, un banc de 12 individus se comportant normalement apporte plus de satisfactions qu’un groupe hétérogène, malheureux de devoir partager la vie communautaire ("Maman, pourquoi ce poisson se cache-t’il derrière le chauffage et cet autre reste-t’il toujours dans le coin sans bouger ?")

Il vaut mieux un seul groupe de 12 ou 15 poissons de la même espèce que 2 bleus, 3 rouges, 2 verts, 3 gris et 3 jaunes !...

Combien de poissons faut-il ajouter ?
La réponse la plus facile est "un seul poisson à la fois". On avance souvent la règle du poisson par litre : "1 cm de poisson adulte par litre d’eau" est une bonne règle, même si elle doit être nuancée et ne peut être utilisée telle quelle. On ne mettra pas 2 scalaires de 20 cm adultes, dans un bac de 50 litres !

On qualifie de poisson "petit" les poissons tels les néons, les Tanichthys, les Danio, les petits Tétras, etc. ; Les poissons moyens sont les Platys, Colisa, Corydoras, etc. ; Les "gros" poissons sont les poissons rouges, les Scalaires, les Gouramis, les Plécos, etc.

En d’autres termes, ceci n’est qu’une règle, et la population "maximum" qu’on peut héberger sans risque dépend aussi du bac considéré et des soins qui lui sont apportés. Certains facteurs permettent d’augmenter la population :

des changements réguliers et conséquents d’eau,
des plantes naturelles,
une filtration suffisante et bien entretenue (pensez qu’un filtre est vivant, il nécessite des soins comme vos poissons).
De la même manière, certains facteurs diminuent la population maximale :

de trop rares ou trop faibles changements d’eau,
pas de plantes ou des plantes en mauvaise santé,
une filtration limitée ou mal entretenue (un filtre peut être un très bon filtre, mais s’il n’est plus efficace car colmaté, une grosse population conduira à des problèmes beaucoup plus importants que s’il y a peu de poissons).
Il est rarement facile d’introduire de nombreux poissons à la fois. Ainsi, vous avez trouvé de superbes néons et souhaiteriez en acheter un petit banc (6 ou 7 poissons) dans votre bac de 120 litres. Vous avez pour l’instant un Ancistrus de 5 cm et trois Corydoras de 3 cm. L’ajout du même petit banc de néons va pratiquement doubler la "quantité" de poissons de votre bac. Dans ce cas, cela revient à provoquer à nouveau la mise en place d’un cycle de l’azote, c’est-à-dire l’apparition d’un pic de nitrites avant que les bactéries ne se développent pour s’adapter à la nouvelle population. Tester votre eau régulièrement et soyez prêt à effectuer d’éventuels changements d’eau. Il serait plus sage d’introduire les poissons en 2 fois, ou sinon de limiter sérieusement les quantités de nourriture distribuées pendant les 4-5 jours qui suivent l’achat.

Le filtre biologique de votre bac est nourri par les déchets des poissons du bac. Quelle que soit la taille de l’aquarium, la population bactérienne est limitée par la "nourriture" mise à sa disposition. Peu de poissons = faible population bactérienne.

Il est de coutume de penser que le développement d’une population bactérienne est exponentiel. De nombreuses espèces bactériennes peuvent en effet doubler leur population en quelques heures... mais comme cela est précisé dans le document cycle de l’azote, les bactéries Nitrobacter et Nitrosomonas sont relativement lentes à se multiplier. Il y a un retard entre l’augmentation des déchets induite par l’adjonction de nouveaux pensionnaires et l’augmentation de leur traitement par les bactéries. Dans le pire des cas, l’augmentation des Nitrites peut affaiblir ou même tuer vos poissons avant que la population bactérienne n’ait eu le temps de traiter les composés azotés.

C’est pour cela qu’il vaut mieux ajouter les poissons de manière graduelle. Atteindre la population maximale d’un bac peut prendre plusieurs mois ; il faut en tout cas prendre son temps. Seuls des aquariophiles confirmés peuvent prendre quelques libertés vis-à-vis de cette règle.

 

Acclimater les poissons
Une fois que vous avez les poissons à la maison, ouvrez le sac qui les contient et laissez-le flotter dans votre bac de façon à ce que les températures s’équilibrent. Après 15 minutes , ajoutez un verre d’eau du bac dans le sac tous les quarts d’heure pendant une heure (enlevez tout excédent d’eau s’il risque de déborder). L’eau provenant du sac doit être jetée. Elle peut contenir des parasites ou d’autres choses indésirables. Si l’eau est infectée, les poissons le sont généralement aussi.

Lorsque les poissons sont acclimatés aux paramètres de l’eau de votre aquarium, vous avez plusieurs possibilités. Vous pouvez introduire les poissons dans le bac et prier. Vous pouvez également faire subir une quarantaine à vos nouveaux poissons, dans un bac spécifique. Dans tous les cas, utilisez une épuisette et n’ajoutez jamais l’eau du sac dans l’aquarium.

Le meilleur choix (si vous le pouvez) et de faire subir une quarantaine aux poissons. La quarantaine peut durer deux à quatre semaines, et permet de déceler d’éventuelles maladies. Si les poissons tombent malades, vous pouvez alors les soigner dans le bac de quarantaine sans devoir modifier la chimie de l’eau du bac d’ensemble.

Le bac de quarantaine n’étant pas à la porté de toutes les bourses, il est probable que vous n’en aurez pas (en tout cas pas encore). Dans ce cas, faites très attention aux poissons que vous choisirez, et surveillez les bien pendant les premières semaines (stress, maladies). Vous risqueriez d’infecter aussi les autres poissons.

Nourrir les poissons
La plupart des poissons vendus dans le commerce, et surtout les poissons recommandés pour les débutants, peuvent se contenter de nourriture en paillettes. Certains peuvent même se reproduire avec cette alimentation. Comme tous les animaux, un régime varié est cependant souhaitable.

La nourriture pour poissons est fragile. Une exposition à la lumière, une boîte mal fermée ou l’achat d’une très grande quantité qui sert pendant des mois, sont autant de raisons qui peuvent détruire son pouvoir nutritionnel. Il y a 5 catégories principales de nourriture :

diverses nourritures conditionnées (paillettes, granulés, flocons, comprimés), souvent spécifiques aux omnivores, végétariens et carnivores
nourritures lyophilisées (vers de vase, daphnies...),
nourritures congelées (vers, larves, insectes),
nourritures vivantes (larves et insectes vivants),
d’autres nourritures fraîches (nourritures faites maison pour les carnivores, coeur de boeuf, courgettes pour les Ancistrus, etc.).
Pour de nombreux aquariophiles, les paillettes conviennent pour la majorité des repas, mais il est là encore important d’en savoir un petit peu plus. Tous les aquariophiles ont déjà entendu cette règle : "Ne donnez à vos poissons que ce qu’ils peuvent manger en moins de 2 minutes" ou quelques choses de ce genre. Cette règle est angoissante pour le débutant car tous les poissons sont gloutons ! Que se passera-t’il s’ils manquent de nourriture ? Après tout, ce n’est qu’une petite pincée ! Comment cela peut-il suffire ?

Ne prenez pas cette règle à la légère.

Les gens ont généralement des poissons pour les observer. Le meilleur moment pour le faire est lors des distributions de nourriture. À chaque fois que vous le faites, placez-vous devant l’aquarium et regardez. Donnez une quantité encore plus faible que celle à laquelle vous pensiez. Regardez les poissons manger et observez la nourriture qui tombe au fond de l’aquarium. Si vous n’avez pas de poissons de fond, (Ancistrus, Corydoras, etc.), prenez le temps de regarder si d’autres poissons viennent chercher la nourriture sur le fond ; les Gouramis le font, mais pas les "poissons arc-en-ciel". Si vous n’avez pas de poissons de fond, regardez combien de temps ils mettent pour tout manger.

Bon, vous donnez une petite pincée et après 2 minutes, il n’a plus de trace de nourriture... à part celle tombée sur le fond que les Corydoras sont en train de manger. Vous pouvez alors donner sans risque une nouvelle pincée. Mais regardez à nouveau pour être sur que tout sera consommé rapidement. Il vaut mieux distribuer la nourriture plusieurs fois en petites quantités, en particulier avec les poissons qui ne mangent pas sur le fond, plutôt que de tout donner en une seule fois... La plupart des poissons adultes peuvent cependant accepter une grosse ration par jour (mangée en 5 minutes). Dans un bac équilibré, certains aquariophiles effectuent des distributions encore moins fréquentes, de cette manière, ils encouragent les poissons à consommer les algues et autres produits comestibles qui ne manquent pas d’apparaître dans un aquarium.

Généralement nos poissons sont trop nourris et trop souvent. Ils peuvent devenir obèses, surtout s’ils sont nourris avec des nourritures riches comme les vers. Nombreux sont les poissons proposés au stade juvénile : la façon dont ils se développeront dépend de vos soins. De la même manière que de hautes teneurs en nitrates sont préjudiciables à la croissance des poissons, réduisant leur espérance de vie, et diminuant les chances qu’ils se reproduisent, les poissons qui sont trop nourris peuvent finir déformés ou avoir d’autres problèmes - de plus ils défèquent davantage... Ce qui a d’évidentes conséquences.

Distribuer une alimentation variée assure à vos poissons un régime équilibré, comportant des fibres (artémias et autres crustacés) et des végétaux. La plupart des espèces apprécient les aliments végétaux et on peut leur proposer une feuille de salade ou d’épinards, divers légumes ébouillantés ou crus : concombre, courgette, carotte, pomme de terre, brocolis, choux-fleur, laitue, petits pois, etc...

Un mot sur la nourriture vivante : certaines nourritures vivantes disponibles dans le commerce sont considérées comme risquées par beaucoup d’aquariophiles, car elles peuvent véhiculer des parasites - les vers tubifex en particulier. À vous de décider si vous prenez le risque. Soyez en tout cas certain de donner de la nourriture bien vivante. Rincez abondamment et si la nourriture vivante proposée ne peut pas survivre dans l’aquarium, n’en donnez pas trop. Les nourritures vivantes sont traitées en détail (ainsi que les méthodes de culture) dans la partie nourriture.

Les poissons à ne pas acheter
Pourquoi ne devrait-on pas acheter certains poissons ?

Ils ne sont pas toujours difficiles à conserver ou à alimenter, mais ils ont certaines exigences généralement passées sous silence. Si tous les poissons étaient achetés en connaissance de cause, par des amateurs éclairés, bien renseignés sur leurs besoins, il n’y aurait aucun problème à les proposer à la vente…

Mais combien de gens achètent un bac et le peuplent sans trop réfléchir, selon leur goût personnel, 3 poissons jaunes, 4 rouges et ces 2 bleus-là ? Sans oublier de prendre aussi les nettoyeurs et les laveurs de vitres ! Et surtout sans tenir compte de leur mode de vie, des paramètres de l’eau qui leur sont indispensables ou de leur taille une fois adulte ? Il est évident qu’on ne peut prétendre à reconstituer vraiment un morceau de nature dans le petit volume fermé qu’est un aquarium, mais on peut au moins tenter de l’adapter au mieux en fonction des besoins des espèces qu’on choisit de maintenir.

Liste de poissons proposés dans les animaleries à éviter pour les débutants car ils deviennent très grands (et certains doivent vivre en groupe), d’autres ont un régime spécifique et sont très difficiles à nourrir en bac d’ensemble. Ils mourront donc de faim en quelques mois.

Loche clown (Botia macracantha)

Pléco (Hypostomus plecostomus, Glyptoperichthys gibbiceps)

Balantiocheilos melanopterus

Pangasius hypophthalmus

Arowana (Osteoglossum bicirrhosum)

Raies d’eau douce (Potamotrygon)

Oscars (Astronotus ocellatus)

Poisson pour eau saumâtre (Scatophagus argus, Monodactylus argenteus, et bon nombre de Tetraodon)

Uaru, Heros severus

Piranha (Pygocentrus, Serrasalmus)

Poissons couteau (Xenomystus nigri, Apteronotus albifrons)

Macrognathus et Mastacembelidae

Poissons papillons (Pantodon buchholzi)

Poisson éléphant (Gnathonemus petersii)

etc...

Lio

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Gérer le stress, éviter les maladies
 

Qu’est ce que le stress et pourquoi est-ce mauvais pour les poissons ?
La plupart des poissons peuvent tolérer des conditions environnementales un peu différentes de celles dans lesquelles ils évoluent dans la nature. Ceci ne veut pas dire qu’ils y seront en bonne santé ou qu’ils vivront aussi longtemps qu’ils l’auraient pu. Par exemple, tenir un poisson à une température plus froide (ou plus chaude) que la normale oblige ses organes à travailler plus dur pour le maintenir en vie. De telles conditions soumettent le poisson à un stress.

L’augmentation du stress diminue les capacités d’un poisson à se soigner tout seul (nageoires qui s’effilochent, ou parasites introduits avec de nouveaux occupants). De plus, le stress diminue la capacité d’un poisson à se reproduire et raccourci sa durée de vie. Un léger stress n’est généralement pas fatal, mais à mesure que le stress augmente, la capacité des poissons à le supporter diminue. Un aquariophile averti tentera donc de supprimer les sources possibles de stress.

Il faut noter que l’élimination du stress ne garantit pas qu’un bac soit en bonne santé. Mais cela augmente considérablement ses chances. De nombreux internautes se vantent régulièrement d’avoir maintenu des poissons (apparemment) "sains et heureux" pendant de longues périodes dans des conditions (apparemment) hautement stressantes. Ces aquariophiles sont assis sur une bombe à retardement ; l’histoire qui suit généralement rapporte qu’un jour un poisson est tombé malade, puis un autre, avec à la clef de nombreux poissons morts. Réduire le stress consiste simplement à réunir les conditions nécessaire pour qu’un bac reste sain.

 

Les causes classiques de stress dans un aquarium
La quantité de stress dépend beaucoup de l’espèce. Vous devez identifier les paramètres de votre aquarium et choisir les poissons en conséquence. Par exemple, si votre eau est dure et alcaline, vous ferez bien de choisir des espèces qui aiment une telle eau.

Les composés azotés (ammoniaque, nitrites et nitrates) ont différents degrés de toxicité et sont stressants à différents niveaux. L’ammoniaque est toxique à basse concentration et stresse sévèrement les poissons quel que soit sa concentration.
En conséquence, un aquarium sain doit être équipé d’un filtre biologique qui convertit rapidement l’ammoniaque en nitrite puis en nitrate. Bien qu’il soit beaucoup moins toxique que l’ammoniaque ou les nitrites, le nitrate est mal toléré au delà de certaines doses. Diminuer l’excédent de nitrates (par des changements d’eau partiels réguliers, par exemple) participe à la santé générale d’un bac. Le taux de nitrates ne devrait pas dépasser 20 à 30 mg/l même si quelques espèces supportent des taux allant jusqu’à 80 ou 100 mg/l. Attention : si les Nitrates dépassent 30 mg/l, leur concentration provoque la poussée d’algues vertes.

La température de l’eau d’un aquarium doit être conforme aux besoins de ses occupants. Une température trop froide ou trop chaude pour une espèce donnée stressera ces poissons. Par exemple, le poisson rouge préfère des eaux plus froides (inférieures à 20°C) que la plupart des poissons tropicaux (le poisson rouge peut survivre à l’hiver dans un bassin bien que l’eau y gèle en surface). Un bac contenant à la fois des poissons rouges et des poissons tropicaux est donc inadapté à l’une des deux populations.

Certains poissons préfèrent les eaux "douces", d’autres les eaux "dures". Héberger des poissons d’eau douce en eau dure, et vice versa, nuit aussi rapidement à leur santé. Certains poissons préfèrent les eaux acides, certains les eaux alcalines, d’autres les eaux à pH neutre. Certains n’ont aucune préférence.

Certains poissons vivent en eaux saumâtres, ils ont donc besoin de sel dans l’eau de leur bac, mais d’autres ne supportent pas le sel.... N’ajoutez donc du sel que si tous ses occupants le supportent. Les Mollies par exemple sont connus pour aimer l’eau salée, tandis que la plupart des poissons-chat ne l’apprècient pas du tout. En général, les poissons sans écailles (ou qui ont de petites écailles) ne supportent pas l’ajout de sel. Les plantes n’apprécient pas le sel elles non plus...

L’espace nécessaire pour un poisson donné dépend de son espèce. Certains petits poissons se contentent d’un bac de 40 litres, d’autres ont besoin de plus de 400 litres. Maintenir un poisson dans un bac trop petit augmente le stress de tous ses occupants, ce qui conduit fréquemment à des agressions entre occupants. L’espace nécessaire peut varier lors d’appariement en vue d’une reproduction. Les Cichlidés, par exemple, revendiquent une grande partie du bac lorsqu’ils se reproduisent, pourchassant tout poisson qui pénètre leur territoire. Ainsi, les comportements associés à la reproduction augmentent généralement le stress dans un bac.

Toutes les espèces ne peuvent être mélangées. Pour exemple, bon nombre de Cichlidés mangeront les petits occupants d’un bac (tout ce qui est assez petit pour leur bouche). Même s’ils sont trop gros pour être mangés, les poissons pacifiques seront stressés s’ils sont maintenus avec des espèces agressives qui les pourchassent à longueur de temps.

Certains poissons vivent en bancs, passant toute leur vie au sein de larges groupes ; ils ne se sentent alors jamais en sécurité s’ils sont seuls. Les Corydoras, par exemple, doivent toujours être maintenus en banc d’au moins six individus. Il est bien sûr tentant d’avoir six poissons d’espèces différentes, mais ce n’est pas idéal. On doit introduire, par exemple, 6 Corydoras panda ou 6 C. aeneus.

Le cas opposé peut exister. Certains poissons sont beaucoup plus agressifs envers les individus de leur propre espèce (lors de période d’accouplement, par exemple), tandis qu’ils ne se préoccuperont pas des poissons d’autres espèces et les ignoreront. Le Labeo bicolor, par exemple, doit être maintenu seul de son espèce dans 200 litres au minimum.

Les poissons ont besoin d’oxygène et certains sont plus tolérants que d’autres envers un manque d’oxygène. Une eau pauvre en oxygène affaiblit les poissons. La quantité d’oxygène dissout dans l’eau décroît avec la température. Il y a moins d’oxygène disponible à 30ºC qu’à 24ºC...

Une alimentation trop pauvre est à éviter : un régime sain doit être varié, et il faut éviter de distribuer de la nourriture trop vieille (plus de 2-3 ans) dont les vitamines et autres nutriments auront été dégradés. Ceci est également valable pour les nourritures qui auront subi la chaleur, ou ont été exposées à l’air (non scellées).

L’ajout de médicaments est souvent pire que la maladie elle-même. Les médicaments tuent les bactéries, les parasites, ils manquent de discernement et ils peuvent également anéantir la population de bactéries nitrifiantes du filtre (et vous aurez alors un VRAI gros problème) ou peuvent être toxiques pour les poissons eux-mêmes. Par exemple, certaines espèces de poissons ne supportent pas certains types de médicaments. L’adjonction de tels médicaments peuvent affaiblir des poissons en bonne santé au point qu’ils deviennent à leur tour sensible à la maladie originelle. Les poissons dépourvus d’écailles ne tolèrent pas le cuivre présent dans plusieurs médicaments et dans les anti-algues, par exemple : les Botia, Corydoras, Loricariidés...

L’ajout d’eau non traitée dans votre bac peut également introduire du chlore ou de l’eau de Javel, tous deux toxiques pour les poissons. Pensez à traiter l’eau ou à la laisser reposer une journée pour la déchlorer avant de l’ajouter dans votre aquarium.

De brusques variations de la qualité de l’eau peuvent être très difficiles à supporter et nuisibles. Dans une certaine mesure, la plupart des poissons peuvent s’adapter à des conditions non-optimales de qualité de l’eau (mauvaise température, mauvais pH) à condition que les paramètres ne s’éloignent pas trop de ceux qu’ils réclament... Mais les poissons ont des difficultés à s’adapter à des variations rapides. Attention : modifier rapidement la température, le pH, la dureté, stresse les poissons. Rapidement signifie sur quelques heures ou moins d’une journée. Le pH par exemple ne doit pas varier de plus de 0,3 unité par jour. Il est bien plus important de maintenir les caractéristiques physico-chimiques de l’eau stables sur le long terme que d’essayer d’obtenir à tout prix et rapidement des conditions plus adaptées.

En résumé, de nombreux facteurs interviennent dans le phénomène du stress. Un poisson gardé dans des conditions optimales restera en bonne santé. Il peut tolérer certains écarts, mais pas trop... La dose de stress que peut tolérer un poisson dépend beaucoup de son espèce, de son âge et de sa taille, etc. Un poisson stressé est un poisson affaibli. Il peut paraître en bonne santé pour un observateur non averti, mais il est plus sensible aux maladies, et aux blessures. Au contraire, un poisson en bonne santé sera capable de se prémunir seul des maladies et infections. Aussi, l’apparition de maladies dans un bac est souvent due à de mauvaises conditions de maintenance qui affaiblissent les défenses immunitaires des poissons.

 

Les symptômes d’un poisson stressé.
De manière rapide, le poisson stressé ne se comporte pas normalement (la normalité dépend de l’espèce du poisson). Lorsque vous aurez gardé un poisson quelques semaines, il vous sera aisé de voir que chaque espèce possède des attitudes qui lui sont propres (c’est une des raisons pour lesquelles l’aquariophilie est si enrichissante). Certains poissons tendent à rester près de la surface, d’autres sur le fond. Certains nagent sans cesse, d’autres restent immobiles. Les modifications de ces comportement "normaux" indiquent généralement un problème.

Les symptômes courants du stress sont :

Les poissons restent à la surface et aspirent de l’air pour respirer, ce qui indique qu’ils éprouvent des difficultés à se fournir en oxygène (la concentration en oxygène dissout est plus importante près de la surface). Les causes possibles sont une trop faible concentration en oxygène par manque de circulation de l’eau ou une chaleur excessive, ou la présence de toxines qui peuvent avoir endommagé les branchies, trop d’ammoniaque ou de nitrites, etc...

Les poissons ne mangent plus, ou ne mangent plus de manière aussi agressive qu’avant.

Les poissons restent continuellement à la même place, ou se cachent et ne sont vus que très rarement. Causes possibles : poissons agressifs qui terrorisent les autres, manque de cachettes en nombre suffisant (plantes, racines, rochers, etc.) qui rassurent les poissons lorsqu’ils nagent.

Les nageoires des poissons s’effilochent, blessures qui ne semblent pas guérir. Causes possibles : les poissons ont été victimes d’agressions. Normalement, les blessures légères et les coupures guérissent rapidement et toutes seules . Si ce n’est pas le cas, c’est que le niveau de stress a fait baisser les défenses immunitaires.

Les poissons sont malades (parasites, champignons, etc.). La maladie en elle-même est un problème. Mais dans la plupart des cas, le système immunitaire des poissons les préserve des maladies. Tomber malade est donc le signe que les poissons sont dans un état de fragilité et sont affaiblis (ou l’ont été récemment).

Lio

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Succès à long terme

Dans cette dernière partie de la FAQ, nous parlerons des choses à maîtriser une fois que votre bac "tourne".

Les algues
Vous devez savoir que toutes les algues ne sont pas mauvaises. Les algues, comme les plantes, se nourrissent des nutriments présents dans le bac, le ramassage régulier des algues est un bon moyen d’éviter l’accumulation de polluants (c’est le principe utilisé dans le filtre à algues). La prolifération d’algues est généralement le symptôme d’une alimentation excessive ou d’un manque de changement d’eau. La meilleure chose à faire est de déterminer la cause de la prolifération et de la traiter. Testez les nitrates, testez aussi le taux des PO4 (phosphates). Augmentez le volume des changements d’eau et/ou leur fréquence, ou nourrissez moins. Il existe également de nombreux produits anti-algues pour chaque type d’algues, à n’employer qu’en dernier recours, pour les cas désespérés. Souvent les poissons mangeurs d’algues peuvent être d’un grand secours. La lecture de cette page page est fortement recommandée.

Les escargots
Les escargots, au même titre que les algues peuvent être bénéfiques ou préjudiciables. Certaines espèces, les Mélanoides, labourent le sol, l’aérant et évitant qu’il ne se compacte ; d’autres, les Planorbes et Neritina, mangent les algues. Cependant, certaines espèces, les Physes et Limnées, se multiplient rapidement, attaquant alors parfois les plantes.
Vous pouvez protéger de toute infestation accidentelle votre bac en trempant tout nouvel élément inanimé que vous ajoutez à votre aquarium dans une solution 1:20 d’eau oxygénée, et en traitant dans une solution de permanganate de potassium les nouvelles plantes. Pour éliminer les escargots déjà présents dans votre bac, il vous faudra les éliminer à la main, et ne pas croire les marchands qui prétendent que les Botia sont la solution à tous les problèmes posés par les escargots. Il vaut mieux éradiquer les escargots en supprimant leur source de nourriture donc en diminuant les distributions d’aliments pour les poissons.

Euthanasier un poisson
Ca en est arrivé là ? Vous avez lu la FAQ, trouvé les informations sur les maladies, l’alimentation et les traitements, demandé de l’aide un peu partout et vous arrivez à la conclusion que ce poisson ne pourra être sauvé. Comme vous avez pris la responsabilité de vous en occuper, vous vous sentez obligé de l’aider à mourir.

Plusieurs solutions existent pour euthanasier votre poisson. La meilleure solution semble être la voie chimique. Certains vétérinaires recommandent une overdose de MS-222, un anesthésiant pour poissons. Le plus simple est l’emploi de clous de girofle, une dizaine ou plus, jetés dans 1 litre d’eau vont endormir le poisson et le tuer tout doucement. Cette méthode est très humaine et n’est traumatisante ni pour le poisson, ni pour son propriétaire. On peut aussi utiliser de l’alcool. Une solution 1:5 (20%) de Vodka (ou un quelconque alcool de grain fort). Placez ensuite le poisson dans le récipient et il "s’endormira". Mais certains prétendent que l’alcool va le brûler et occasionnera une souffrance.

Une méthode non-chimique consiste à décapiter le poisson. Certains ne pourront pas assumer, mais c’est rapide et sans douleur, et a aussi l’avantage d’être peu coûteux ; la plupart d’entre nous possèdent un couteau et pas d’anesthésique. Utilisez un couteau tranchant et coupez la moelle épinière en sectionnant le corps du poisson juste derrière les yeux, ou niveau de la ligne latérale. Plus vous faites le geste rapidement, mieux c’est pour le poisson. Pensez à désinfecter le couteau après usage.

Si aucune de ces méthodes ne vous paraît envisageable, essayez de contacter une université, il est possible qu’un département de biologie vous prenne votre poisson. Ils peuvent l’utiliser pour la recherche ou l’étude de maladies et seront capables de s’en débarrasser correctement.

Certaines méthodes souvent mentionnées mais à déconseiller font état de congélation. Ces trucs font souffrir les poissons. Peu importe si vous le placez dans un bol d’eau au freezer ou si l’eau est déjà froide. Les poissons réagissent, et ça fait peine à voir. Enfin, ne jetez jamais un poisson dans les toilettes. Ce n’est pas une euthanasie mais une forme de torture car le poisson finit dans une fosse septique ou des égoûts où il rejoint des produits chimiques et des déchets avant de succomber plusieurs heures plus tard.

 

Le problème des vacances
Des poissons en bonne santé peuvent très bien supporter 1 ou 2 semaines de jeûne. De nombreux aquariophiles disent les laisser même plus longtemps, souvent jusqu’à 3 semaines.

Lorsque vous vous absentez pour un week-end, n’embêtez pas un ami pour qu’il vienne nourrir vos poissons. De plus, une personne inexpérimentée risque de trop nourrir, avec les problèmes qui s’en suivent. Evitez ces blocs vacances qui se dissolvent lentement. Ils vont modifier le pH et/ou la dureté de votre bac et conduire à un excès de nourriture. Pour une absence de longue durée, le distributeur automatique de nourriture peut être utile, vérifiez tout de même au préalable la quantité de nourriture qu’il dispensera chaque jour.

Il faut bien le tester et régler les doses à distribuer avant de partir et pas se contenter de le remplir de flocons la veille du départ. Attention avec les appareils bon marchés, toute la réserve tombe d’un coup, ou s’agglomère sous l’effet de l’humidité et bouche la sortie ou alors tout moisit et empoisonne les poissons....

La condensation et l’humidité sont les gros problèmes : il existe des modèles sur lesquels on peut brancher une pompe à air pour garder au sec la nourriture, sinon il faut placer l’appareil assez haut, au moins 30 cm au-dessus de l’eau, pour qu’il reste au sec.

Si vous vous absentez plus d’une dizaine de jour, le mieux est qu’un ami vienne nourrir vos pensionnaires. Une suralimentation prolongée peut entraîner de graves conséquences, il est donc prudent de préparer à l’avance les doses de nourriture à distribuer. Les poissons n’ont pas besoin d’être nourris chaque jour, et il ne faut pas leur donner plus qu’à l’accoutumée, même s’ils doivent jeûner les quelques jours suivants. Assurez-vous auprès de votre visiteur/nourrisseur qu’il ne compense pas les jours de non distribution par une distribution massive et par sécurité cachez la boîte d’aliments.

Si votre bac subit une évaporation d’eau importante, assurez-vous également que de l’eau soit ajoutée pour la compenser. Ceci est tout particulièrement important pour les bacs marins, où la salinité en serait affectée.

Une défaillance d’un des équipements est toujours possible lors de votre absence, mais il est possible de minimiser les risques en remplaçant tout matériel suspect à l’avance. N’ajoutez aucun nouveau poisson durant le mois précédent votre départ, au cas où celui-ci introduirait une maladie. Nettoyez votre bac et son filtre et effectuez un changement d’eau avant de partir, mais pas la veille. N’attendez pas le dernier moment pour faire la maintenance. Ceci risquerait de stresser les poissons et d’affaiblir les bactéries au moment le moins opportun.

Si un problème sérieux apparaît, il risque d’entraîner de fâcheuses conséquences. Votre nourrisseur sera certainement plus rassuré s’il possède les coordonnées d’un bon magasin ou d’un aquariophile averti, auprès de qui il pourra se renseigner en cas d’urgence.

Quelques jours avant le départ :

- Changement d’eau un peu plus important que d’habitude.

- Contrôle de tous les appareils électriques, surtout des chauffages.

- Contrôle des fusibles + achat de fusibles de rechange (si quelqu’un vient contrôler l’installation).

- Pas de taille des plantes (les poissons les mangeront…).

- Pas de nettoyage des vitres, il faut laisser toutes les algues comme nourriture supplémentaire.

- Un léger nettoyage du filtre au moins 5 jours avant, pour avoir le temps de contrôler tous les tuyaux et être sûr d’avoir tout bien rebranché.

Déplacer un bac, déménager
Si vous pouvez l’éviter, le mieux est de ne pas déplacer un bac sur de grandes distances. Le voyage est très stressant pour les poissons, et même en prenant un maximum de précautions, il faut s’attendre à des pertes. Il est parfois souhaitable d’envisager de vendre le peuplement initial et de racheter des poissons, une fois arrivé à destination.

Si malgré tout vous voulez tout de même tenter de déplacer les poissons, les conseils qui suivent peuvent permettre de réduire les risques.

Il faut toujours déplacer le bac vide, sans les poissons. Il convient donc de déplacer le bac et les poissons séparément.

Déplacement du bac
Le principal problème lors du déplacement d’un aquarium concerne le système de filtration. Après quelques heures sans eau (et sans oxygène), les bactéries aérobies meurent. Si le déplacement est court (quelques heures), vous pouvez préserver la colonie bactérienne ; si quelques bactéries survivent, la colonie est sauvée, elle se reconstituera d’elle-même rapidement. Un minimum d’ingéniosité vous permettra de réduire au maximum le temps du déménagement. Attendez le dernier moment pour arrêter le filtre, gardez les masses filtrantes dans un bidon à moitié plein d’eau et remettez le en route dès votre arrivée. Il est préférable de conserver les anciennes masses plutôt que de les jeter.

La procédure est détaillée ci-dessous :

Placez les poissons dans un récipient (voir plus loin).
Videz le bac. Si le déplacement est court, laisser le sable et un petit peu d’eau pour préserver la colonie bactérienne du sol.
Enlevez le matériel du bac. Les plantes survivront un certain temps si leurs racines sont maintenues humides, il est donc possible de les placer dans des sacs avec un peu d’eau. Si le déplacement est court, placez les masses filtrantes telles quelles dans un récipient étanche (qui n’a jamais été en contact avec un quelconque produit chimique) ; conservez-les humides, mais pas immergées. Pour les déplacements importants (plus d’une journée), nettoyez ou jetez les masses filtrantes. Il vaut mieux emballer les pompes et chauffe-eau qui sont fragiles.
Mettez le bac sur une surface plane (une planche ou une porte démontée par exemple).
Déplacez le bac. Ne faites appel à une entreprise de déménagement qu’en cas d’absolue nécessité et seulement si vous pouvez superviser l’emballage et le chargement du bac. Il vaut beaucoup mieux le faire vous-même, avec l’aide de quelques amis.
Réinstallez le bac à son nouvel emplacement. Si le trajet est court, vous pouvez emporter suffisamment d’eau de l’ancienne installation pour redémarrer le bac rapidement, sinon, il faut considérer la réinstallation comme une nouvelle installation, avec tout ce que cela implique.

Déplacement des poissons
Il y a trois problèmes principaux lors du déplacement des poissons :

Où les mettre ?
Vous avez deux possibilités : le bac d’un ami ou le bac d’un magasin proposant ce service. Considérez qu’il faudra laisser les poissons dans ce bac environ 3 semaines.
Comment les emballer ?
Pour une durée courte (quelques heures) vous pouvez placer les poissons dans des sacs plastiques étanches fermés, à moitié remplis d’air. On peut augmenter la durée en remplaçant l’air par de l’oxygène. Placez les sacs dans une boîte de polystyrène, et convoyez-les le plus rapidement possible, par avion si la distance le nécessite. C’est de cette manière que les magasins sont approvisionnés. Pour les poissons plus gros, ou des voyages plus longs, on peut également utiliser un récipient étanche par poisson, plutôt qu’un sac.
Que faire pour les aider à supporter le voyage ?
Il faut cesser de nourrir les 2 jours précédant le voyage et pendant le transport, les poissons ne mangent pas, ils sont trop stressés, et il convient de ne pas polluer l’eau avec de la nourriture ou avec des crottes. Les poissons bien nourris au préalable peuvent supporter une semaine de jeûne sans problème. La température ne doit pas trop varier, surtout pas trop vite. Pour les longs voyages en voiture, la pompe à air à piles est une bonne solution. Après le voyage, acclimater les poissons au bac comme s’il s’agissait de l’introduction d’un nouveau poisson.

Reproduction
Après un certain temps, vous ne vous satisferez plus d’héberger des poissons et voudrez entrer dans le monde fascinant de la reproduction ! Bravo ! Vous avez alors dépassé le but de la FAQ. Lisez de bons livres sur la reproduction et posez des questions sur le forum.